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#GamerGate, la guerre des trolls misogynes

par Arnaud Bihel
Sarkeesian

Photo : Anita Sarkeesian, le 13 septembre 2014. Par Ian Linkletter sur Flickr

Nouvelles menaces de mort contre une militante, sur fond d’anti-féminisme dans l’univers du jeu vidéo.


 

Le #Gamergate n’en finit pas, au point de faire la une de la presse aujourd’hui aux États-Unis. La militante Anita Sarkeesian a dû annuler une conférence prévue mercredi 15 octobre à l’université de l’Utah.

Celle-ci avait reçu un courriel menaçant d’un massacre équivalent à celui de la tuerie de l’École polytechnique de Montréal, perpétrée par un anti-féministe revendiqué, en 1989.

« Nous vivons dans une nation de trouillards émasculés trop effrayés pour défier les viles harpies misandres qui cherchent à nous détruire. Le féminisme s’est emparé de toutes les facettes de notre société, et les femmes comme Sarkeesian veulent nous punir simplement pour vouloir être des hommes. C’est pourquoi j’ai choisi de la cibler », écrit l’auteur de la lettre (publiée par le Standard Examiner), qui se présente comme un étudiant de l’université. Anita Sarkeesian a choisi elle-même d’annuler sa conférence, d’autant plus inquiète des menaces que le port d’armes est libre dans l’Utah et que l’université, à ses yeux, n’a pas pris les mesures de protection appropriées.

« Guerre culturelle »

C’est la dernière en date des violentes menaces proférées à l’encontre de femmes dans l’univers du jeu vidéo, et que la presse relie au #GamerGate qui a débuté au mois d’août.

S’affichant comme un débat sur l’éthique de la presse spécialisée dans le jeu vidéo, le #GamerGate prend la forme d’une « guerre culturelle » (comme l’écrit Caitlin Dewey sur le Washington Post) entre partisans d’une meilleure place pour les femmes dans l’univers du jeu vidéo et tenants de l’ordre établi des gamers. Avec, dans les troupes de ces derniers, de nombreux trolls violents qui incarnent le sexisme geek.

Cela a commencé avec la mise en cause de la développeuse Zoe Quinn, harcelée et cible de menaces de mort répétées. Les mêmes menaces se sont ensuite portées contre d’autres femmes qui se sont impliquées dans le débat, comme une autre développeuse, Brianna Wu. Et donc Anita Sarkeesian, animatrice du site Feminist Frequency, que les gamers misogynes ciblent d’ailleurs depuis longtemps déjà (Voir : Jeux vidéo, stéréotypes et trolls sexistes).

Si les auteurs de ces menaces sont des individus isolés, c’est l’industrie du jeu vidéo qui se retrouve désormais dans la ligne de mire des médias. Invitée à réagir officiellement, l’Entertainment Software Association, le lobby de l’industrie du jeu vidéo, a déclaré que les violences et le harcèlement « doivent cesser. Il n’y a pas de place dans la communauté du jeu vidéo – et dans la société – pour les attaques personnelles et les menaces ».

 

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