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IVG, loi égalité : ne pas se tromper d’histoire

par Arnaud Bihel
SimoneVeil

Simone Veil devant l’Assemblée nationale le 26 novembre 1974. Image : INA.fr

Lors du vote de la loi égalité, les amendements contre l’IVG ont été repoussés mais certains discours, en niant l’âpreté des combats passés, risquent d’endormir les générations futures.


 

Les députés ont adopté mercredi 21 janvier la suppression des mots qui lient le recours à l’IVG à une situation de détresse. Selon l’article L2212-1 du Code de la santé publique, ce ne sera plus quand « son état [la] place dans une situation de détresse » mais quand elle « ne veut pas poursuivre une grossesse » qu’une femme « peut demander à un médecin l’interruption de sa grossesse ».

Il s’agissait là d’un des éléments du projet de loi pour l’égalité entre les hommes et les femmes les plus médiatisés ces derniers jours. Une mesure pourtant prévue dès le mois de décembre, quand elle avait été adoptée par la commission des Lois de l’Assemblée nationale, à la demande du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Les voix des UMP Nicole Ameline et Françoise Guégot

Les arguments pour supprimer cette notion de détresse ne manquaient pas. Arguments pragmatiques : Axelle Lemaire, la députée qui défendait l’amendement, rappelait qu’« aujourd’hui, quelque 35% des femmes en France recourent à l’IVG au moins une fois dans leur vie », leur contraception n’ayant pas fonctionné. Arguments idéologiques : « Dénier aux femmes la capacité de décider serait un recul juridique et une défaite de la pensée », résumait Nicole Ameline, députée UMP et ancienne ministre de la Parité.

Comme elle, la députée UMP Françoise Guégot a vigoureusement défendu la suppression de la notion de détresse. « Je dis très amicalement aux collègues de mon groupe que je suis députée depuis 2007 et qu’il me semble que nous avons, à de nombreuses reprises, procédé à des toilettages de textes et que la loi Veil, qui date de 1975, c’est-à-dire bientôt quarante ans, a d’ailleurs elle-même été toilettée, y compris sur les délais. Il n’y a donc rien d’extraordinaire à vouloir faire quelques corrections… », lançait Françoise Guégot.

Christian Jacob réécrit l’Histoire

Une adresse aux « collègues de son groupe » car beaucoup d’entre eux refusaient de toucher à la notion de détresse, au nom de « l’équilibre » de la loi Veil de 1975. Leur chef de file Christian Jacob s’est même lancé dans une réécriture de l’histoire, estimant qu’il n’y avait pas à retoucher ce que Simone Veil avait voulu et que la droite devait être remerciée pour avoir permis l’avortement. Faux : l’idée de détresse est une concession que Simone Veil a dû faire pour que la loi soit votée. Les attaques qu’elle a subies lors des débats à l’époque, dans son propre camp, furent odieuses (elle le rappelait encore 20 ans plus tard), son état d’épuisement lorsque la loi fut votée sont restés dans les mémoires.

Réécrire l’histoire en niant l’âpreté des combats, faire passer chaque conquête des droits des femmes pour une victoire sans péril sert à endormir les générations suivantes.

En réalité, la suppression de la notion de détresse ne fait que poursuivre « un long travail de consolidation de ce qui ne fut qu’amorcé en 1975 », un travail auquel la droite n’a pas vraiment contribué, souligne Sylvain Bourmeau dans Libération,

On n’ose imaginer la teneur des débats si Najat Vallaud-Belkacem n’avait pas rejeté, en novembre, deux autres recommandations du Haut Conseil à l’Egalité : supprimer le délai de réflexion de 7 jours et supprimer du Code de la santé publique la mention de la « clause de conscience » spécifique à l’IVG. La ministre invoquait alors précisément « l’équilibre » de la loi Veil et disait sa crainte de « crispations »…

7 députés pour le déremboursement

Si les échanges ont été à ce point tendus, c’est parce qu’une partie de l’UMP entendait conserver la notion de détresse, mais aussi parce que certains avaient même proposé un amendement visant à dérembourser l’acte (Voir : Ces députés qui s’attaquent à l’IVG). Une petite partie de l’UMP, puisque les signataires de cet amendement controversé n’étaient qu’une quinzaine. Et en séance ils n’ont même été que 7 à le voter1.

