Accueil CultureCinéma Ixcanul : la jeune fille et le volcan

Ixcanul : la jeune fille et le volcan

par Valérie Ganne

Naître femme, pauvre, et tenter d’échapper à son sort est une histoire vieille comme le monde. Qui a inspiré à Jayro Bustamante, jeune réalisateur du Guatémala, un très beau premier film, mi-documentaire mi-fiction.


Si vous voulez aller (retourner ?) au cinéma, vous avez l’embarras du choix : voyager au siècle dernier au cœur de la mobilisation des anglaises des Sufragettes, rire gras avec Crazy Amy, réalisé par Judd Apatow mais écrit et joué par Amy Schumer, américaine blonde ronde aux blagues trash. Ou découvrir son pendant français, Karin Viard dans 21 nuits avec Pattie, en belle fille du Sud égrillarde adorant raconter ses performances sexuelles à une Isabelle Carré complètement dépassée.

D’accord, le film que Les Nouvelles NEWS ont envie de défendre cette semaine n’est pas une comédie, mais c’est une belle découverte, celle d’un pays et d’un cinéaste.

Ixcanul

Premier film d’un jeune homme, Ixcanul a une jeune fille pour héroïne : Maria, paysanne maya qui travaille avec ses parents dans une plantation de café entourée de volcans au Guatemala. Ixcanul signifie « la force du volcan » en cakchiquel, on apprend cela et aussi que c’est l’une des vingt-deux langues mayas.

Le récit s’ouvre et se ferme sur le visage de Maria tandis qu’on la prépare pour la marier. Entre les deux, on découvre son décor sans hypocrisie : le culte animiste du volcan, la nature magnifique et violente, le quasi-esclavage et l’alcoolisme des villageois, les mariages forcés et l’appel de la ville. Maria ne veut pas de cette vie mais la petite société locale saura la ramener à son rôle et nous ne serons pas à l’abri de tristes surprises.

 

Derrière ce film délicat et rude à la fois, se cache Jayro Buscamante un jeune réalisateur qui a grandi au Guatemala, élevé par une mère médecin et militante, venue soigner les paysans dans ces lieux reculés. On n’a pas tous les jours l’occasion de découvrir des images de ce pays rare au cinéma et un nouveau cinéaste doté d’autant de talent. Plaisir rare.

 

Ixcanul (Le Volcan), de Jayro Bustamante (Guatemala, 1h30), avec María Mercedes Coroy, María Telón, Manuel Antún, produit par La casa de Producción, distribué par Arp Sélection, Ours d’argent Berlin 2015, sortie le 25 novembre 2015.

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

1 commenter

Valérie Ganne 25 novembre 2015 - 11:45

Je n’avais pas remarqué la coïncidence, mais Ixcanul sort le jour « anniversaire » contre les violences faites aux femmes !

Répondre

Laisser un commentaire