Gulalai Ismail et Gauri Lankesh, prix Anna Politkovskaya 2017

par Arnaud Bihel

Gulalai Ismail (en haut) et Gauri Lankesh

La Pakistanaise Gulalai Ismail agit pour les filles et les femmes dans son pays. L’Indienne Gauri Lankesh vient de payer de sa vie son combat pour les droits humains. Ces femmes de courage sont les deux lauréates du prix Anna Politkovskaya.


 

L’association RAW in WAR a décerné, jeudi 5 octobre, le prix Anna Politkovskaia 2017 à la Pakistanaise Gulalai Ismail et l’Indienne Gauri Lankesh, « pour leur courage à dénoncer et défier l’extrémisme dans un contexte de violence et de conflit armé dans leurs pays ». Ce prix est attribué chaque année – autour de la date anniversaire du décès de la journaliste russe Anna Politkovskaia, assassinée le 7 octobre 2006 – à des femmes qui luttent pour les droits humains

Gulalai Ismail défie l’extrémisme islamiste au Pakistan, en défendant le droit des filles à l’éducation et plus généralement la participation des femmes à tous les secteurs de la société. « Son travail sert à construire la future génération de femmes leaders dans notre pays », salue Malala Yousafzai, qui a elle-même reçu ce prix en 2013, un an avant son Nobel de la Paix.

En 2002, à l’âge de 16 ans, Gulalai Ismail a fondé l’ONG Aware Girls. « Pour sa contribution au développement d’une culture de la paix et de la non-violence par l’action des femmes et des jeunes au Pakistan », Aware Girls a reçu en 2016 le Prix Chirac pour la prévention des conflits. Gulalai Ismail a également participé en 2016 à la constitution d’un « réseau de femmes pour la paix » au Pakistan et en Afghanistan. Bien qu’ayant reçu des menaces de mort à de multiples reprises, elle continue son combat dans son pays.

La seconde lauréate, la journaliste indienne Gauri Lankesh, a payé de sa vie son combat pour les droits humains, comme Anna Politkovskaia. Militante pour les droits des femmes et pour la fin du système de castes, elle n’avait de cesse de critiquer les mouvements extrémistes hindous.

« Quand le monde est divisé par des barrières de classes, de castes et de genre, le journalisme objectif peut devenir une autre forme d’imposture. Quand la vérité est partisane, un journaliste doit savoir prendre parti », écrivait-elle. Gauri Lankesh a été assassinée le 5 septembre dernier devant son domicile.

RAW in WAR rend également hommage à Jamalida Begum, Rohingya réfugiée au Bangladesh, qui dénonce les exactions commises contre sa minorité au Myanmar. Depuis qu’elle a évoqué en 2016 le viol qu’elle a subi dans son village, avant de fuir, « elle a joué un rôle significatif pour attirer l’attention du monde sur les graves violations des droits humains commises à l’encontre des Rohingyas ».

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Jineth Bedoya Lima, une voix contre les violences sexuelles en Colombie (Prix Anna Politkovskaya 2016)

Le Prix Rafto pour Parveena Ahangar et Imroz Parvez, défenseur.e.s des droits humains au Cachemire

Khadija Ismayilova, Yetnebersh Nigussie : les lauréates du ‘Nobel alternatif’ 2017

 

Partager cet article

Laisser un commentaire