Accueil International Interdiction de conduire pour les Saoudiennes, gouffre financier pour le Royaume

Interdiction de conduire pour les Saoudiennes, gouffre financier pour le Royaume

par Marina Fabre
Manal al-Sharif, menacée de poursuites pour avoir pris de le volant, capture d’écran Youtube

Manal al-Sharif, menacée de poursuites pour avoir pris le volant, capture d’écran Youtube

L’Arabie saoudite dépense près de 4 milliards de dollars pour permettre aux femmes, interdites de conduire, de se déplacer. Malgré des annonces pour une plus grande part de femmes actives, rien ne va changer.


 

3,7 milliards de dollars. C’est ce que coûte à l’Arabie saoudite l’interdiction faites aux femmes de conduire. De fait, un véritable marché autour des chauffeurs – la plupart immigrés – s’est développé dans le pays, note le site Vocativ repéré par Slate. Coût du permis de conduire, formation des chauffeurs, assurances voiture et maladie, logements de fonction, salaires, nourriture… un chroniqueur du journal local Al-Riyadh a évalué les dépenses effectuées par les Saoudiens pour que 50% de sa population puisse se déplacer : 3,7 milliards de dollars, calcule Rashid Mohammed Al-Fawzan.

Un véritable gouffre financier assumé par les habitants du royaume, alors même que le vice-prince héritier Mohammed Ben Salmane présentait la semaine dernière son plan de transformation de l’économie saoudienne « Vision à l’horizon 2030 ». Plan dans lequel il est prévu d’augmenter la part de femmes dans la population active en passant de 22% à 30% d’ici 2030. Le but étant de réduire de 4 points le chômage et d’arriver donc en dessous de la barre des 10%.  

Une plus grande participation des femmes à la vie active pourra-t-elle mener à la levée de l’interdiction de conduire ? C’est ce qu’on aurait pu croire lorsque Mohammed Ben Salmane déclarait le 25 avril : « La religion n’a pas grand-chose à voir là-dedans. Le fait que les femmes conduisent un véhicule est une question qui se rapporte à la communauté toute entière. C’est elle qui doit décider si elle accepte cela ou non. » Ce n’est donc pas au gouvernement de décider, mais à la société, estime le vice-prince héritier. Mais qu’on ne se méprenne pas : « À ce jour, la société n’est pas convaincue. » Si espoir il y avait, il est vite dissipé. 

En 2011, plusieurs militantes avaient lancé une campagne, régulièrement renouvelée depuis, appelant les autorités saoudiennes à mettre un terme à cette ségrégation. Parmi elles Mana Al-Sharif, menacée de poursuites pour avoir pris le volant. Cette femme de 32 ans, consultante en sécurité informatique avait été « accusée d’inciter sur internet les femmes à conduire ».

 

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