La droite extrême n’en finit pas de provoquer la ministre de l’Éducation nationale. Des attaques racistes et sexistes mais surtout, encore une fois, dirigées contre l’idée de l’égalité filles-garçons.
Elle est la ministre dont on parle. Pas tant pour sa rentrée scolaire de nouvelle ministre de l’Éducation que pour les attaques tous azimuts dont elle fait l’objet. Najat Vallaud-Belkacem est devenue « La cible », titre Libération. Cible d’un discours « rance, islamophobe et raciste. Mais aussi bien souvent misogyne et réactionnaire. » Le terme de « cible » est également repris par Le Monde, qui rappelle que Christiane Taubira avait auparavant joué ce rôle pour « l‘extrême droite et la droite radicale ». Ce dont ne semblent pas se rappeler leurs auteurs c’est que les attaques outrancières, en général, rendent plus fort ceux et celles qui les subissent dignement (Voir : Christiane Taubira, la cible qui fait feu).
Après diverses flèches lancées par des élus UMP, ou par l’incontournable Eric Zemmour, ce sont deux hebdomadaires qui s’en prennent cette semaine à la ministre de l’Éducation nationale, chacun dans leur registre, toutefois. Le journal d’extrême-droite Minute fait dans la provocation raciste – comme il l’avait déjà fait à l’encontre de Christiane Taubira – en titrant « Une Marocaine musulmane à l’éducation nationale : la provocation Vallaud-Belkacem ». La ministre s’est contentée de réagir en utilisant cette remarque de Pierre Desproges à propos de Minute : « Pour le prix d’un journal, vous avez la nausée et les mains sales ».
Le coup de la « rééducation »
Autre angle d’attaque pour Valeurs Actuelles, côté droite radicale. Sa couverture, où s’affiche le titre « L’ayatollah » sur fond de visage de la ministre dans l’ombre, a été taxée de raciste. Le terme ayatollah renvoie à l’Islam et donc aux origines marocaines de la ministre. Mais le magazine a beau jeu de récuser tout racisme, en brandissant le Larousse pour assurer que le terme désigne une « personne aux idées rétrogrades qui use de manière arbitraire et tyrannique des pouvoirs étendus dont elle dispose ». Grosse contradiction, toutefois, de la part de l’hebdo, qui s’en prend dans son article aux « délires progressistes » de la ministre. Progressiste étant l’opposé de rétrograde.
En l’occurrence, pour Valeurs Actuelles, Najat Vallaud-Belkacem est l’ayatollah de la « théorie du genre » – traduire, de l’égalité entre filles et garçons, qui sera l’un des axes de travail de la ministre sur l’école, dans la lignée de son action précédente au ministère des Droits des femmes. Ferrailler contre la prétendue « théorie du genre », c’est la marotte du magazine depuis déjà trois ans. Et de tirer à boulets rouges sur celle qui voudrait « rééduquer » les enfants. L’angle d’attaque n’est pas nouveau, même s’il se situait auparavant plus à l’est de l’Iran. Déjà à l’automne 2012 des éditorialistes de droite glosaient sur les « camps de rééducation » de Mao ou de Pol-Pot voulus selon eux par celle qui était alors ministre des Droits des femmes (Voir : Zemmour = Polony + 24 heures).
Cette agressivité à l’égard de la ministre a un avantage pour le gouvernement, celui de rappeler le bien-fondé de la politique d’égalité qu’elle incarne Comme le relève la journaliste de RTL Vanessa Schneider : « Quand on entend ces accusations abjectes, on se dit que la lutte contre le sexisme et la misogynie reste plus que jamais une priorité à l’école et ailleurs ».
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