Accueil Politique & Société  Harcèlement de rue : la campagne d’Héro-ïnes95 démarre

 Harcèlement de rue : la campagne d’Héro-ïnes95 démarre

par Juliette Bachelard

La campagne « Stop harcèlement de rue : Tous concernés ! » lancée vendredi 14 mai par le collectif de citoyen.nes féministes du Val d’Oise, Héro-ïnes95, a conquis  Les Andelys (Eure) qui s’engage à déployer le dispositif dès le 1 juillet prochain.

Des chiffres alarmants et un flot de témoignages de victimes ont poussé le collectif Héro-ïnes95 à agir. À la sortie du confinement est née leur campagne « Stop harcèlement de rue : Tous concernés ! ». Objectif : interpeller les collectivités territoriales et leur proposer des moyens de prévention pour lutter contre ce fléau dans leurs rues. En tout, 8 propositions d’initiatives peu coûteuses et simples sont envoyées aux mairies de différentes villes à travers la France. Cela peut-être des affichages dans la rue comme un encart dans le journal municipal. 

Cette campagne a été communiquée à 723 villes et a été rejointe par d’autres associations (Nous toutes 27, 68, 51, 76, Lagrenade…)  de 7 départements. Et ralliée dernièrement par l’autrice et combattante pour les droits des femmes, Aurore Le Goff. Chaque collectif qui rejoint la campagne reçoit des visuels et un formulaire personnalisés créés par Héro-ïnes95 pour les villes qu’il souhaite toucher.

Aujourd’hui, les créatrices de la campagne sont fières d’annoncer la réponse positive de la ville des Andelys dans l’Eure. « C’est très encourageant pour la suite ! » se réjouit Eina, cofondatrice du collectif Héro-ïnes95. Et comme une bonne nouvelle en accompagne d’autres, la campagne commence à obtenir une visibilité chez les politiques. Un retentissement perçu positivement par les membres du collectif qui espèrent une retombée nationale.

Un besoin urgent

Héro-ïnes95 alerte pourtant depuis août 2020 sur l’augmentation des violences verbales et physiques dans l’espace public sans trouver de réponse. L’arrivée de la pandémie et l’obligation de rester chez soi durant la période de confinement qui a suivi pouvaient faire espérer une diminution de ce fléau. Il n’en est rien. Sur un échantillon de 1200 femmes de 14 à 24 ans interrogées en 2020 par la newsletter féministe Les Glorieuses, 99% affirment avoir subi une situation de harcèlement de rue. Et cela commence très tôt, sous diverses formes.

Manon, lycéenne de tout juste 18 ans, a profité des rayons de soleil cette semaine pour mettre une jupe et sortir à Montmartre avec une amie. Joyeuses, elles commencent à prendre des selfies ensemble. Mais la jeune fille raconte avec colère les remarques pesantes des garçons et des hommes parfois âgés qui se « rajoutent » sur la photo : « Au bout d’un moment quand c’est le dixième qui arrive et qui se met à côté et qui se permet des remarques, c’est plus possible ». Elle a changé d’endroit plusieurs fois déplorant ces entraves à la liberté des jeunes filles dans la rue.

Les membres du collectif Héro-ïnes95 appellent à une réelle campagne massive: « Tant que les femmes, jeunes filles, ados, minorités de genre, personne en situation de handicap, ne peuvent pas sortir librement dans la rue, cela veut dire qu’elles ne sont en sécurité nulle part » déplore Eina. L’acceptation et la légitimation de ces comportements sont les premiers maillons d’une chaîne de violences menant aux féminicides estime la militante. D’où l’importance de cette campagne.

Les militants LREM, en campagne pour les élections régionales, ont voulu envoyer un signal au collectif. Ce samedi 5 juin,  Laurent Saint-Martin, député du Val-de-Marne et candidat LREM à la présidence de la région Île-de-France,  Nathalie Elimas, secrétaire d’Etat chargée de l’Education prioritaire et conseillère régionale et Guillaume Vuilletet, Député du Val d’Oise ont invité les membres du collectif à rencontrer l’association de lutte contre les violences conjugales, Mon Âme Sœur, dans leurs locaux à Eaubonne.  La députée du Val d’Oise LREM Naïma Moutchou les accompagnait. Et les membres du collectif n’ont pas fini d’interpeller les pouvoirs publics pour les pousser à agir. 

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