Européennes : espoir féministe en Suède, vague misogyne ailleurs

par Arnaud Bihel

FeministiskLe parti féministe suédois espère décrocher un siège au Parlement européen… où l’extrême-droite misogyne en comptera plus que jamais.


« La question n’est plus de savoir si nous entrerons au Parlement européen, mais combien de députés nous aurons ». A quelques jours du scrutin européen, dimanche 25 mai, Soraya Post affiche son optimisme. Elle est la tête de liste du parti féministe suédois Initiative Féministe (Feministisk Initiativ).

Un optimisme peut-être exagéré. Certes, le 12 mai l’institut de sondage Demoskop le voyait à 4,3%, donc au dessus de la barre de 4% nécessaire pour décrocher un siège. Mais les autres études placent le parti sous cette barre. Selon le dernier sondage publié le 20 mai par un autre institut, TNS Sifo, Initiative Féministe recueillerait 2,9% des voix. Il a toutefois le vent en poupe, puisque son score n’était que de 1,3% un mois plus tôt. Son électorat est surtout jeune, féminin et urbain. Aux dernières élections européennes de 2009, il avait obtenu 2,2% des suffrages.

Au-delà des sondages, le parti assure observer une dynamique féministe : « Il y a cinq ans, Initiative Féministe comptait un millier de membres ; nous en avons aujourd’hui plus de 14 000. Pour l’élection de 2009, Initiative Féministe était dans l’ombre médiatique. Aujourd’hui, le soutien croissant du public pour une politique féministe et anti-raciste nous a ouvert un espace dans les médias traditionnels ». Plus vaste en tout cas que l’espace accordé aux listes « Féministes pour une Europe solidaire » qui pour la première fois se sont lancées en campagne en France.

« Désastre » annoncé en Grande-Bretagne

Mais si le parti « féministe et anti-raciste » suédois peut espérer décrocher un siège au Parlement européen, la tendance générale en Europe est au contraire à l’avantage de partis d’extrême-droite qui conjuguent euroscepticisme et anti-féminisme.

C’est le cas en France, évidemment, où le Front National est donné par les sondages comme le grand gagnant de ces élections. Mais en Grande-Bretagne également. Le parti nationaliste UKIP est lui aussi en tête dans les sondages. Et il est celui qui compte le moins de femmes candidates, ce qui se conçoit quand son leader Nigel Farage assure qu’il est normal que les femmes sacrifient leur travail à la vie de famille. Une victoire de UKIP « serait un désastre pour la cause de l’égalité des sexes, au niveau britannique comme européen », résume Feminist Times.

Autre exemple en Pologne, où le « Congrès de la nouvelle droite » pourrait décrocher plusieurs sièges. Son leader Janusz Korwin-Mikke est un habitué des déclarations misogynes fracassantes. Il assurait récemment que « les femmes sont moins intelligentes que les hommes ».

Les sondages à l’échelle européenne prévoient que les partis situés à la droite du Parti populaire européen (auquel est liée l’UMP) connaîtront la plus forte augmentation d’eurodéputés. Ils pourraient composer 22% du futur Parlement européen, contre 16% actuellement.

 

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Image : « Un siège, maintenant ». Visuel de campagne de Feministisk Initiativ pour les élections européennes.

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