Accueil Eco & Social « Déconstruction » de la virilité à géométrie variable

« Déconstruction » de la virilité à géométrie variable

par Léa Bousquet

« Homme déconstruit » ? Une enquête fait le point sur les fortes attentes des femmes et des quelques concessions des hommes.
« Homme déconstruit » : l’expression a fait irruption dans la campagne électorale. Mais les idéaux de déconstruction de la virilité sont loin d’être atteints… C’est ce que révèle une étude de l’IFOP réalisée pour le compte de Wyylde, un réseau social de rencontre, auprès de 2000 Français.es de plus de 18 ans.

L’écologiste Sandrine Rousseau a fait entrer le concept d’« homme déconstruit » dans le langage commun lors de la primaire écologiste. Ce terme peut être défini comme un exercice analytique, celui de la démarche active et personnelle de désapprendre les stéréotypes de genre intériorisés.
Si la déconstruction est souvent rattachée aux milieux féministes, cette étude IFOP démontre qu’elle relève en réalité d’une aspiration commune aux hommes et aux femmes mais pas interprétée de la même façon au sein des couples.
Aujourd’hui, les Françaises hétérosexuelles souhaitent à 70% être en couple avec un « homme déconstruit » et sont un peu plus de six sur dix (61%) à trouver leur partenaire actuel déconstruit. Parmi les hommes, 54% d’entre eux se déclarent déconstruits… Avec des résistances plus fortes chez les seniors et les électeurs d’extrême droite.
Derrière ces déclarations, qu’en est-il ? Côté social, les hommes semblent progresser. 90 % se disent prêts à vivre avec une femme qui aurait des revenus supérieurs, 80 % seraient d’accord pour prendre un congé parental pendant que leur compagne travaille.

Une femme riche Ok, mais des poils aux jambes non !

Mais ils s’accrochent aux injonctions pesant sur le corps des femmes : près de la moitié des Français (48%) n’accepteraient pas d’être en couple avec une femme ne respectant pas ces normes (45% des hommes, même jeunes, ne pourraient pas avoir des rapports sexuels avec une femme avec des poils sur les jambes, 47% pour les aisselles, 40% avec un pubis à l’état naturel…)
Leur participation à la contraception est timide. Si 87 % des hommes se montrent plutôt favorables à l’idée de participer financièrement à la contraception de leur partenaire, près d’un tiers d’entre eux n’est pas prêt à y engager son corps. La charge contraceptive continue ainsi de reposer majoritairement sur les femmes.
Le domaine de la sexualité reste également fortement marqué par les stéréotypes : plus de trois quart des hommes ne se sentent pas prêts à inverser les rôles genrés de pénétrant/pénétré, car la pénétrabilité continue d’être rattachée aux femmes ou aux couples homosexuels.
Alors, du “dire” au “faire”, comment réconcilier les aspirations idéales et la réalité quotidienne ? Louise Jussian et Chloé Tegny pointent les limites de la déconstruction en commentant l’étude qu’elles ont réalisée : « Il existe en fait une déconstruction à deux vitesses : une déconstruction de vie pratique et de l’organisation du foyer plus avancée, et une déconstruction de la vie intime et du rapport au corps encore loin d‘être acquise ».

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