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La femme arabe qui bombarde les terroristes

par Arnaud Bihel

C’est une pilote des Emirats Arabes Unis, Mariam Al Mansouri, qui aurait mené les premières frappes aériennes contre Daech en Syrie. Voilà l’un des premiers coups d’éclat médiatiques de la nouvelle guerre. (Mis à jour : commentaires sexistes sur Fox News.)


 

Ah, la guerre et ses belles histoires médiatiques. Le chef d’escadrille pour les premières frappes aériennes de la coalition menée par les États-Unis sur les positions de Daech en Syrie était une cheffe. Il s’agit de Mariam Al Mansouri, première femme pilote de l’armée de l’air des Émirats Arabes Unis.

Il sera difficile, voir impossible, de vérifier cette information qui a d’abord émané de la très patriote chaîne Fox News (avant d’être confirmée 24 heures plus tard par un officiel émirati). Elle est évidemment extrêmement symbolique dans une guerre qui est aussi forcément médiatique. « Al Mansouri, 35 ans, est la première femme d’une nation arabe à voler en mission – pour larguer des bombes sur des terroristes sunnites », commente Fox News.

Indiquer que l’attaque a été dirigée par une femme des Émirats Arabes Unis présente trois avantages sur le front médiatique : pour les États-Unis, mettre en avant l’engagement des États arabes à leurs côtés ; montrer que les pays du Golfe sont plus ouverts aux femmes que les extrémistes qu’ils combattent (tout est relatif) ; assortir les bombes d’un pied de nez aux fanatiques de Daech, la rumeur leur prêtant l’idée qu’être tué par une femme est un déshonneur, qui empêche l’accès au paradis.

Mise à jour :

Tout cela n’a pas empêche deux commentateurs de la chaîne Fox News d’y aller de leurs blagues sexistes.

« Hé, ISIS (autre acronyme de Daech), vous avez été frappé par une femme ! », lâchait d’abord l’une des commentatrices de l’émission ‘The Five’, Kimberly Guilfoyle, ajoutant : « Cela doit faire d’autant plus mal que dans certains pays les femmes ne peuvent même pas conduire de voiture ». Mais deux autres commentateurs ont rebondi à leur façon :

« Le problème, c’est qu’après avoir bombardé, elle n’a pas réussi à se garer », lançait le premier, Greg Gutfeld. Et le second, Eric Bolling d’enchaîner :

« Est-ce qu’on parler de ‘boobs on the ground’, ou pas ? » Le jeu de mots, intraduisible, est une déformation de l’expression ‘boots on the ground’, qui signifie ‘troupes au sol’, le mot ‘boots’, ‘bottes’, étant remplacé par ‘boobs’, ‘seins’.

https://www.youtube.com/watch?v=sCPyFfesjtM

 

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