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Jeu vidéo : des Saoudiennes plus féministes que Mad Max

par Arnaud Bihel
SaudiGirlRevolution

Trailer du jeu Saudi Girls Revolution, capture d’écran YouTube

Si le film Mad Max : Fury Road comporte des personnages féminins forts, ce n’est pas le cas du jeu vidéo qui lui sera bientôt associé. Alors que, dans le même univers, un jeu vidéo saoudien va mettre en scène des femmes révoltées sur de grosses motos.


 

Il aura été difficile, ces deux dernières semaines, d’ignorer l’existence du film Mad Max : Fury Road. Mais aussi de passer à côté d’un qualificatif qui lui a été associé, unanimement ou presque : « féministe ». L‘auteure Eve Ensler a d’ailleurs conseillé le réalisateur George Miller, et souligne le rôle central du personnage de Furiosa, incarnée par Charlize Theron. Eve Ensler l’analysait ainsi début mai : le scénario de Mad Max est celui d’une « rébellion féminine contre le patriarcat ».

Mais en passant du grand au petit écran, ne restent que le bruit et la fureur du film, ses voitures, ses armes… et ses hommes. Pas de guerrière dans le jeu vidéo, librement inspiré du film, en préparation par les studio Warner Bros. Interactiv. Il doit sortir en septembre, et aucun personnage féminin fort n’y apparaît, relève Sam Machkovech sur le site ArsTechnica.

Certes, le processus de création du jeu vidéo est déconnecté de celui du film. Ses concepteurs n’ont pas pu s’appuyer sur le scénario, explique Sam Machkovech. Mais « on ne peut que regretter cette occasion manquée, le fait que le jeu n’incorpore pas ces guerrières ‘badass’ du film, qui en auraient sans doute fait un jeu encore plus intéressant ».

Un exemple de plus du sexisme latent dans la conception des jeux vidéo (Voir par exemple : Trop de travail pour animer un personnage féminin ?)… un univers où, ironie, ce sont des Saoudiennes qui viennent aujourd’hui donner la leçon.

« Faire prendre conscience aux joueuses, dans le monde arabe et au-delà, qu’elles peuvent être les protagonistes de leur propre histoire »

Un monde post-apocalyptique, où l’eau est une denrée rare et le patriarcat implacable, c’est l’univers de Mad Max, mais c’est aussi celui d’un autre jeu vidéo qui doit voir le jour avant la fin de l’année : Saudi Girls Revolution (SGR).

La « révolution des Saoudiennes ». Ce jeu vidéo pour mobiles – accompagné d’une série animée – est développé par la société NA3M (New Arab Media), fondée par un prince saoudien. Son scénario ? Un groupe de Saoudiennes ‘badass’, sur de grosses motos, se rebelle contre un « empire arabe » patriarcal et corrompu.

En présentant le jeu sur son site, NA3M se défend de porter un message « politique ». Et, bien que les personnages conduisent des motos, ne remet pas directement en cause le fait que l’Arabie saoudite est le seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire, un droit pour lesquels des militantes sont régulièrement emprisonnées.

Pour autant, l’entreprise souligne bien que son ambition est de « remettre en cause les conventions », de « faire prendre conscience aux joueuses, dans le monde arabe et au-delà, qu’elles peuvent être les protagonistes de leur propre histoire », et se dit persuadée que l’industrie du jeu vidéo a le pouvoir de « changer la société ». Par les personnages qu’elle met en scène, mais aussi au sein de l’industrie elle-même : NA3M assure vouloir donner toute leur place aux femmes au sein de ses équipes de développement.

NA3M a été fondée par un des très nombreux membres de la famille royale saoudienne, le Prince Fahad Al Saud. Mais elle n’est pas implantée directement dans le pays. Ses bureaux se trouvent à Amman (Jordanie) et Copenhague (Danemark).

 

https://www.youtube.com/watch?t=14&v=6I989PFzCKA

 

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