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Coupe du monde sur synthétique : les footballeuses portent plainte pour discrimination

par Arnaud Bihel
Abby Wambach lors d’un match amical USA-Canada, septembre 2011. Par brent flanders sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Abby Wambach lors d’un match amical USA-Canada, septembre 2011. Par brent flanders sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Un groupe d’internationales, parmi lesquelles l’Américaine Abby Wambach, l’Allemande Nadine Angerer ou la Française Camille Abily, dénoncent le choix de jouer la Coupe du monde 2015 au Canada sur des terrains synthétiques. Une plainte vient d’être officiellement déposée.


 

Elles menaçaient depuis deux mois de porter l’affaire devant la justice. Et elles l’ont fait. Des footballeuses ont porté plainte pour discrimination, mercredi 1er octobre, contre les fédérations internationale et canadienne de football (FIFA et CSA).

Pour ces joueuses, menées par les stars que sont l’Américaine Abby Wambach et l’Allemande Nadine Angerer, le fait que la Coupe du monde féminine de football 2015, au Canada, se déroulera sur des terrains synthétiques constitue une discrimination de genre.

C’est fin juillet qu’elles avaient pour la première fois menacé d’une action en justice, après des mois à tenter en vain de se faire entendre (Voir : Gazon discriminatoire ? Mobilisation des footballeuses internationales). Elles ont mis leur menace à exécution après la fin de non-recevoir adressée par la FIFA : « Il n’y a pas de plan B », avait déclaré mardi 30 septembre Tatjana Haenni, responsable des compétitions féminines à la fédération internationale.

« Les matchs de la Coupe du monde masculine se jouent sur du gazon naturel, tandis la CSA et la FIFA relèguent les joueuses sur des terrains artificiels. Le gazon synthétique modifie la façon de jouer, engendre des risques de blessure particuliers, et est jugé d’un niveau inférieur pour les compétitions internationales », résume leur avocat, cité par Women’s Soccerly. Le site a également mis en ligne le texte de la plainte, déposée au Tribunal des droits de la personne de l’Ontario, qui rappelle par exemple que la FIFA n’a tenu aucun compte d’une enquête menée en 2013 auprès des joueuses, dont plus des trois quarts disaient vouloir jouer sur du gazon naturel.

Parmi les plaignantes figurent des footballeuses de toutes les équipes internationales engagées dans la compétition – à l’exception du Canada, dont les joueuses ne veulent sans doute pas se brouiller avec leur fédération. Pour la France, Camille Abily (qui s’en expliquait ici récemment) et Elise Bussaglia se sont associées à la plainte. Les footballeuses rebelles n’envisagent pas, pour autant, de boycotter la Coupe du monde.

 

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