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Femmes journalistes contre le « paternalisme lubrique » en politique

par Arnaud Bihel

LibeDans Libération, quarante femmes journalistes politique dénoncent la persistance des attitudes sexistes qu’elles subissent.

 

En 2015 encore, elles doivent pour faire leur métier « intégr[er] les contraintes du sexisme ambiant ». Une quarantaine de femmes journalistes, en charge de la politique, s’élèvent dans une tribune, publiée par Libération, contre le sexisme dont font encore preuve nombre d’élus et responsables politiques.

« C’est un ami du Président qui juge les journalistes “d’autant plus intéressantes qu’elles ont un bon tour de poitrine” ou un ministre qui, nous voyant penchée pour ramasser un stylo, ne peut retenir sa main en murmurant : Ah mais qu’est-ce que vous me montrez là ? ». Ce ne sont là que quelques exemples frappants de « paternalisme lubrique » – reprenant l’expression de Natacha Henry, collaboratrice des Nouvelles NEWS – que ces journalistes égrènent dans cette tribune. Sans oublier les textos insistants, et jusqu’à ces avances d’un député qui « ne s’arrêteront qu’avec la menace d’une main courante pour harcèlement ».

Les signataires de cette tribune – très commentée sur Twitter sous le mot-clé #ManifesteBasLesPattes – le soulignent : « Nous avons conscience que nous faisons notre travail dans des conditions extrêmement privilégiées par rapport à la majorité des Françaises, qui peuvent perdre leur emploi ou leur santé parce qu’elles sont harcelées. Et par rapport à nos collègues, beaucoup plus isolées, dans les médias régionaux. Mais le fait que ces pratiques, qui sont le décalque de ce qui se passe tous les jours dans la rue, les usines ou les bureaux, impliquent des élus de la République chargés de fabriquer la politique nous pousse aujourd’hui à les dénoncer. Ils sont issus de toutes les familles politiques sans exception, naviguent à tous les niveaux du pouvoir et n’ont droit à aucune impunité. Comme les autres. »

Seul motif d’espoir : « Certains, souvent les plus jeunes, s’excusent de tomber dans les travers de leurs aînés. Une histoire de génération et, peut-être, de mères féministes. » Et ces journalistes de conclure : « Tant que la politique sera très majoritairement aux mains d’hommes hétérosexuels plutôt sexagénaires, rien ne changera. »

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

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2 commentaires

2 commentaires

09 Aziza 5 mai 2015 - 13:30

Ce manifeste est trés important, et bravo à ses signataires! MAIS…..une ombre au tableau dans le quotidien qui le publie: il y est répété comme un mantra l’objectif(absolument absurde) que les femmes deviennent enfin « des hommes comme les autres »; c’est à dire que la norme demeure le masculin, et que les femmes disparaissent….Enfin, dans la rubrique signée L. Vaillant, on peut lire une remise en question soft du bien-fondé des luttes contre le sexisme, sous couvert de gauloiserie/galanterie à la française.
l’auteur, bien sûr, préfère la mini-jupe »symbole de liberté gambadante et d’affranchissement désirant » à la jupe longue, »chape de détestation de la sexualité ». Ah bon? IL ne s’agit encore une fois que du point de vue masculin sur le corps couvert ou découvert des femmes…Ensuite, le journaliste RESTE PERPLEXE DEVANT CES CAMPAGNES FÉMINISTES CONTRE LE HARCÈLEMENT DE RUE! Perplexe! Oui, bien sûr, au passage, il « comprend » que les femmes en aient assez, mais bon, hein? il faudrait siffler la fin de la récré; faudrait pas que ça aille trop loin, et qu’elles décident toutes de se couvrir, on pourrait plus se rinçer l’oeil, ah mais! Consternant….

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esyram 20 mai 2016 - 10:53

paternalisme lubrique… super
je dis aussi incontinence intellectuelle? bof!

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