Accueil CultureCinéma Derrière les récompenses cannoises : des productrices !

Derrière les récompenses cannoises : des productrices !

par Valérie Ganne

Annoncé samedi soir, le Palmarès de Cannes a fait beaucoup d’heureux notamment dans le cinéma français. Derrière nombre des films primés se cachent des productrices françaises qui accompagnent leurs cinéastes avec ténacité.

Et voilà ! Le jury du 72ème festival de Cannes a remis sa Palme d’or au sud-coréen, Bong Joon-Ho, reconnaissant une nouvelle fois le cinéma asiatique. « Parasite », chef d’œuvre drôle et décapant, sort en salles le 5 juin prochain, allons-y.

Regardons maintenant le palmarès en mettant la lumière sur les femmes. Non pas les réalisatrices primées mais ces productrices cachées derrière les récompenses. Elles sont de plus en plus nombreuses et puissantes en France. C’est un métier de l’ombre qui n’a jamais consisté à fumer de gros cigares en signant de gros contrats, surtout dans le domaine des films d’auteurs que le festival de Cannes aime à mettre en avant. Ces productrices ont encouragé et porté à bout de bras leurs réalisateurs et réalisatrices, convaincu des financeurs, géré des équipes, des budgets, des tournages, des imprévus… et des egos. Les cinéastes qu’elles ont accompagnés à Cannes ne sont d’ailleurs pas forcément Français. Ainsi Emilie Lesclaux, française installée au Brésil, a découvert et accompagné le réalisateur brésilien Kleber Mendonça Filho pour ses deux magnifiques premiers films « Aquarius » en 2012 et « Les bruits de Récife » en 2016. Elle dirige d’ailleurs avec lui le festival de cinéma de Recife. Et cette année, elle a monté les marches cannoises pour leur troisième film ensemble, « Bacurau », qui a un producteur en France (SBS) et a remporté le prix du jury ex-aequo.

Comme le métier de producteur n’est pas facile tous les jours, certaines travaillent en duo comme les deux Françaises qui accompagnait la Mati Diop à Cannes. Judith Lou Levy et Eve Robin, ont créé ensemble la jeune société Les Films du Bal, installée dans le dixième arrondissement de Paris. Elles ont gagné le pari du premier film de fiction de cette jeune franco-sénégalaise, avec « Atlantique » (critique ici), qui a reçu le Grand prix du Jury, soit la récompense ultime avant la Palme d’or.

Quant à Bénédicte Couvreur (Lilies Films et Hold Up Films), elle est la productrice historique de Céline Sciamma depuis ses débuts avec « Naissance des pieuvres ». Son quatrième film, « Portrait de la jeune fille en feu » (critique là) a reçu le prix du scénario. Ainsi que la Queer Palm, récompense LGBT offerte par un autre jury.

Enfin, ce Palmarès a permis une configuration inédite dans l’histoire du festival : une même productrice française a reçu deux prix pour deux films différents. Delphine Schmit (Perspective Films et Tripode Productions) accompagnait à Cannes deux œuvres de réalisateurs étrangers : un premier film du Guatemala, « Nuestras Madres », présenté dans le cadre de La Semaine de la critique ainsi qu’un court métrage grec, « The Distance between us and the sky ». Et voici que les deux réalisateurs ont été primés. Pas de jaloux : César Diaz a reçu la Caméra d’or (meilleur premier film parmi les 27 présents cette année dans toutes les sélections) et Vasilis Kekatos la Palme d’or du meilleur court métrage… Un bien joli doublé doré !

« Nuestras Madres » de César Diaz, meilleur premier film, produit par Delphine Schmit et Géraldine Sprimont

Le Palmarès complet

PALME D’OR: Parasite de Bong Joon-Ho

GRAND PRIX : Atlantique de Mati DIOP

PRIX DE LA MISE EN SCÈNE : Le Jeune Ahmed de Jean-Pierre et Luc Dardenne

PRIX DU JURY EX-ÆQUO : Les Misérables de Ladj Ly et Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles

PRIX D’INTERPRÉTATION MASCULINE : Antonio Banderas dans Dolor Y Gloria de Pedro Almodóvar

PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE : Emily Beecham dans Little Joe de Jessica Hausner

PRIX DU SCÉNARIO : Céline Sciamma pour Portrait de la jeune fille en feu

MENTION SPÉCIALE : Elia Suleiman pour It Must Be Heaven

PALME D’OR DU COURT MÉTRAGE : The Distance between us and the sky de Vasilis Kekatos

CAMÉRA D’OR (meilleur premier film toutes sections confondues) : Nuestras Madres de César Diaz présenté dans le cadre de La Semaine De La Critique

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