Pour sa part la députée FN Marion Maréchal Le Pen, si elle s’est abstenue, n’a pas manqué d’évoquer « l’existence de formes d’IVG que certains médecins appellent de confort » ; une rhétorique fallacieuse, déjà employée lors de la campagne présidentielle de 2012 par le FN, qui envisageait le déremboursement de l’IVG (Voir : IVG : les mots et les non-dits de la campagne).

En octobre 2012, son remboursement à 100% (contre 70 ou 80% auparavant) avait été voté par les députés dans une certaine indifférence. Seuls 6 députés UMP s’y étaient opposés – pas les mêmes que ceux qui se sont prononcés cette fois pour le déremboursement (Voir : IVG, contraception : pas si évident)

« Rééducation » : Zemmour, grand timonier du Figaro

Le contexte extérieur à l’hémicycle a évidemment joué un rôle dans la dramatisation du sujet. Le contexte espagnol, d’abord, Madrid ayant récemment décidé de restreindre l’accès à l’IVG, et le débat s’est étendu à l’Union europénne. Cette situation se doublant des revendications des anti-IVG français qui manifestaient le 19 janvier, comme chaque année à cette même période. Comme à l’occasion du mariage pour tous, les députés les plus traditionalistes ont donc choisi de s’aligner sur la rue… et sur Le Figaro qui n’a pas manqué de souffler sur les braises. Le quotidien est en effet vent debout, depuis des mois, contre nombre de notions relatives à l’égalité entre les femmes et les hommes (Voir par exemple : L’éducation à l’égalité hérisse Le Figaro).

« Voilà que les écologistes partisans de la ‘théorie du genre’ veulent supprimer la notion de ‘bon père de famille’ du droit français » s’offusquait ainsi le journal, voyant dans la loi une nouvelle menace pour les familles. Ne lui en déplaise, la suppression de cette notion obsolète a bel et bien été votée, elle aussi, par les députés ce 21 janvier.

Dans son éditorial, le directeur adjoint de la rédaction du journal, Yves Thréard, en rajoute une couche, voyant dans la loi pour l’égalité une entreprise diabolique de « rééducation des mentalités ». Rien de nouveau sous le soleil de la rhétorique : c’était déjà l’antienne d’Eric Zemmour il y a plus d’un an, un argumentaire que le même réchauffait le 21 janvier sur RTL.

 


1 Les UMP Nicolas Dhuicq, Philippe Gosselin, Marc Le Fur, Yannick Moreau, Jean-Frédéric Poisson et Claudine Schmid et le non-inscrit (d’extrême-droite) Jacques Bompard. Voir le détail du scrutin.

 

Image : INA.fr. Simone Veil devant l’Assemblée nationale le 26 novembre 1974.

 

20 commentaires

Prune 22 janvier 2014 - 17:33

Alors, résumons, la « gauche » est majoritaire et elle fait une politique économique de droite.
QUI PLUS EST, elle ne fait pas non plus une politique sociétale de gauche ! La clause de conscience, je vais l’utiliser pour m’abstenir de voter pour le PS pour le restant de ma vie d’électrice.
Ce sale parti de vendus.

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taranis 22 janvier 2014 - 18:10

