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Coup de chaud politique sur la pollution de l’air

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particules_h156Paris et certaines villes françaises connaissent depuis quelques jours des pics de pollution dus à la concentration de particules fines. De sanitaire, le problème est devenu politique, droite et gauche se renvoyant la responsabilité.


 

« Poumons en détresse ». Ce message clair a été adressé par Europe Écologie – Les Verts (EELV) à la préfecture de police de Paris, qui a vu sa rue bloquée par une cinquantaine de militants écolos, mercredi 28 mars. En cause, la trop grande concentration de particules fines dans la capitale. Depuis janvier, 28 pics de pollutions ont été relevés par Airparif, dont trois particulièrement graves. Une question à la fois sanitaire et politique.

Gauche et droite se renvoient la balle

Dans un communiqué, Eva Joly dénonce un « drame sanitaire » et accuse le gouvernement d’ « inaction ». Également membre d’EELV, l’adjoint au maire Denis Baupin avait déjà lancé l’offensive samedi sur son blog. Il y fustige « l’absence de volonté politique des gouvernements successifs » pour limiter les pics de pollution qui nous font « respirer dans un air de plus en plus toxique ». Le terme n’est pas abusif : selon une étude de l’Institut de veille sanitaire (INVS), les Parisiens perdraient six mois d’espérance de vie à cause de la pollution aux particules fines.

Les socialistes s’emparent également du sujet. Anne Hidalgo reproche ainsi à l’État de ne pas davantage s’impliquer dans le développement du fret et à François Fillon de s’opposer au projet de fermeture des voies sur berges. La préfecture de police est également dans le viseur des élus de gauche car elle refuse de baisser la vitesse autorisée de 20km/h à chaque pic de pollution. Une décision que le préfet Michel Gaudin justifie par les différents seuils d’alerte existant. Quant à l’UMP parisienne, la réponse est claire : tout est de la faute de Bertrand Delanoë, « seul responsable de l’état actuel de la pollution et des mesures à mettre en œuvre pour lutter contre la mauvaise qualité de l’air ».

La faute aux seuils ?

EELV, par la voix de Denis Baupin, met en cause la fiscalité. Cette dernière taxe davantage les supercarburants, et favorise ainsi les véhicules diesel. Or, ces derniers sont particulièrement émetteurs de particules fines (1).

Sans remettre en cause le rôle des voitures dans cette pollution, Michel Gaudin avance une autre explication aux pics observés : l’existence de deux seuils de dépassement. Le premier, « information », est plus fréquemment déclenché que le niveau « alerte », qui ne l’a été que trois fois. Faut-il pour autant minimiser la phase « information » ? Ce n’est visiblement pas l’avis d’Airparif, qui la décrit comme « un niveau de concentration de polluants dans l’atmosphère au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé humaine de groupes particulièrement sensibles ». Le préfet invoque également l’abaissement des seuils par le gouvernement, qui expliquerait l’augmentation des dépassements.

Denis Baupin ne nie pas le rôle de ce changement mais estime qu’il « serait dérisoire d’incriminer le thermomètre quand c’est la maladie qui est en cause ». Et d’expliquer que les seuils ont été baissés car les précédents ne correspondaient pas à « l’état réel de dégradation de la qualité de l’air ».
En 2011, la Commission européenne a déjà assigné la France devant la Cour de justice pour manquement aux règles de l’UE en matière de qualité de l’air. Même scénario pour 2012 ?

 

Image : Airparif. Carte d’indice (élevé) de la pollution en Ile-de-France jeudi 29 mars.

 


(1) Lire à ce sujet la chronique acide de Samuel Gontier sur Telerama.fr


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