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Drôle de zèbre entre Afrique et Belgique

par Arnaud Bihel

ZebreBenoit Poelvoorde est un recruteur de footballeurs dans Les Rayures du zèbre, qui évoque crûment les relations entre l’Afrique et l’Europe. Et dépasse vite la caricature de la cruauté néo-colonialiste pour toucher une forme d’humanisme sans naïveté. La critique de Valérie Ganne.


 

Ce recruteur de footballeurs à la calvitie naissante, à la chemise ouverte sur une chaîne en or mettant en valeur sa belle absence de pectoraux et un petit ventre nourri à la bière, c’est José, alias Benoît Poelvoorde. Ce Benoît belge nous a habitués au pire et au meilleur. Mais grâce à un autre Benoît belge, un réalisateur nommé Mariage avec qui l’acteur a déjà tourné deux bons films, Les convoyeurs attendent et Cow-boy, Poelvoorde nous donne à nouveau le meilleur.

Il est parfait en familier d’Abidjan sachant repérer les futurs Didier Drogba, des terrains de foot aux bidonvilles. Ce José a bien peur d’avoir perdu son flair quand il découvre Yaya, « perle noire », qu’il embarque aussitôt en Belgique avec l’espoir de l’intégrer à l’équipe des Zèbres.

Le portrait du Blanc débrouillard utilisant toutes les ressources de l’Afrique – des jeunes joueurs aux « filles faciles » – s’affine pour créer un personnage plus attachant. D’ailleurs, au fur et à mesure, tous les personnages secondaires prennent aussi épaisseur et humanité : en premier lieu Yaya (joué par Marc Zinga) qui couchait sous les ponts avant de jouer sur un terrain enneigé, mais aussi la « fiancée » ivoirienne de José (Tatiana Rojo) une belle plante pas bête.

Ne vous fiez donc pas au titre et à l’affiche qui ne ressemblent pas au film, allez-y. Et si vous l’aimez, dites-le, afin qu’il ne soit pas éjecté des salles aussi vite qu’un joueur de foot après un méchant tacle par derrière.

 

Les Rayures du Zèbre de Benoît Mariage, avec Benoît Poelvoorde, Marc Zinga produit par MG Productions (Belgique), distribué par ARP Sélection. En salles le 5 février 2014.

Voir la bande annonce

 

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4 commentaires

Meg 6 février 2014 - 07:44

Ca serais sympas que les NN utilise le Bechdel Test pour les critiques ciné. http://fr.wikipedia.org/wiki/Test_de_Bechdel
Je sais que le test n’est pas suffisant pour définir si un film est féministe mais c’est déjà un bon indicateur sur la place des femmes.

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valy 6 février 2014 - 12:25

C’est effectivement un bon indicateur : est-ce qu’il y a au moins deux femmes dans le film ? est-ce qu’elles se parlent ? et enfin est-ce qu’elles parlent d’autre chose que d’homme(s) ? Ce test malin ne marche évidemment pas à tous les coups… Par exemple Gravity ne le passe pas! Quant à moi, je m’autorise à parler ici de tous les films que j’estime intéressants même s’ils ne passent pas le test (Zulu,Comment j’ai détesté les maths, Les rayures du zèbre pour en citer trois récents). Les commentaires sont exprimer accords et/ou désaccords !

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valy 6 février 2014 - 12:26

Désolée pour la coquille :
Les commentaires sont là pour exprimer accords et/ou désaccords. Valérie Ganne

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Meg 7 février 2014 - 11:51

« valy »
C’est effectivement un bon indicateur : est-ce qu’il y a au moins deux femmes dans le film ? est-ce qu’elles se parlent ? et enfin est-ce qu’elles parlent d’autre chose que d’homme(s) ? Ce test malin ne marche évidemment pas à tous les coups… Par exemple Gravity ne le passe pas! Quant à moi, je m’autorise à parler ici de tous les films que j’estime intéressants même s’ils ne passent pas le test (Zulu,Comment j’ai détesté les maths, Les rayures du zèbre pour en citer trois récents). Les commentaires sont la pour exprimer accords et/ou désaccords !

J’ai pas dit qu’il fallait que les films choisi réussissent le test bechdel, j’ai dit que ça serait intéressant de se servir de ce test. Mais les outils féministes ne vous intéressent manifestement pas.
Il y a des films machistes et misogynes qui réussissent le test et Gravity c’est un film machiste dommage que vous ne soyez pas capable de vous en rendre compte. Sur une critique libéral ou du figaro ça ne m’étonnerait pas mais sur les NN ça me fait un peu drôle http://www.lecinemaestpolitique.fr/gravity-2013-femme-a-la-derive-appelle-clooney-desesperement/
Le film sur les maths n’est pas mieux sois dit en passant http://www.femmes-et-maths.fr/?p=1621
Et il y a aussi des films féministes qui ne réussissent pas le test ça me semble pas le Pérou de l’expliquer ça ne ferais qu’une malheureuse phrase de plus à ajouter à vos textes promotionnels de films neo-coloniaux sur les footeux ivoiriens détectés par de vieux blancs baiseurs de jeunes filles noires (et « facile » sic), mais attachants quant même …

Désolé pour le dérangement, j’ai bien compris que niveau cinéma les NN ne s’embarrassent pas de féminisme, ni d’anti-racisme.

Meg – une fille pas facile et sans guillemets.

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