En soutenant la posture considérant qu’il y aurait banalisation de l’IVG, l’UMP adopte pour le moins une lecture infantilisante et méprisante de la décision des femmes ayant recours à l’IVG. La notion obsolète de détresse n’a pas empêché les femmes d’avorter, mais elle constitue bien une limitation dont un gouvernement mal intentionné pourrait s’emparer ; elle suggère que les femmes devraient se justifier alors qu’elles seules sont en mesure de savoir si elles veulent ou non, mener la grossesse à terme. Nos forces réactionnaires ne s’y sont pas trompées et sur leur élan, elles ont réactivé leurs réseaux, de députés UMP à l’extrême droite, en passant par les intégristes religieux. Tous, fébriles rien qu’à l’idée de battre à nouveau le pavé, sortir leurs tenues et slogans si grotesques et se confronter à nouveau au gouvernement. L’amendement PS au projet de loi à l’égalité femmes – hommes a été adopté à l’Assemblée Nationale Ce n’est pas nouveau, dans un contexte de crise économique ce sont toujours les femmes et les minorités qui trinquent. Les forces réactionnaires sont prévisibles, elles veillent au grain et à la moindre occasion se mobilisent pour restreindre les droits et les libertés de celles et ceux qui remettent en question les systèmes d’oppression La remise en cause de l’IVG libre et gratuit, ce n’est jamais que le patriarcat qui nous rappelle combien il tient à ses privilèges, combien les femmes sont encore et toujours menacées, pas encore des individus ni citoyennes à part entière. Pour moi les réactionnaires ne sont pas du côté du cœur

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Wanda 23 janvier 2014 - 07:26

Tout cela ne fait que confirmer que chaque liberté, chaque droit en faveur des femmes se conquiert dans la combativité, sans aucune évidence ni facilité, que ces droits et ces libertés gagnés pas à pas sont fragiles et en permanence menacés par certains qui considèrent comme normal que les femmes soient soumises et dépendantes de la bonne volonté des hommes.

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MarcNadue 23 janvier 2014 - 08:04

« Prune »
Alors, résumons, la « gauche » est majoritaire et elle fait une politique économique de droite.

@Prune Oui enfin il ne s’agit pas de la gauche, là, hein. N’oublions pas que c’est le PS qui est au pouvoir, et que le mot socialiste a bien été dénaturé.
Et je ne pense pas qu’on puisse nier l’engagement féministe de Najat Vallaud Belkacem

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taranis 23 janvier 2014 - 09:47

L object1f est le recul des inégalités femmes‐hommes: Le changement de majorité a soulevé un immense espoir en matière de droits des femmes.Conformément à la revendication des associations féministes françaises, notamment dans le cadre des Féministes En Mouvement, François Hollande a tenu sa promesse de créer un ministère des Droits des femmes qui est une institution indispensable à l’amélioration de la condition des filles et des femmes. Ce ministère a permis des avancées réelles, parmi lesquelles une loi plus efficiente sur le harcèlement sexuel, une convention pour l’égalité à l’école, la nomination de hauts fonctionnaires dédiés à l’égalité, la formation des ministres sur les questions de genre, des sanctions à l’encontre des entreprises qui ne respectent pas l’égalité professionnelle, une politique internationale plus ambitieuse pour défendre les droits des femmes à la Commission du statut des femmes de l’ONU, un comité interministériel pour l’égalité femmes-­hommes, le remboursement de l’IVG à 100% et celui de la contraception pour les mineures, des places d’hébergement d’urgence destinées aux femmes victimes de violences, une loi-­cadre droits des femmes renforçant la parité, et, dernièrement, la promulgation de la loi sur le mariage pourtoutes.et aujourd’hui l’IVG est affirmé comme un droit dont le femmes sont seules juges et le délit d’entrave renforcé

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IVG, le leurre 23 janvier 2014 - 09:47

IL est exact que la notion de « détresse » a été une concession tactique de Simone Veil.
Il est vrai aussi que contrôler le corps des femmes est un vieux rêve millénaire,et qu’il est bon de rappeler que non, ce n’est plus possible ici. MAIS nous devons être lucides: ce n’est pas parce que l’IVG est libre et remboursée que l’égalité homme/ femme avance forcément. Pour avoir effectue nombre d’entretiens d’IVG, je peux dire que la majorité des femmes SONT effectivement en état de détresse. Pourquoi ? parce que dans la majorité des cas aussi, la décision de ne pas avoir cet enfant est à l’origine celle du père potentiel: soit il est parti à l’annonce de la grossesse- c’est un traumatisme-, soit il dit qu’il ne veut pas d’enfant(il aurait pu y penser avant, et acheter des préservatifs) Allez sur les sites internet, vous verrez les récits de quantité de femmes soumises, qui ont « obei » à leur compagnon qui ne veut pas d’enfant, même hors délais, même dans des conditions dramatiques. C’est cela AUSSI qu’il faut changer, car l’égalité , nous en sommes loin….

