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Culpabilisation des femmes au Brésil… et correction

par Arnaud Bihel
« Ma façon de m’habiller n’autorise pas ta violence. » Visuel du gouvernement brésilien.

« Ma façon de m’habiller n’autorise pas ta violence. » Visuel du gouvernement brésilien.

L’institut d’enquête brésilien s’était emmêlé les pinceaux : ce ne sont pas 65%, mais 26% des répondant.e.s qui estiment que les femmes trop peu vêtues « méritent d’être agressées » ; 26%, tout de même…


 

Un chiffre était faux. L’Institut d’enquête économique du gouvernement brésilien (Ipea) publiait le 27 mars les résultats d’une vaste étude sur la « tolérance sociale à l’égard des violences faites aux femmes ». L’une des 25 données de cette enquête indiquait que 65% des répondants (et des répondantes) acquiesçaient à cette affirmation : « Les femmes portant des vêtements qui laissent voir leur corps méritent d’être agressées. »

Voir : Le Brésil face à la culpabilisation des femmes

Problème, l’institut s’est mélangé les pinceaux. Son directeur a démissionné après avoir annoncé cette erreur, vendredi 4 avril. Ce sont en fait 26% des répondants qui estiment que les femmes trop peu vêtues « méritent d’être agressées ».

Le taux de 65%, « précisément en raison de sa valeur inattendue, a été largement commenté dans les médias et a provoqué des réactions et des débats de grande ampleur dans la société au cours des derniers jours »… relève l’Ipea.

« Jusqu’à ce que le chiffre atteigne 0% »

Tout en se disant « heureuse » que ce pourcentage soit moins élevé qu’annoncé, la journaliste Nana Quieroz, qui a lancé la campagne « Je ne mérite pas d’être violée » (#EuNãoMereçoSerEstuprada) note tout de même que 26% reste un chiffre « très élevé ». Et elle entend continuer sa campagne « jusqu’à ce que le chiffre atteigne 0% ».

D’autant que « les conclusions générales de l’enquête restent valables, et de nature à alimenter les réflexions et le débat de la société sur ses préjugés », tient à insister l’Ipea. Des conclusions dans lesquelles l’institut s’alarmait d’une « culpabilisation des femmes ».

Les autres données de l’enquête restent en effet inchangées, et parmi elles cet autre chiffre inquiétant : près de 6 Brésilien.ne.s sur 10 (58,5%) considèrent que « si les femmes se comportaient mieux, il y aurait moins de viols ».

 

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