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L’argent public pour le PSG fait débat

par Arnaud Bihel

Remous autour des 450 000 euros accordés par la ville de Paris à la Fondation Paris Saint-Germain. Avec notamment la question des filles au cœur du débat.


 

Depuis que l’argent du Qatar y coule à flots, la ville de Paris a cessé de subventionner le club de football du Paris Saint-Germain (PSG). Mais elle subventionne encore la Fondation Paris Saint-Germain (qui œuvre sur le terrain de l’action sociale), et compte même quasiment tripler l’argent public qui lui est consacré.

L’an dernier, la subvention s’élevait à 170 000 euros. Le Conseil de Paris propose de la passer à 450 000 euros. Un choix « indécent », a aussitôt dénoncé le groupe EELV, soulignant que « le PSG déclare pour cette saison un budget annuel de 400 millions d’euros. Il a donc très largement les moyens de débourser 450 000 euros par an (0,1% de son budget !) pour financer ses actions sociales, plutôt que d’en confier la responsabilité aux Parisiennes et aux Parisiens. »

D’autant que l’argent public consacré au sport bénéficie très largement aux hommes, comme nous le soulignions récemment (Voir : Pas d’argent public pour les sportives… ou si peu).

Des programmes pour les filles, surtout théoriques

L’un des grands projets de la Fondation (auquel doivent contribuer une grande partie de la subvention, 120 000 euros) est la construction d’un city-stade à l’est de Paris, qui servira à des activités sportives mais aussi du soutien scolaire et des activités éducatives. Mais quel accès pour les filles ? La question se pose car à ce jour les city-stades sont utilisés exclusivement par des garçons.

La Fondation met justement en avant son engagement en faveur des filles. Et notamment son dispositif « Allez les filles », qui « consiste à proposer aux jeunes filles concernées des entraînements au football couplés à diverses animations, sorties et visites à caractère sportif ou culturel. ». Mais il faut surtout, pour le moment se contenter d’une promesse : celle d’étendre le dispositif « à l’avenir à d’autres collèges parisiens ». Car l’an dernier seules 20 élèves d’un collège ont profité de ce programme.

Mis en avant également, le fait que la Fondation a fait bénéficier à des enfants de trois stages de football durant les dernières vacances d’été, et que l’un de ces stages était « réservé aux filles ». Sauf qu’au total sur les 300 enfants ont bénéficié de ces « vacances de rêve », ont ne compte parmi eux que ces 20 filles.

Et les joueuses du PSG au Parc des Princes ?

Plus globalement, la Fondation « se propose d’encourager la pratique du football féminin à Paris et dans la région parisienne en prenant appui sur les très bons résultats de l’équipe féminine du PSG qui est vice-championne de France 2013. » De quoi donner à l’opposition un argument en or pour critiquer cette subvention (ce qui ne l’a pas empêché de la voter). « Nous aimerions bien voir un jour l’équipe féminine du PSG jouer un match, un match, au parc des Princes. Ce serait la moindre des choses. Je ne comprends pas cette discrimination », lançait l’UMP David Alphand, pour qui « la ville n’a jamais eu le courage d’inciter le PSG à aller plus avant dans la promotion du foot au féminin à Paris ».

L’adjoint aux sports (PCF) Jean Vuillermoz l’assure : « Nous nous battons et nous continueront à nous battre pour que l’équipe féminine du PSG joue un match, ou des matchs, au parc des Princes ». Cela arrivera, assure l’élu, qui renvoie le problème au manque de public : « Jouer un match dans un stade de 40 000 places devant 500 personnes, on ne peut pas dire que ce soit très attrayant ». Mais cela fait au moins deux ans que la question fait débat, et que les réticences de la direction du club sont évoquées (Voir : Parc des Princes réservé aux hommes). Et, même si le public est effectivement moins fourni, cela fait bien plus de deux ans que les championnes de France, les joueuses de l’Olympique Lyonnais, jouent dans le même stade que l’équipe masculine.

 

 

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