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taranis 23 janvier 2014 - 09:49

Un gouvernement dit de gauche constitue, de tout temps, un véritable défi pour le mouvement social. Mais la gauche au pouvoir reste une opportunité que nous devons transformer en réalisations concrètes pour les droits des femmes… Nous constatons une radicalisation des mouvements réactionnaires, parfois violents, à l’opposé des valeurs humanistes de tolérance, de liberté et de progrès social Le débat sur le mariage pour toutes et des « provie » maintenant a banalisé des discours extrêmement conservateurs, parfois proches de l’extrême droite. L’alliance des droites dans le combat patriarcal est emblématique: À chaque fois que le pouvoir poli1que est influencé ou se confond avec le pouvoir religieux, il en résulte des reculs pour les droits des femmes (refus du droit à disposer de son corps, sacralisa1on de la maternité, contrôle de la sexualité, restric1on des libertés, interdits ves1mentaires, etc.) et le main1en des femmes dans une posi1on inférieure à celle des hommes. Cela étant, le ministère joue un rôle dans l’impulsion des législations et son maintien est essentiel tant que l’égalité n’est pas acquise. Plus qu’un symbole, c’est un instrument clé de la construction de l’égalité femmes-­hommes. Alors je préfère m’adresser à ceux qui m’écoutent

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Aziza 23 janvier 2014 - 09:53

@taranis: ce qu’il faut, ce n’est pas obligatoirement des places en foyer pour les femmes victimes de violence: vous estimez normal que ce soit la victime qui parte, les enfants qui soient déscolarisés; toute une famille erre lamentablement pendant que l’agresseur est tranquille chez lui ??? Voyons, c’est absurde!La loi prévoit que l’expulsion du conjoint violent soit possible)il suffit d’un référé; mais elle n’est pas appliquée, et mal connue. Le coût psychologique et social de ces placements , d’ailleurs problématiques, est immense.

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Lili 23 janvier 2014 - 09:59

« IVG, le leurre »
IL est exact que la notion de « détresse » a été une concession tactique de Simone Veil.
Il est vrai aussi que contrôler le corps des femmes est un vieux rêve millénaire,et qu’il est bon de rappeler que non, ce n’est plus possible ici. MAIS nous devons être lucides: ce n’est pas parce que l’IVG est libre et remboursée que l’égalité homme/ femme avance forcément. Pour avoir effectue nombre d’entretiens d’IVG, je peux dire que la majorité des femmes SONT effectivement en état de détresse. Pourquoi ? parce que dans la majorité des cas aussi, la décision de ne pas avoir cet enfant est à l’origine celle du père potentiel: soit il est parti à l’annonce de la grossesse- c’est un traumatisme-, soit il dit qu’il ne veut pas d’enfant(il aurait pu y penser avant, et acheter des préservatifs) Allez sur les sites internet, vous verrez les récits de quantité de femmes soumises, qui ont « obei » à leur compagnon qui ne veut pas d’enfant, même hors délais, même dans des conditions dramatiques. C’est cela AUSSI qu’il faut changer, car l’égalité , nous en sommes loin….

Merci pour votre témoignage. L’éducation à la responsabilité de chacun et notamment des hommes reste un combat à mener.
J’ajoute qu’on se trouve aujourd’hui dans une situation très paradoxale où l’IVG est mieux remboursée que la contraception, dont le préservatif fait partie. Evidemment cela peut se comprendre vu que les montants en jeu sont très différents mais j’espère tout de même qu’à terme cela va changer et que la contraception sera intégralement remboursée, ne serait-ce que par cohérence, et aussi pour toutes les personnes qui vivent dans la pauvreté et qui comptent chaque sou au jour le jour…

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JM:o 23 janvier 2014 - 10:09

Sujet traité en dessins satiriques sur LE BLOG DE JM:o
http://actuendessin.over-blog.com/

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taranis 23 janvier 2014 - 12:37

