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La FIFA dit oui aux têtes couvertes

par Arnaud Bihel

iranJOJLa FIFA autorise définitivement le port du « couvre chef » pour les footballeurs et footballeuses. A l’origine, une requête de l’Iran pour que ses joueuses puissent participer, voilées, à des compétitions internationales.


 

Nouvel épisode dans le débat sur le port du voile sur les terrains de sport. Le bureau de la Fédération internationale de football (FIFA) a entériné samedi 1er mars l’autorisation pour les joueurs et les joueuses de porter « des couvre-chefs ». Ce choix avait déjà été fait, provisoirement, il y a deux ans. Il est désormais définitif.

La FIFA insiste sur le fait que cette autorisation concerne autant les hommes que les femmes, en mettant en avant la requête, en 2013, de joueurs sikhs de la fédération canadienne. Et le couvre chef devra répondre à des critères techniques, qui le font davantage ressembler à un bonnet qu’à un voile islamique1.

Islam et laïcité

Mais à l’origine de cette décision, c’est bien essentiellement la question du port du voile par les joueuses qui était en débat. Lors de la première décision, en 2012, il s’agissait pour la FIFA de trouver un compromis avec l’Iran pour que les joueuses iraniennes puissent participer à des compétitions internationales (Voir : La FIFA tendre avec le voile). Des associations féministes s’étaient alors élevées contre cette permission « d’exporter un modèle politico-religieux ».

En conférence de presse, le 1er mars, le secrétaire général de la FIFA a d’ailleurs reconnu qu’il s’agissait avant tout de répondre à la demande de pays islamiques et de développer la pratique du football féminin dans ces pays.

La Fédération française de football (FFF) a tenu pour sa part à indiquer dans un communiqué qu’elle « maintient l’interdiction du port de tous signes religieux ou confessionnels » au nom de « son souci de respecter les principes constitutionnels et législatifs de laïcité ».

Au judo aussi

La question du voile s’était également invitée dans un autre sport aux Jeux Olympiques de Londres en 2012. La Fédération internationale de judo avait revu ses règles pour permettre à une judokate de participer avec la tête couverte.

Des associations rappelaient alors que l’autorisation du voile contrevient à l’esprit olympique, en ne respectant pas la neutralité du sport.

 

Photo : SPH-SYOGOC/Eddie Chen. Le 24 août 2010, match des JO de la jeunesse entre la Turquie et l’Iran (3-0)

 

 


 

1 Il devra :
• être de la même couleur que le maillot
• être en accord avec l’apparence professionnelle de l’équipement du joueur
• ne pas être attaché au maillot
• ne pas constituer de danger ni pour le joueur qui le porte ni pour autrui (notamment le système d’ouverture/fermeture autour du cou)

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2 commentaires

09 Aziza 4 mars 2014 - 10:01

ce qui est important, c’est que ces femmes puissent jouer! et qu’elles ne soient pas exclues de l’espace sportif et olympique pour leur appartenance à une république islamique! mais quand va t on cesser de se préoccuper de ce que les femmes portent ou ne portent pas pour se concentrer sur leurs performances, leur intelligence?
les » féministes » bobos qui protestent seraient bien incapables de l’énergie et du courage des femmes voilées qui manifestent en Egypte, se battent en Syrie, luttent pour la démocratie en Tunisie.
A part cela, c’est absurde, parce que ces sportives n’ont pas le choix….

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taranis 5 mars 2014 - 10:08

Pour mettre fin aux violences et à la répression en Iran il faudrait que toutes les féministes soient solidaires du mouvement des femmes en Iran , mouvement populaire pour la citoyenneté démocratique qui revendique le « Changement pour la liberté et l’égalité ». » Certes H R W et Amnesty ont condamné toute interdiction qui viole les droits de celles qui choisissent de porter le voile, et ne fait rien pour aider celles qui sont forcées de le porter. Mais jusqu’à ce jour, ni l’une, ni l’autre de ces organisations n’a réagit à l’application de plus en plus stricte du voile obligatoire par l’Iran, qui se traduit par une répression accrue contre les femmes. Le droit d’une femme vis à vis du voile comporte et la liberté de se voiler et celle de ne pas se voiler. En prenant le pouvoir les dirigeants islamistes de l’Iran ont immédiatement imposé l’obligation de porter le voile. Pendant ces décennies, ils ont, à cet égard, ont continué de violer les droits de toutes les femmes non musulmanes et non religieuses. Continuellement, le gouvernement iranien initie des nouveaux cycles de répression contre les femmes, que ce soit au travail, à l’université, dans les écoles, les stades ou d’autres lieux publics. Il est temps que les organisations internationales expriment clairement leur position sur l’usage accru de la force par le gouvernement iranien, en matière de politique d’habillement des femmes. Considérant l’obligation de se voiler que subissent des millions d’Iraniennes et la répression continue qui s’exerce sur elles, celles ci ont droit de savoir pourquoi leur réalité n’est pas considérée comme digne d’être traitée en haute priorité. Menacer d’exclure de la FIFA l Iran si cet État ne se conformait aux règles internationales ne paraissait plus « olympique » peut être alors que les « hommes sains de corps et d’esprit » auraient réagis sur l’évidence de la neutralité du sport

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