Femmes ingénieures et managers : toujours des inégalités « systématiques »

par Arnaud Bihel

Même diplômées des grandes écoles d’ingénieur ou de management, « les femmes restent ‘des variables d’ajustement’ en ces périodes de mutation », observe la Conférence des Grandes Écoles.


Moins bien payées, plus précaires : les jeunes femmes qui sortent d’une grande école d’ingénieur ou de management ne débutent toujours pas leur vie professionnelle sur le même pied que leurs homologues masculins. Année après année, en publiant son « enquête insertion » au mois de juin, la Conférence des Grandes Écoles (CGE) dresse ce constat. Et sa dernière édition (à télécharger ici) n’y déroge pas : « Malgré les nombreuses alertes et actions menées par la CGE et ses partenaires, les femmes restent ‘des variables d’ajustement’ en ces périodes de mutation » souligne son président Bernard Ramanantsoa.

Certes, les inégalités salariales peuvent être liées au fait que les femmes « travaillent plus souvent en province et qu’elles acceptent probablement plus facilement un emploi de non-cadre », remarque l’enquête. C’est aussi que « les services/départements où la présence des femmes est la plus forte sont ceux où les rémunérations sont les plus faibles. »

Les salaires des hommes en légère progression, ceux des femmes en diminution

Mais ces différences d’orientation n’expliquent pas tout. Car, quel que soit le secteur, les rémunérations des femmes diplômées d’une grande école en 2013 sont « systématiquement » inférieures à celles des hommes. Une femme-manager diplômée en 2013 travaillant en France gagne, en moyenne avec ses primes (34 301 €), moins qu’un manager-homme diplômé en 2013, sans les primes (34 433 €). Et l’écart de salaire hommes/femmes « s’accroît systématiquement avec l’introduction des primes ».

Pire : entre 2012 et 2013 les salaires des femmes-ingénieurs et des femmes-managers sont en diminution. Alors que ceux des ingénieurs-hommes stagnent et que ceux des managers-hommes sont en légère progression.

Côté sécurité de l’emploi également, les femmes diplômées des grandes écoles sont moins bien loties que leurs homologues masculins. Elles sont plus souvent en recherche d’emploi que les hommes et bénéficient également moins souvent de CDI, surtout chez les ingénieurs. Plus d’une femme ingénieur sur quatre est en CDD au début de sa carrière, 2 fois plus souvent que les hommes.

 

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flo 19 juin 2014 - 12:08

Chers amis de la CGE, je vous suggère une méthode beaucoup plus efficace, rapide, et certainement moins onéreuse qu’un rapport de 83 pages pour dénoncer le sexisme dans les entreprises : observez juste votre organigramme !!!
Ah… vous ne l’avez pas en tête là tout de suite ? Allez.. je résume :
Président : 1 homme
Vice président : 1 homme
Présidents de commissions : 7 hommes, 3 femmes (Haaaaa !)
Présidents d’honneur : 8 hommes, 0 femmes (Ooooooh !)
Conseil d’orientation stratégique : président : 1 homme, membres : 9 hommes, 0 femmes
Conseil d’administration : 21 hommes, 6 femmes..
Et votre slogan, vous l’avez en tête ?
« La conférence des Grandes Ecoles entretient et développe dans un esprit d’ouverture et de solidarité, les relations qui unissent ses membres ».
Je n’en doute pas un seul instant…

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