Dans les violences, il s’agit d’un rapport de domination et de prise de pouvoir de l’auteur sur la victime. Par ses propos et comportements, l’auteur veut contrôler et détruire sa partenaire. Ces violences créent un climat de peur et de tension permanent. Les conséquences pour la victime sont désastreuses : peur, culpabilité, perte de l’estime de soi et d’autonomie, isolement, stress. Le juge aux affaires familiales, saisi par la personne en danger, peut certes délivrer en urgence une ORDONNANCE DE PROTECTION, mais encore faut il le savoir et donc surmonter ce que je viens de décrire ,après il faut aussi le vouloir , car les femmes ont une résilience extraordinaire et n’oublions pas que l’agresseur n’est pas un inconnu mais celui qui partage votre vie et peut être le père de vos enfants .Si dans un premier temps elle ne souhaite pas déposer plainte, la victime peut faire une simple déclaration sur un registre de main courante (police) ou par un procès verbal de renseignement judiciaire (gendarmerie). Cette déclaration constitue une trace écrite qui pourra être utilisée ultérieurement dans une procédure devant la Justice. La victime peut alors quitter volontairement le domicile commun et empêcher que ce départ ne lui soit reproché. La villa que j’occupe sert souvent de refuge , il y beaucoup de mouvements ,d’aller et de retour. Les vies sentimentales ne sont pas un long fleuve tranquille et une éducation mal ficelée n’y aide pas…

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taranis 23 janvier 2014 - 12:53

Ne caricaturons pas l’avortement aux seules femmes et filles vulnérables car si vous sous-entendez que les femmes pourraient avorter seulement par inconséquence, je demande si vous savez que 50 % des femmes qui avortent utilisaient un moyen de contraception au moment où elles sont tombées enceintes. Elles avaient donc un comportement responsable, avaient une contraception prescrite, et elles sont malgré tout tombées enceintes. Ainsi, 23 % d’entre elles étaient sous pilule. Il s’agit donc d’échecs de la contraception. Il faut savoir qu’en France, la prescription de la contraception est très stéréotypée – préservatif au début, puis pilule, et puis stérilet quand on a eu ses enfants et passé quarante ans – et souvent inadaptée aux femmes. C’est pourquoi elles tombent enceintes alors même qu’elles sont suivies et utilisent un moyen de contraception. Le nombre de grossesses non prévues diminue en France très régulièrement depuis 1975 – du fait d’un meilleur accès à la contraception. En revanche, en cas de grossesse non prévue, le nombre de recours à l’interruption volontaire de grossesse augmente parce que les modes de vie ont changé, que les femmes travaillent, qu’elles font des études plus longues, et qu’on est passé de la maternité subie à la maternité choisie. Tout ce phénomène est extrêmement construit : il ne s’agit pas de l’inconséquence des femmes, mais de leur droit à choisir le moment de leur maternité, et même du droit des couples puisque, très souvent effectivement les hommes sont également d’accord. Et en cas de désaccord inverse n’oublions pas qu’obliger une femme a interrompre sa grossesse est un délit .Arrêtons surtout de culpabiliser les jeunes femmes ou ados qu’elle que soit leur décision se sera la leur, l’entourage, les médecins, les conseillers se doivent de les aider en exposant sans préjugés philosophique ou religieux mais délivrer les bonnes informations utiles à sa prise de décision en dehors de toute contrainte

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Aziza 23 janvier 2014 - 16:49

@taranis: je sais ce que vous expliquez: je suis travailleur social! Mais j’ai vu d’autres fonctionnements dans d’autres pays. Les femmes y sont tout autant sous emprise et aussi stressées. Mais le seul fait de savoir que si vous cognez sur votre partenaire, c’est VOUS qui allez dégager, cela change la donne, et aussi la position des femmes. Les travailleurs sociaux canadiens rigolent: en France, c’est l’agresseur qui « reste tranquille , chez lui, avec de la bière, devant la télé »; pendant que femme et enfants courent dans la nuit après un foyer disponible. Cela fait 30 ans que l’expulsion du conjoint violent est demandée, mais hélas, cela ne semble pas rentrer dans la « culture » française du traitement de ces problématiques!

