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États-Unis : un plan d’action contre les agressions sexuelles sur les campus

par Arnaud Bihel

RapeCampusAprès une série de scandales, la Maison Blanche annonce des mesures pour que les universités ne ferment plus les yeux. Une étudiante sur cinq risque de subir une agression sexuelle.


 

Les violences sexuelles sur les campus U.S. ne doivent plus rester impunies. C’est le message lancé par la Maison Blanche, qui a ouvert lundi 28 avril un site internet au service des victimes, et entend inciter les universités à prendre le problème à bras-le-corps.

Ces derniers mois, plusieurs affaires de viols sur des campus, plus ou moins couverts par les directions des universités, on fait la une de l’actualité (Voir : Des universités U.S. ferment les yeux sur le viol). Le 28 avril encore, le Bureau des droits civiques du ministère de l’Education épinglait une université du Massachussets pour ses manquements – et enquête toujours sur une cinquantaine d’établissements dans tout le pays, dont la prestigieuse université d’Harvard, qui se pose pourtant en modèle d’égalité.

« Vous n’êtes plus seules »

Suite à ces scandales en série1, la Maison Blanche a mis en place un groupe de travail en janvier dernier. Les conclusions de son rapport publié le 28 avril – avec ce message aux victimes : « vous n’êtes plus seules » – sont à l’origine du lancement de ce site internet (NotAlone.gov), et des annonces de la présidence. Un prochain projet de loi pourrait contraindre les universités à mener des enquêtes systématiques sur les violences sexuelles et à mettre en place des mesures de prévention et d’accompagnement des victimes, avec du personnel spécialement formé. Selon une étude de 2007, 19% des étudiantes (et 6% des étudiants) ont subi une forme d’agression sexuelle (dont 6,5% un viol), mais une part infime des victimes a porté plainte.

« Les universités doivent affronter la réalité sur les agressions sexuelles. Elles ne peuvent plus détourner les yeux, faire comme si elles n’existaient pas. Nous devons apporter aux victimes le soutien nécessaire et poursuivre les auteurs en justice », a déclaré le vice-président Joe Biden.

Parallèle avec les violences sexuelles dans l’armée

Peu avant ces annonces, la Maison Blanche avait reçu des appels du pied pressants du Sénat. Particulièrement de deux sénatrices, Claire McCaskill et Kirsten Gillibrand. Celles-là mêmes qui ont conduit les récents travaux sur les violences sexuelles dans l’armée.

Kirsten Gillibrand (récemment mise à l’honneur par le magazine Time) avait adressé le 21 avril une lettre à la Maison Blanche, signée par 6 autres parlementaires des deux camps, pour réclamer des mesures concrètes, en rappelant qu’une femmes court plus de risque d’être agressée sexuellement sur un campus qu’en dehors. « Après avoir travaillé pendant un an pour réformer la façon dont l’armée répond aux cas d’agression sexuelle, les témoignages d’étudiants que j’ai entendus sont tristement similaires », témoigne la sénatrice dans le New York Times.

Dans le même temps, Claire McCaskill annonçait le lancement d’une vaste enquête, auprès de 350 universités, « pour savoir précisément comment ces établissements se comportent face aux viols et aux agressions sexuelles sur les campus – en se penchant particulièrement sur la façon dont ces crimes sont signalés et les enquêtes sont menées, et comment les étudiants sont informés sur les services disponibles. »

 

Photo : « Le viol est aujourd’hui le crime le plus courant sur les campus américains ». Campagne à l’Université de l’Oregon, octobre 2013. Par Wolfram Burner sur Flickr.

 

 


 

1 Le Huffington Post U.S. consacre même au sujet une page spéciale, « Briser le silence »

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