Accueil International L’extrême droite italienne rivalise de racisme envers la première ministre noire

L’extrême droite italienne rivalise de racisme envers la première ministre noire

par vincimoz

Kashetu kyeng cecileDes « traits d’orang-outan », une « tête de femme au foyer », sans parler des appels au viol ou à retourner « dans son pays » : les insultes fusent en Italie depuis la nomination de Cécile Kyenge.


 

« Quand je vois des photos de Kyenge je ne peux m’empêcher de penser aux traits d’un orang-outan, même si je ne dis pas qu’elle en est un », a déclaré samedi 13 juillet Roberto Calderoli, l’un des quatre vice-présidents du Sénat italien, à propos de Cécile Kyenge. En charge de l’Intégration, elle est la première ministre noire d’Italie.

« Je ne prends pas les mots de Calderoli comme une insulte personnelle, mais il m’attristent en raison de l’image qu’ils donnent de l’Italie », a commenté l’intéressée. Dans un entretien au journal Corriere della Sera, lundi 15 juillet, Cécile Kyenge revient sur les attaques qu’elle subit régulièrement. Des attaques qui visent sa couleur de peau, mais la première motivation est le fait qu’elle est une femme, estime-t-elle.

Lui-même ancien ministre de Berlusconi, membre de la Ligue du Nord – un parti indépendantiste d’extrême droite – Roberto Calderoli est un accoutumé des sorties racistes. Toujours selon ses déclarations, Kyenge – née en République Démocratique du Congo mais citoyenne italienne – ferait mieux d’être ministre « dans son pays ».

Depuis sa nomination en avril, la ministre a subi de nombreuses attaques racistes et/ou sexistes. « Mais personne ne la viole jamais, juste pour lui faire comprendre ce que peut éprouver la victime de ce terrible délit ? Une honte ! », avait écrit sur Facebook Dolorès Valandro, élue de la Ligue du Nord – expulsée de son parti suite à cette phrase.

Moins de deux semaines après l’entrée au gouvernement de Cécile Kyenge, le groupuscule d’extrême droite Forza Nuovo avait déroulé une bannière devant le siège du Parti Démocrate ; on pouvait y lire : « Kyenge, retourne au Congo ».

« C’est une étrangère dans ma maison », avait quant à lui déclaré Mario Borghezio, député européen – lui aussi membre de la Ligue du Nord – à l’annonce de la nomination de la ministre qui selon lui a « la tête d’une femme au foyer ». Et il l’assumait : « Je suis raciste, je ne l’ai jamais nié. »

 

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