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Aziza 23 janvier 2014 - 16:58

Avorter parce qu’un conjoint vous le demande n’est pas de l’inconséquence! Il s’agit d’autre chose. Je sais fort bien que la plus part des IVG sont le résultat d’accidents de contraception. Mais quand un tel accident se produit, il existe deux attitudes: dire « ce n’était pas le moment, mais j’accepte » parce qu’on sent qu’on accepte cet enfant malgré tout; ou un rejet et une impossibilité totale. Or, parmi celles qui se sentent personnellement dans la première catégorie, beaucoup se résolvent à l’IVG sur pressions diverses du compagnon, qui lui, est dans le rejet. Un tel rejet est très douloureux pour la femme, il se double souvent de chantage: si tu n’avortes pas, je m’en vais.Etre féministe ne signifie pas se mettre la tête sous le sable devant cela. Il n’y a pas des pressions acceptables et d’autres non. Et je suis de l’avis de LIli, le remboursement intégral de la contraception devrait être une priorité.

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taranis 24 janvier 2014 - 08:19

Devenir père, c’est dans la quasi-totalité des cas un grand bonheur. Sauf quand on n’a pas voulu d’enfants, quand on est devenu papa à l’insu de son plein gré. Une « paternité imposée » désigne les cas de paternités non désirées, parfois subitement révélées, des mois ou des années après la naissance de l’enfant, par SMS, appel téléphonique ou une simple assignation en justice. Ces pères, piégés, se retrouvent alors confrontés à l’autorité judiciaire qui refuse de leur reconnaître la liberté de choisir d’être père ou non. Ce sujet, au cœur de la question de l’égalité hommes-femmes, des décennies après les combats féministes consacrés par les lois sur la contraception et l’avortement, conduit à une question encore taboue dans notre société : un homme est-il obligé de reconnaître un enfant qu’il n’a pas désiré ? La loi doit-elle évoluer au nom de l’égalité hommes-femmes ? Au moment où un homme prend connaissance d’une grossesse dont il ne souhaite pas assumer les conséquences, il devrait pouvoir faire appel à cette procédure qui le protégerait d’un recours, aussi bien de la femme que de l’enfant. Il deviendrait ainsi «géniteur sous X», laissant à la femme la responsabilité de mettre au monde l’enfant qu’elle aurait pu effectivement avorter. Après tout, les donneurs de sperme doivent consentir à l’usage procréatif de leur semence. Ceux qui la transmettent par voie sexuelle ne sont-ils pas fondés à penser qu’une femme se l’approprie d’une manière illégitime lorsqu’elle l’utilise pour faire naître un enfant alors qu’ils ne voulaient pas la lui transmettre dans un but reproductif ? Dans ces conditions, le géniteur ne serait-il pas en droit d’exiger qu’elle avorte ? Devenir père demeure l’une des plus belles et des plus importantes aventures qu’un homme puisse vivre sur cette terre. Un papa partage avec nous sa plus belle histoire : comment il est vraiment devenu père, mais comme nous il a le droit de décider

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taranis 24 janvier 2014 - 09:17

[quote name= »Aziza »]@taranis:
Désolée de vous solliciter à nouveau Aziza : Je sais que je ne suis qu’une amateure pas très légitime de surcroit, et que j’ai surement été bien dressée Mais si la confrontation des situations d’urgence, induites et exigées par la société actuelle, avec l’institution judiciaire s’avère inévitable. L’urgence est indispensable mais parfois extrêmement compliquée lorsqu’elle est excessive et non encadrée, risquant alors de léser l’individu. Rompre n’est pas chose évidente. Globalement, il s’agit de se poser des questions suivantes : quels sont les éléments qui amènent la violence dans un couple, quels sont les éléments déclencheurs qui poussent ces femmes à rompre avec la violence ? À travers ces questions, il s’agit essentiellement d’appréhender les mécanismes de la violence conjugale et de mieux cerner les raisons qui incitent ces femmes violentées à rompre avec le cercle du mal. J’en reviens donc à la source, et si l’origine réelle des violences est souvent confondue avec les facteurs qui y sont associés tels que l’alcool ou le manque de communication. Bien que ces facteurs puissent favoriser l’expression de la violence et qu’ils soient présents dans plusieurs situations, la violence conjugale trouve sa véritable source dans les rapports de domination et d’inégalité entre les deux sexes. L’aide sociale peut leur apporter une réponse, ceci en gardant à l’esprit la dimension éthique du respect de la vie privée et de la déontologie (non-assistance à personne en danger). Cela nécessite également un travail de compréhension de soi et de l’autre. La prise en charge des violences conjugales n’est possible que si on envisage de prendre en compte l’homme violent, afin de rompre la violence.

