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L’Espagne enterre la réforme de l’avortement

par Arnaud Bihel

Après deux ans d’atermoiements et de contestation, le Premier ministre confirme le retrait du projet de loi régressif. Le ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardón, initiateur du texte, démissionne.


 

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a annoncé, mardi 23 septembre, le retrait du projet de loi sur l’avortement. Ce qui confirme l’information publiée 10 jours plus tôt par le journal El Mundo (et relayée alors par Les Nouvelles NEWS). Le ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardón, initiateur du texte, a démissionné peu après cette annonce.

Le projet de loi, annoncé depuis plus de deux ans, visait à restreindre fortement les conditions d’accès à l’IVG, la réservant aux cas de viol et de « risque durable ou permanent » pour la santé physique ou psychique de la mère, certifié par deux psychiatres.

Autorisation parentale pour les mineures

En juillet dernier, encore, le gouvernement assurait que le texte serait voté par le Parlement avant la fin de l’année. L’opposition d’une majorité des Espagnols à cette réforme régressive, et les tiraillements au sein même du Parti Populaire au pouvoir, en auront finalement eu raison.

Son retrait est « la décision la plus sensée », a estimé Mariano Rajoy. Qui précise toutefois : « Nous allons continuer à étudier des formules permettant de parvenir à un meilleur accord sur la réforme. » Et pour ne pas donner l’impression de capituler totalement, le Premier ministre entend toutefois modifier avant la fin de l’année l’un des points de la loi de 2010 qui avait enfin libéralisé l’avortement en Espagne : les mineures, de 16 à 18 ans, ne pourront avoir recours à l’IVG sans autorisation parentale.

 

3 commentaires

taranis 24 septembre 2014 - 13:14

Voilà l’Espagne qui revient dans le 21ème Siècle pour que chaque femme, chaque jeune fille ait le droit d’avoir ou non des enfants, sans risquer sa propre vie …Repoussés encore pour cette fois les groupes intégristes catholiques qui multiplient les provocations, psalmodient des slogans trompeurs, et exhibent des affiches d’une rare violence à l’encontre des femmes Cette idéologie ne respecte ni les libertés individuelles ni les libertés collectives, c’est celle qui veut contrôler nos vies et décider de nos choix. L’expérience montre en effet qu’une religion peut reconnaître certains droits dont elle estime être à l’origine, tout en en rejetant d’autres, en se référant à ce qu’elle appelle la «loi de Dieu». Pourtant, le monopole religieux et moyenâgeux s’est fait remplacer depuis des siècles par le pouvoir politique et les gouvernements élus, eux-mêmes contraints par les déclarations des droits de l’Homme. La contraception et surtout l’avortement sont au fondement de la liberté des femmes et de leur émancipation. Le droit à l’avortement, décisif, n’est pourtant pas en vigueur dans tous les pays de l’Union européenne, car les droits sexuels et reproductifs restent une priorité des Etats au titre des politiques de santé. Pour en finir avec l’obscurantisme, le droit à l’avortement doit être inscrit dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Comment en effet parler de « droits fondamentaux » quand un droit essentiel à la liberté, à l’autonomie et à l’émancipation des femmes n’y figure pas. Faudrait-il donc que les femmes, leur corps et leur sexualité restent toujours sous contrôle, car c’est bien de cela qu’il s’agit alors que l’UE prétend être à la pointe du progrès des droits et des libertés

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cdelphy 25 septembre 2014 - 16:10

Oui, entièrement d’accord. La Convention européenne de défense des droits humains ne devrait pas avoir un trou par lequel passe le contrôle étatique des femmes. IL faut faire campagne là-dessus. Mais, je vais en choquer plus d’une, ce droit de faire ce qu’on veut tant que cela ne porte préjudice à personne, sauf à des coutumes locales–comme l’aversion au foulard–ou universelles, comme la haine des femmes, devrait s’appliquer à la façon de se vêtir et donc empêcher qu’un Etat, comme l’Etat français, interdise certains vêtements parce qu’ils ne sont pas dans sa culture « nationale » : mais qui la définit ? Et la culture peut-elle s’opposer aux droits internationaux ?

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taranis 26 septembre 2014 - 11:22

La religion qui n’est qu’un dogme ne peut imposer aucun droit détourné qui serait contraire à celui de l’égalité des genres Libres à certaines de s’y soumettre mais il n’y a pas de liberté dans des règles qui ont été introduites au monde par les hommes sans l’avis des femmes .La résistance aux traditions et al’objectivation des femmes a son sens pour toutes celles qui veulent vivre pour elles même. Par ailleurs l’obsession des uns de nous voiler n’a d’égale que l’obsession des autres de nous dénuder. Ces deux obsessions ne sont que deux formes symétriques de la même négation des femmes : l’une veut que les femmes attisent le désir des hommes tout le temps, tandis que l’autre leur interdit de le provoquer. Mais dans les deux cas le référent par rapport auquel les femmes doivent penser et agir leur corps reste le désir des hommes. Ce que le foulard dévoile, c’est que le corps des femmes, dans cette ère prétendument libérée, n’est toujours pas un corps à soi — un corps pour soi. Quant au voile intégral il n’est que de l’inspiration des intégristes et ne correspond à aucune spiritualité islamique. Dieu n’a jamais dit aux femmes comment s’habiller. Mais il vrai aussi que je fais plus confiance aux féministes musulmanes qui ont le droit à une religion égalitaire qu’a la répression de la loi laïque D’ailleurs cela ne concernent que quelques provocatrices qui sont bien contentes d’être sous la loi française pour ne pas être prisonnières de leurs idéologie…

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