Accueil CultureCinéma « Gente de bien », fracture sociale et lien parental

« Gente de bien », fracture sociale et lien parental

par Arnaud Bihel

GenteDans Gente de bien, le jeune réalisateur Franco Lolli raconte l’apprivoisement mutuel d’un père et de son fils : de la douceur dans la Colombie d’aujourd’hui. La critique du mardi de Valérie Ganne.


 

Il est rare d’avoir l’occasion de découvrir un film colombien. Et qui plus est, un film qui ne parle pas de violence ou de cartels de la drogue, mais de la vie quotidienne et d’une autre violence plus insidieuse, celle de la fracture sociale.

Au départ, Eric, un garçon de dix ans, est amené à vivre seul avec son père du jour au lendemain. Il connaît à peine ce Gabriel qui a déjà du mal à subvenir à ses propres besoins. Ce sont les vacances, il le suit dans son travail de menuisier chez une propriétaire au grand cœur, qui essaie d’aider l’enfant et son père. Mais ses bonnes intentions deviennent de plus en plus pesantes pour Gabriel et son fils qu’elle aimerait même faire adopter par ses propres enfants…

Le constat est amer : le fossé social est infranchissable. Mais Franco Lolli, le réalisateur, tient d’abord à montrer que c’est sans doute un mal pour un bien : cette incompatibilité sociale permettra au père et à son fils de se rapprocher et de s’apprivoiser mutuellement. Son premier long métrage sait traiter avec une grande douceur la cruauté d’un monde socialement figé.

C’est une histoire que le cinéaste nourrit de sa propre vie, lui qui a grandi seul avec sa mère. « Je crois que jusque-là je n’étais pas prêt à me confronter à la question du père », explique-t-il. Son premier court métrage, Comme tout le monde (2006, Grand Prix du Festival de Clermont-Ferrand) portait sur sa relation avec sa mère.

Décidément, les familles monoparentales prennent un autre genre en ce moment sur les écrans. Dans Le dernier coup de marteau, la semaine dernière, une mère gravement malade amenait avec tact un père absent à revenir prendre ses responsabilités. Cette semaine, les difficultés matérielles éloignent la mère d’Eric de son fils mais, une fois encore, le père saura prendre le relais.

Gente de bien de Franco Lolli (Colombie, 1h27), scénario de Franco Lolli et Catherine Paillé, avec Brayan Santamaria, Carlos Fernando Perez et Alejandra Borrero. Produit par Geko, distribué par Ad Vitam. Semaine de la critique Cannes 2014. En salles le 18 mars 2015.

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