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Les Déboulonneurs, les écrans numériques et la ministre

par Arnaud Bihel

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Six militants anti-pub sont jugés à Paris pour leur première action contre des écrans numériques. Ils en profitent pour rappeler que Christiane Taubira, avant de devenir Garde des Sceaux, leur avait apporté son soutien.


 

Se retrouver sur le banc des accusés dans une salle d’audience, c’est presque une routine pour les Déboulonneurs, qui comptabilisent déjà 8 procès à leur encontre. Mais l’audience qui s’ouvre devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, lundi 8 octobre, est particulière à double titre. Six membres de ce collectif anti-publicité comparaissent pour s’être attaqués, pour la première fois, à des écrans publicitaires numériques.

Les faits remontent au 28?janvier 2011. Ces six militants – aux côtés de dizaines d’autres – avaient barbouillé plusieurs écrans de la station de RER Auber de messages tels que « RATP vendue à la pub » ou « Libérons l’espace public de la pub ».

Depuis plus de 2 ans les associations anti-pub dénoncent la « logique de bourrage de crâne », une intrusion inédite dans la vie privée et le « gaspillage énergétique » de ces nouveaux vecteurs de publicité qui se multiplient – 1 200 écrans numériques sont prévus à long terme en Ile-de-France

« Un prix aussi absurde qu’injuste »

L’autre nouveauté de ce procès, c’est qu’il intervient alors que Christiane Taubira est ministre de la Justice. Or, lors d’un précédent procès, alors qu’elle n’occupait pas encore cette fonction, Christiane Taubira avait apporté son soutien aux Déboulonneurs. Elle était venue au café, en face du Palais de justice de Paris, pour rencontrer des membres du collectif.

C’est ce qu’ils rappellent dans une lettre ouverte adressée le 18 septembre à la Garde des Sceaux. Les Déboulonneurs ne demandent « rien » à la ministre dans le cadre de ce procès – le juge est indépendant – mais l’invitent à une réflexion sur le long terme sur la légitimité de leurs actions de désobéissance civile non-violente. D’autant que généralement le parquet, dépendant du ministère, n’hésite pas à engager les poursuites contre les anti-pub.

Le collectif conclut ainsi : « À vous de décider à quelles fins doit servir une institution comme celle dont vous avez la responsabilité : juger les vrais délinquants – le secteur de l’affichage publicitaire n’en manque pas, c’est le moins que l’on puisse dire… – ou faire payer aux serviteurs de l’intérêt général que nous sommes un prix aussi absurde qu’injuste ? » En juin dernier, après la dernière condamnation de militants anti-pub (1), Europe Ecologie – Les Verts affichait son soutien aux Déboulonneurs et réclamait avec eux « l’ouverture d’un débat national sur la place de la publicité dans l’espace public ».

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Le Grenelle tombe dans le panneau publicitaire

 

Photo : action de Déboulonneurs à Lille contre des panneaux numériques dans le métro – février 2012.


(1) Deux militants étaient alors condamnés par la Cour d’appel de Paris à une amende de 200 euros. En avril 2010, ces deux prévenus et six autres avaient été relaxés par le tribunal correctionnel de Paris « au nom de la liberté d’expression », notait l’AFP. C’était alors une première. Mais le parquet avait fait appel.

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