Accueil Sport #IsitBecauseImAGirl, les sportives se rebellent outre-Manche

#IsitBecauseImAGirl, les sportives se rebellent outre-Manche

par Rebecca Wolozinsky

En Grande Bretagne confinée, les futures footballeuses professionnelles ne peuvent plus s’entraîner, contrairement aux garçons. Les dégâts de la crise sanitaire sur les sportives sont immenses.

Début novembre, après que le gouvernement britannique a décidé un nouveau confinement pour lutter contre le Covid-19, les restrictions et les exceptions aux règles ont provoqué de nouvelles discriminations.

Le gouvernement a accordé des dérogations spéciales au « sport d’élite ». Mais, si les six premiers niveaux du football masculin ont pu continuer à s’entraîner et à participer à des compétitions, seules les deux premières ligues de football féminin ont pu en faire autant.

La fédération de football d’Angleterre, a décidé que le tournoi de la F.A. Cup masculine ne s’arrêterait pas. Mais elle a reporté la F.A. Cup féminine jusqu’à la levée du confinement national au début du mois de décembre. Les garçons de plus de 80 académies de clubs de la Ligue anglaise de football et de la Premiere Ligue pouvaient continuer dans le cadre de protocoles « élite ». Mais la F.A. a décidé que les académies de filles étaient « non élite » et devaient suspendre toute activité pendant toute la durée du confinement.

Cette décision a ensuite été rejetée mais seules quelques académies de filles ont pu rouvrir. Car après s’être heurtées à ce classement arbitraire elles ont été pénalisées par le manque de ressource pour respecter le protocole « élite ».  Un protocole qui nécessite une évaluation des risques approfondie et un personnel médical suffisant pour superviser les nombreux tests. Le coût de ce protocole est dissuasif pour des équipes féminines disposant de budgets bien moindres que le foot masculin. 

Le hashtag #IsItBecauseImAGirl a émergé sur les réseaux sociaux pour s’insurger contre les règles différentes pour les équipes féminines et les équipes masculines. Une pétition réclamant « juste la même chose pour les filles et les garçons » a atteint plus de 21 000 signatures en quelques jours. Philip Gill, un entraineur d’équipe féminine et père de trois filles, à l’origine de cette pétition, a déclaré au sujet de la décision de la F.A. qu’elle « donne l’impression que si vous êtes une fille, vous êtes moins importante. Je ne veux pas que mes enfants grandissent en voyant cela. »

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Au-delà du foot, la crise sanitaire pourrait avoir des effets désastreux sur la pratique du sport par les filles. Dans un article du New York Times, la maîtresse de conférences en sociologie du sport à l’université Nottingham Trent, Ali Bowes a déclaré que « le confinement a définitivement ancré l’idée que le sport féminin n’est pas au même niveau que le sport masculin en termes d’opportunités, d’accès et de financement ».

Outre les questions d’argent, une étude de Sport England sur l’impact du premier confinement a révélé que les femmes avaient vu leurs responsabilités de soins aux autres alourdies, étaient devenues plus anxieuses à l’idée de quitter la maison pour faire de l’exercice, et donc plus touchées par la réduction des activités de groupe. Les gymnases, piscines, studios de danse et autres installations sportives ayant eu l’ordre de fermer leurs portes, de nombreuses femmes ont renoncé à rester actives cet hiver en raison de l’insécurité liée à la pratique d’exercices en plein air dans l’obscurité.

Des recherches menées par England Athletics montrent qu’un tiers des femmes ont été harcelées alors qu’elles couraient seules, et que beaucoup se sentent plus en sécurité lorsqu’elles courent en groupe. La marathonienne Rini Jones explique qu’ « il y a un manque inexcusable de compréhension aux plus hauts niveaux de décision de ce qu’est la réalité des femmes, et pour les femmes de couleur et les femmes marginalisées, c’est encore pire. »

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