A Elne, la rue du pic du Canigou plutôt que la rue Olympe de Gouges

par Arnaud Bihel

CanigouLe nouveau maire d’Elne, dans les Pyrénées-Orientales, efface le projet de la précédente municipalité qui voulait donner des noms de femmes engagées à de nouvelles rues. Elles porteront des noms de montagnes.


 

C’est une petite ville des Pyrénées-Orientales, Elne, dont le nouveau maire préfère les montagnes aux femmes engagées, raconte Marion Paquet sur France Inter.

Madeleine Fillols, qui accoucha de nombreuses femmes à la maternité d’Elne, notamment durant la guerre d’Espagne ; les résistantes Lucie Aubrac, Geneviève De Gaulle Anthonioz, Martha Desrumaux, Lise London ; Mère Teresa ; Olympe de Gouges ; ou encore Rosa Park, figure de la lutte pour les droits des Noirs aux USA… autant de figures féminines qui auraient dû donner leurs noms à des rues du nouvel écoquartier de la commune.

Mais c’était là le choix de l’ancien conseil municipal. Yves Barniol, le nouveau maire divers-droite élu au printemps, qui se dit « passionné de montagne », a décidé à la place de leur donner des noms de sommets pyrénéens. Le conseil municipal a entériné ce choix le 29 septembre. Quitte à risquer d’égarer des courriers : le nouveau quartier aura sa « rue du pic du Canigou », alors que la ville compte déjà une « rue du Canigou », relève le quotidien local L’Indépendant.

Transmettre des valeurs

Dur à avaler pour l’opposition, qui dénonce une volonté de faire table rase des décisions de l’ancienne municipalité. « Le maire a fini par annoncer que ces femmes célèbres donneraient bien leurs noms à d’autres rues dans des lotissements prévus plus tard », note L’Indépendant. Pas suffisant pour l’ancien maire communiste, aujourd’hui simple conseiller municipal, Nicolas Garcia, qui n’entend pas en rester là.

Il a déjà reçu le soutien de l’association ATD Quart-Monde (fondée par Geneviève De Gaulle Anthonioz, qui par ailleurs entrera prochainement au Panthéon) et de l’association des anciens combattants résistants des Pyrénées-Orientales. « Ce qui permet, dans le paysage urbain, de rappeler un certain nombre de valeurs civiques, doit être fait », souligne sur France Bleu son président Georges Sentis.

« L’idée c’est que les gens s’interrogent : « Tiens, qui était cette femme ? » et d’aller chercher, c’est important ! Ce n’est pas anodin quand on donne des noms de rues, moi je veux bien qu’on appelle les rues, la rue des noisetiers, la rue des oliviers, la rue des poiriers, c’est très joli ! Mais dans toute œuvre, il faut qu’on fasse de la pédagogie, qu’on transmette des valeurs », insiste pour sa part Nicolas Garcia.

 

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Photo : le Canigou, janvier 2006. Par C Henrik Anderson sur Flickr. Certains droits réservés

 

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2 commentaires

taranis 3 octobre 2014 - 12:31

Déjà au 18ème siècle lors de la numérotation des rues à Paris, un député viril de l’assemblée ½ nationale, c’était offusqué de se voir attribuer pour sa résidence un numéro… « 2 » !!! Peut-être qu’Elne est une cité moyenâgeuse. En tout cas espérerons qu’ils n’ont pas pris par erreur de pic ou « un » montagne en Espagne…A Cogolin dans le var, la municipalité a supprimé un spectacle de danse orientale, pas de chez nous, nous sommes des provençaux !!! ….Vive la France couillue

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minini 21 octobre 2014 - 11:43

Le Moyen-âge est à tous les coins de rue – ici c’est le blanc préféré au noir; là-bas le ch’ti préféré au français… fort heureusement avec la maladie de Charcot 5% des consanguins meurent (on attend le décès de la grosse boutin, qui cucu** avec son cousin)

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