Accueil Politique L’égalité s’enracine dans les ministères

L’égalité s’enracine dans les ministères

par Arnaud Bihel

Les hauts fonctionnaires chargés de l’égalité femmes/hommes sont en poste. Najat Vallaud-Belkacem leur a confié leur feuille de route : nominations équilibrées, études d’impact, « gender budgeting »…

FonctionnairesEgalite_L500

Najat Vallaud-Belkacem et les hauts fonctionnaires à l’égalité, jeudi 6 septembre au ministère des Droits des femmes. Photo © Les Nouvelles NEWS

 

La ministre des Droits des femmes a reçu, jeudi 6 septembre, les ‘hauts fonctionnaires en charge de l’égalité des droits’ qui sont désormais en poste dans chaque ministère. Elles et ils auront à accompagner le « changement profond » qu’entend piloter Najat Vallaud-Belkacem en matière d’égalité femmes/hommes dans les politiques publiques.

Écarts de salaires, temps partiel, conciliation vie familiale/vie professionnelle et question des congés parentaux, parité politique… la ministre se dit « persuadée que, le temps de ce quinquennat, nous pourrons vraiment avancer ».

Fonctionnaires de poids

Ces hauts fonctionnaires à l’égalité occupaient déjà un poste dans leurs ministères respectifs, et assument donc cette mission en supplément. A de rares exceptions près, ce sont eux qui se sont portés volontaires, et il s’agit « de personnes qui avaient déjà un poids, qui seront écoutées », insiste Najat Vallaud-Belkacem. Le haut fonctionnaire a l’égalité auprès de Manuel Valls, par exemple, n’est autre que le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur.

Ces hauts fonctionnaires auront un rôle à jouer en matière d’égalité sur deux tableaux. Le premier, à l’intérieur même de leurs ministères. En matière de recrutement, par exemple, pour mettre en œuvre la politique de nominations équilibrées dans l’encadrement supérieur de la fonction publique, votée sous la précédente législature. Un gros travail dans certains ministère, comme aux Affaires Étrangères où, observe Najat Vallaud-Belkacem, seuls 13% des ambassadeurs sont aujourd’hui des femmes.

Il s’agira aussi par exemple de développer le partage de données genrées sur les sites internet des ministères ; des données encore très rares, et qui, quand elles existent, ne sont pas accompagnées d’analyses, déplore le ministère des Droits des femmes.

Études d’impact déjà lancées

Leur deuxième rôle concernera la mise en œuvre des politiques de leurs ministères en matière d’égalité. Sur les futures actions, la ministre évoque à titre d’exemple le « gros travail à mener avec l’Éducation nationale sur la lutte contre les stéréotypes », tandis que la haute fonctionnaire au ministère de la Culture souligne déjà la nécessité de travailler sur le dossier de l’égalité hommes/femmes dans les médias.

Ils auront aussi leur rôle à jouer, et ce ne sera pas le moindre, sur les études d’impact, ces études qui seront désormais menées en amont de chaque projet de loi ou de décret pour « s’assurer que les dispositions envisagées ne portent pas atteinte aux droits des femmes, ni n’aggravent les inégalités entre les femmes et les hommes ». (Lire : Matignon précise sa méthode pour l’égalité)
Une première étude d’impact est en cours sur le texte qui instituera les « emplois d’avenir », annonce Najat Vallaud-Belkacem. Même si le protocole de ces études est encore en construction : pour cela, le ministère a signé une convention avec l’Institut des politiques publiques de l’Ecole d’économie de Paris.

 

Dimension de genre dans les crédits des ministères

Najat Vallaud-Belkacem a mis en avant, jeudi 6 septembre, un nouvel outil que devront utiliser les hauts fonctionnaires à l’égalité : le « gender budgeting ». Cette approche (qui attend encore une traduction française) est déjà à l’œuvre notamment en Belgique qui l’a inscrite dans sa loi du 12 janvier 2007 sur les politiques d’égalité. Il s’agira de tenir compte de la dimension de genre dans la répartition des crédits des ministères et de la faire apparaître dans les documents budgétaires. On sait par exemple que les femmes représentent 30 % des créateurs d’entreprises mais n’obtiennent que 10 % des soutiens publics.

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

2 commentaires

las vegas 6 septembre 2012 - 10:50

C’est bien que l’on n’ait pas créé de postes spécifiques pour veiller à l’égalité . Chaque fonctionnaire qui travaille dans un minitère devrait toujours avoir à l’esprit le souci de faire son travail en respectant l’égalité .
Mais ce n’est pas une mauvaise idée de désigner quelqu’ un chargé de faire des rappels à l’ordre si nécessaire.

Répondre
De profundis 9 septembre 2012 - 09:39

ça aurait eu de la gueule d’avoir des fonctionnaires entièrement dédiés à l’égalité. ça risque d’être la dernière roue de leur carrosse

Répondre

Laisser un commentaire