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Exploitation sexuelle : Oxfam n’est qu’une des ONG concernées

par Arnaud Bihel

« Aucune organisation n’est malheureusement exempte d’abus de pouvoir ». À la suite du scandale qui a frappé Oxfam, de nombreuses organisations humanitaires font la lumière sur les cas d’exploitation sexuelle de la part de leur personnel sur le terrain.


En un an, plus de 120 employés d’organisations humanitaires (ONG) ont été licenciés, ou ont vu leurs contrats non renouvelés, en raison de faits d’exploitation sexuelle. C’est ce que révèle un recensement effectué auprès de 21 ONG par la Thomson Reuters Foundation, publié jeudi 22 février.

Ces derniers jours, le scandale a frappé Oxfam. Il a été révélé qu’en 2011, des membres du personnel de cette ONG britannique – dont son directeur sur place – ont exploité sexuellement des jeunes femmes en Haïti, où l’organisation intervenait après le séisme. Des cas similaires ont eu lieu en 2006 au Tchad. Si les responsables ont été sanctionnés à l’époque, l’ONG admet qu’elle n’a pas réagi assez fermement.

Oxfam promet aujourd’hui de faire le « nécessaire pour changer les mentalités en interne et établir les règles les plus strictes, afin de protéger les personnes avec lesquelles nous travaillons à travers le monde ». Les chiffres collectés par la Thomson Reuters Foundation montrent que son cas est loin d’être isolé.

L’organisation de protection de l’enfance Plan International l’admettait d’ailleurs mercredi 21 février : « Aucune organisation n’est malheureusement exempte d’abus de pouvoir, y compris la nôtre ». Dans les 72 pays où elle agit, Plan International a identifié entre le 1er juillet 2016 et le 30 juin 2017 « six cas confirmés d’abus sexuel et d’exploitation d’enfants par des employés ou par des partenaires ». Les responsables ont été licenciés et cinq des cas ont été signalés aux autorités locales compétentes. Le même jour, l’organisation CARE annonçait avoir, en 2017, mis fin au contrat de huit de ses employés – tandis qu’un autre a démissionné – mis en cause pour agression ou exploitation sexuelle.

Une semaine plus tôt, Médecins Sans Frontières (MSF) s’expliquait également. L’ONG compte plus de 40 000 employés permanents sur le terrain. En 2017, 146 plaintes ou alertes ont été enregistrées au siège, et 24 d’entre elles étaient liées à des cas de harcèlement ou d’abus sexuel. Suite à des enquêtes internes, 19 personnes ont été licenciées. Mais MSF se dit « consciente que les abus en son sein sont sous-rapportés ».

Toutes ces ONG s’engagent à renforcer en leur sein les systèmes de signalement et de plainte, à améliorer la gestion des enquêtes et la protection des victimes. C’est aussi un travail en commun qui doit s’opérer entre les différents acteurs de terrain. Oxfam met ainsi en avant une nécessaire réforme des procédures de recrutement et de vérification des antécédents, « afin d’empêcher des personnes ayant eu des comportements inacceptables de passer d’une organisation à l’autre. »

 

 

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