Accueil Eco & SocialEnvironnement Femmes et climat : la COP23 adopte un « plan d’action genre »

Femmes et climat : la COP23 adopte un « plan d’action genre »

par Arnaud Bihel

Photo UNclimatechange
sur Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

Participation des femmes aux négociations sur le climat et adoption « systématique » d’une perspective de genre : la COP23 à Bonn débouche sur un plan d’action sans précédent. Reste à le concrétiser.

Ce sera une première. Un « Gender action plan » – en français « Plan d’action en faveur de l’égalité des sexes » – doit être adopté en clôture de la COP23, à Bonn, vendredi 17 novembre. Le document engage les États impliqués dans la Convention-cadre de l’ONU sur le changement climatique à « intégrer une perspective de genre dans tous les éléments de l’action engagée pour le climat », et ce de manière « systématique ».

Il s’agit à la fois de « faire en sorte que les femmes participent pleinement, réellement et sur un pied d’égalité » aux processus de négociation, et de « promouvoir des politiques climatiques favorisant l’égalité des sexes ».

« Partout dans le monde les femmes sont en première ligne face aux risques causés par le réchauffement climatique ; c’est pourquoi les femmes doivent être des actrices incontournables du changement et c’est pourquoi nos voix sont nécessaires en première ligne de la diplomatie sur le climat », soulignait le 13 novembre la ministre des Femmes de Fidji (pays qui préside cette COP23), Mereseini Vuniwaqa.

Ce Plan d’action en faveur de l’égalité des sexes est « globalement salué par les associations de femmes et féministes des différents continents », témoigne pour Les Nouvelles NEWS Yveline Nicolas, coordinatrice de l’association Adéquations, présente à Bonn, qui souligne le rôle majeur de la société civile. « L’adoption de ce Plan d’action est une preuve de la capacité des femmes à s’organiser, se mettre en réseau et faire des propositions ainsi que de témoigner des solutions mises en œuvre. »

Lire aussi : Dérèglement climatique : “nous voulons une parité décisionnelle”

Encore faut-il que ce plan débouche sur du concret, en particulier en termes de budgétisation sensible au genre et de financements sur le terrain, tempère Yveline Nicolas. Durant la COP23, les témoignages recueillis par Adéquations évoquaient « les difficultés de participation des actrices françaises et francophones et la contradiction entre l’affichage « genre » de leurs pouvoirs publics et les faibles appuis aux associations, ce qui empêche de développer des expertises genre, climat, transition écologique sur la durée. »

Un tiers de femmes dans les négociations, guère de progrès

En avril 2016, lors de la cérémonie de signatures de l’accord sur le climat conclu quelques mois plus tôt à Paris, Ségolène Royal soulignait la nécessité d’« intégrer dans 100% des contributions nationales la dimension femmes ». Seules 36 % des contributions déposées alors par les États prenaient en compte le rôle des femmes, déplorait la ministre de l’Environnement.

Dès 2012, la COP18 à Doha avait débouché sur un objectif d’équilibre entre hommes et femmes dans les délégations et organes de négociations sur le climat. Mais depuis lors les parties prenantes « n’ont guère progressé », note le texte de Bonn qui fixe le plan d’action. En 2012, les femmes représentaient 29% des personnes déléguées à la COP. Leur part a atteint 36% en 2015 à Paris, avant de retomber à 32% en 2016.

Les femmes « supportent un fardeau infiniment plus lourd » face au réchauffement planétaire, insiste l’ONU depuis des années. « Les femmes pauvres dans les pays pauvres sont parmi les plus touchées par le changement climatique, bien qu’elles y aient le moins contribué ».

 

 

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