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Lili 24 janvier 2014 - 15:15

« taranis »
un homme est-il obligé de reconnaître un enfant qu’il n’a pas désiré ? Au moment où un homme prend connaissance d’une grossesse dont il ne souhaite pas assumer les conséquences, il devrait pouvoir faire appel à cette procédure qui le protégerait d’un recours, aussi bien de la femme que de l’enfant. Il deviendrait ainsi «géniteur sous X», laissant à la femme la responsabilité de mettre au monde l’enfant qu’elle aurait pu effectivement avorter.

C’est en effet tabou, mais bizarrement j’aurais plutôt privilégié une procédure de reconnaissance systématique plutôt qu’une procédure de refus de paternité. Et uniquement pour les conjoints non-mariés (à voir pour les pacsés, pas trop d’idée là-dessus). Mais sans doute avez vous raison, une procédure de refus est plus logique. En tout cas oui de la même manière que les femmes doivent avoir le choix, les hommes aussi.
Concernant le mariage, je considère que puisque le mariage implique la présomption de paternité et l’obligation d’accueil de l’enfant par le mari, le « père » a dit oui par avance. S’il n’a pas confiance, ou pas envie, il n’est pas obligé de se marier, et s’il est forcé, le divorce existe (c’est sans doute ce qui arrive actuellement). Il me semble logique que dans une société de liberté, les couples puissent choisir entre divers degrés d’engagement, ce qui suppose aussi l’existence de formule d’engagement contraignant.

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09 Aziza 28 janvier 2014 - 14:33

Aucun géniteur ne peut exiger d’une femme qu’elle avorte , car son corps est à elle. Que le corps des femmes leur appartient n’est pas à géométrie variable. On ne peut exiger d’une femme, ni qu’elle porte un enfant si elle s’en sent incapable, ni qu’elle avorte si elle ne le veut pas!! Pauvres pères, pauvres chéris!
Quand les femmes cesseront elles de faire les nounous attentives de ces messieurs et de leurs états d’âme ? Un homme qui ne veut pas d’enfant achète des préservatifs. Tout acte sexuel avec une femme en âge de procréer et non protégé comporte ce risque. L’assumer s’appelle la responsabilité….

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zoa 16 juin 2015 - 14:58

« 09 Aziza »
Aucun géniteur ne peut exiger d’une femme qu’elle avorte , car son corps est à elle. Que le corps des femmes leur appartient n’est pas à géométrie variable. On ne peut exiger d’une femme, ni qu’elle porte un enfant si elle s’en sent incapable, ni qu’elle avorte si elle ne le veut pas!! Pauvres pères, pauvres chéris!
Quand les femmes cesseront elles de faire les nounous attentives de ces messieurs et de leurs états d’âme ? Un homme qui ne veut pas d’enfant achète des préservatifs. Tout acte sexuel avec une femme en âge de procréer et non protégé comporte ce risque. L’assumer s’appelle la responsabilité….

Personne ne peut exiger qu’une femme avorte.. mais personne ne peut obliger quelqu’un d’assumer un gosse qu’il n’a pas choisi d’avoir. On parle d’égalité homme femme, alors il doit y avoir une égalité des choix aussi !
… Pauvre féministe

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zoa 16 juin 2015 - 15:00

Les méthodes de contraception sont pas efficace à 100%.. même un préservatif peut lacher.. alors merci bien !

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