Accueil SagaInitiatives GD-IQ : quatre lettres pour tout savoir de la représentation des sexes dans les médias

GD-IQ : quatre lettres pour tout savoir de la représentation des sexes dans les médias

par Arnaud Bihel

gdiqlogoUn nouvel outil permet de repérer automatiquement qui est présent et/ou parle dans les médias. Premier constat au cinéma : les hommes sont deux fois plus vus et entendus que les femmes.

Le Geena Davis Inclusion Quotient, GD-IQ. C’est un nouvel outil révolutionnaire qu’a présenté mercredi 14 septembre le Geena Davis Institute, institut de recherche sur le genre dans les médias fondé et dirigé par l’actrice éponyme. Développé durant deux ans par Google et l’Université de Californie du Sud, ce « Quotient d’Inclusion » permet de calculer le temps de présence et/ou de parole des hommes et des femmes dans les contenus vidéo et audio.

Grâce à ce nouveau logiciel le « fait main », fastidieux, laisse la place à l’automatique. Il devient donc extrêmement facile de comptabiliser le temps de présence et le temps de parole à l’écran selon le sexe « avec une précision qui n’avait jamais été possible jusque là », se félicite Geena Davis.

Son premier usage a permis de dresser le tableau le plus complet à ce jour de la présence des acteurs et des actices sur grand écran. Jusque là, les nombreuses analyses sur la place des femmes et des hommes dans les films ne concernaient que le nombre de rôles à l’écran. Avec de rares exceptions, comme ce récent travail portant sur les temps de parole des princesses Disney.

Conclusion de l’utilisation du GD-IQ sur les 100 principaux films sortis sur les écrans états-uniens en 2015 : les hommes sont à l’image, et parlent, quasiment deux fois plus que les femmes.

Le 8 septembre dernier, la dernière analyse universitaire, portant sur ces mêmes films, observait que seuls 31,4% des rôles à texte étaient endossés par des actrices. L’analyse effectuée grâce au Quotient d’Inclusion permet donc d’affiner cette observation :

– En 2015, les personnages masculins ont occupé presque deux fois plus de temps à l’écran que les personnages féminins (28.5% contre 16.0%).
– Sans grande surprise, l’écart se creuse quand le personnage principal est masculin (34.5% contre 12.9%, quasiment trois fois plus de temps de présence à l’écran pour les hommes).
–  Mais même quand le rôle titre est tenu par une femme, les acteurs occupent l’écran presqu’aussi longtemps que les actrices (24.0% pour elles, 22.6% pour eux).
– Et quand hommes et femmes se partagent les rôles titres, ce sont encore les hommes qui s’octroient la plus grosse part du gâteau : 24.8% de présence, contre 16.0% pour les femmes.

Ces écarts sont comparables concernant les temps de parole. De quoi relever ce léger point positif toutefois : quand elles sont à l’écran, les femmes ne parlent pas moins que les hommes en proportion.

gdiq

 

Cette étude portant sur le cinéma est donc la toute première à utiliser le GD-IQ, publiée à l’occasion du dévoilement officiel du nouvel outil. Mais son champ d’application est évidemment bien plus vaste, puisqu’il peut concerner l’ensemble des médias audiovisuels.

Une idée pour les groupes de radio et télévision français qui ont désormais l’obligation de fournir au CSA des chiffres exhaustifs sur la représentation des femmes et des hommes dans leurs programmes.

« Nous espérons que cette technologie puisse servir à repousser les frontières de la façon dont nous indentifions le déséquilibre de la représentation dans les médias », souligne Geena Davis. « En renforçant le nombre et la diversité des femmes de pouvoir et des rôle modèles à l’écran, les créateurs de contenu influent sur les ambitions et les aspirations professionnelles des filles et des jeunes femmes ».

 

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Femmes au cinéma, petite place sur grand écran

 

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