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En Irlande, un référendum sur le droit à l’avortement avant l’été

par Arnaud Bihel
avortement irlande
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Manifestation pour le droit à l’avortement, le 17 novembre 2012 à Dublin, après la mort de Savita Halappanavar, qui a relancé le débat sur l’IVG dans le pays. Par William Murphy from Dublin, Ireland [CC BY-SA 2.0], via Wikimedia Commons

Faut-il supprimer le 8ème amendement de la Constitution irlandaise, qui interdit l’accès à l’avortement en Irlande ? La question sera – enfin – soumise à référendum, fin mai ou début juin.


 

L’année 2018 pourrait bien être celle du droit à l’avortement en Irlande. Le Premier ministre Leo Varadkar a rendu officielle la procédure, lundi 29 janvier : le peuple irlandais sera appelé à se prononcer par référendum sur la suppression du 8ème amendement de la Constitution, qui depuis 1983 érige en principe le « droit à la vie de l’enfant à naître ». Et qui fait de la législation irlandaise en matière d’avortement l’une des plus restrictives au monde.

Ce référendum devrait se tenir fin mai ou début juin. « La question doit impliquer un Oui ou un Non : allons-nous réformer notre législation sur l’avortement, ou la laissons-nous en l’état ? », a indiqué le Premier ministre, en prenant lui-même position : « Pour ma part, je ferai campagne pour le vote Oui. Ma position a évolué avec le temps ».

 

Un Oui à la suppression du 8ème amendement serait l’aboutissement d’une série de petits pas ces dernières années. En avril 2017, une commission citoyenne s’était prononcée à une large majorité pour une révision du 8ème amendement.

Plusieurs instances internationales ont régulièrement appelé l’État irlandais à ouvrir le droit à l’avortement. En décembre 2016, sous la pression du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, le gouvernement avait indemnisé une citoyenne qui avait dû se rendre à l’étranger pour avorter d’un fœtus sans chance de survie.

« Nous savons que des milliers d’Irlandaises, de tous les comtés du pays, se rendent chaque année à l’étranger pour avorter. Nous savons que de nombreuses femmes obtiennent des pilules abortives pour mettre fin à leur grossesse sans soutien médical, sans conseil ni suivi. L’avortement existe donc déjà en Irlande, mais il n’est ni sûr, ni réglementé, ni légal », a souligné Léo Vardkar.

Lire aussi : Deux Irlandaises live-tweetent leur parcours pour avorter

Pratiquer une IVG en Irlande reste aujourd’hui passible d’une peine allant jusqu’à 14 ans de prison, et n’est autorisé que dans un cas bien précis : quand il existe un « risque réel et considérable » pour la vie de la femme enceinte. Une petite brèche ouverte en 2013, suite au scandale provoqué par le décès de Savita Halappanavar, morte de septicémie après une fausse couche car on lui avait refusé une IVG (Voir : IVG en Irlande : avancée et déception).

Les associations irlandaises qui composent la Abortion Rights Campaign, Campagne pour le droit à l’avortement, saluent cette annonce qui répond à leurs demandes insistantes depuis des années. La proposition du gouvernement indique « une direction claire pour assurer un accès réaliste à l’avortement ». Elles assurent toutefois qu’elle resteront vigilantes « sur les termes de la question du référendum et de la future législation ».

Si le Oui l’emporte, il reviendra en effet au Parlement de voter les termes du droit à l’IVG. Le gouvernement doit encore finaliser le projet de loi, mais l’idée est qu’elle soit légale jusqu’à 12 semaines de grossesse.

 

 

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