Il n’y a pas d’âge pour minimiser un crime

par Arnaud Bihel

« Crime passionnel », « meurtrier par dépit amoureux »… l’histoire de « Papy Marcel » est, une fois encore, celle de l’immunité amoureuse dans la presse.


Son surnom est « Papy Marcel ». C’est gentil, un papy. Il était prolétaire, elle était grande bourgeoise. Elle l’avait éconduit. Comme à l’accoutumée, les articles qui relatent le crime commis par un homme de 90 ans sur une femme de 82 ne s’attardent pas beaucoup sur la violence de l’acte ou la furie du criminel ; ils évoquent juste quelques traces de coup et de strangulation. Et préfèrent s’attarder sur le passé méritant de « Papy Marcel » un homme sans histoire, normal en somme. Qui a assassiné froidement une femme parce qu’il s’était senti « humilié ».

« Crime passionnel » ici, « meurtrier par dépit amoureux » là, .  Ou encore « Il a tué par dépit amoureux » là… Une fois encore resurgissent ces expressions qui viennent banaliser les violences. Comme le souligne Natacha Henry, « ces titres sont la plaie des violences conjugales (…). Ils sous-entendent, comme souvent le contenu des articles, la culpabilité de l’amour, et par conséquent, de la femme concernée ». Quand cessera donc « l’immunité amoureuse » dans la presse ?

 

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1 commenter

09 Aziza 28 mai 2014 - 16:22

Quand cessera ce traitement de faits criminels? quand les femmes cesseront d’acheter cette presse! Quand elles l’inonderont de lettres ou de mails de protestation; quand des femmes médecins légistes(il y en a) décriront l’état d’un corps d’une personne morte par strangulation, etc…

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