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La mâle assurance à la baguette

par vincimoz

Sur France Musique, le directeur du Conservatoire National Supérieur de Paris explique à sa façon le si faible nombre de femmes chef d’orchestre. Un rail de stéréotypes.


 

L’assurance et le dédain sont perceptibles dans sa voix et dans les mots qu’il emploie. Même si Bruno Mantovani, directeur du Conservatoire National Supérieur de Paris, se dit seulement « un tout petit peu dérangé » par « tous les discours sur la parité », sur France Musique il expédie le sujet en quelques phrases définitives, comparant ce qui n’a pas à être comparé.

Il y a peu de femmes chefs d’orchestre ? Réponse du maestro : « Il y a peu d’Africains chef d’orchestre. » Comme le rappelle France Musique, « la programmation féminine dans le secteur musical est de 10% environ, tous postes confondus »… pourtant « les conservatoires sont composés à 50% au moins de femmes. »

Incapables

Mais c’est normal pour Bruno Mantovani. Si elles ne prennent pas la baguette selon lui, c’est parce qu’elles ne veulent pas ou ne sont pas capables : « Il y a des niveaux, des concours et des ambitions qui peuvent être différents ».

Et, si on le suit bien, ces différences sont liées au sexe. « Le métier de directeur d’orchestre est compliqué. » Faut-il comprendre que les femmes sont trop bêtes pour l’exercer ? Il décrète qu’elles «ne sont pas intéressées »… Un peu comme les directeurs des Echos qui semblaient penser que les femmes n’étaient pas intéressées par des postes de chef jusqu’elles fassent une grève des signatures relayée par la presse ?

SAV Maternité

Et bien sûr, ce sont des pondeuses qui posent le « problème de maternité ». Une maternité qui, non seulement interrompt les carrières, mais exige un « service après vente » que, concède-t-il, les hommes pourraient assurer. Mais ce n’est pas pareil, une femme c’est tellement mieux…

A quoi s’ajoute un paternalisme bien huilé : « Le métier de chef est particulièrement éprouvant ». Et les femmes n’aiment pas les épreuves ? Pour lui, c’est sûr : « les femmes sont découragées par l’aspect physique : diriger, prendre un avion, diriger, prendre un autre avion ». Quel rude métier.

 

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9 commentaires

Philippe Grau 8 octobre 2013 - 09:37

On pourrait demander la démission de ce triste personnage et le remplacer par une femme ?

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De Profundis 8 octobre 2013 - 13:01

« Philippe Grau »
On pourrait demander la démission de ce triste personnage et le remplacer par une femme ?

ouiiiiiiiiiiiiii

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pas surprenant 8 octobre 2013 - 17:48

pas surprenant dans une structure qui refuse par ailleurs les candidats handicapés ( non-voyants)

Institution scérosée…

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chabian 8 octobre 2013 - 19:17

Un chef, cela doit surtout donner le rythme (la mesure, et le reste : intensité, émotion, respect des solistes) et avoir de l’oreille. Se faire respecter avec confiance (!) par ses musiciens, en les respectant et les amenant à se surpasser.
Pour cela faire, une immense culture musicale est un plus.
Aucune de ces vertus n’est spécifiquement masculine.
Dans un vestiaire de sport, les entraineurs féminines ont leur place pour… les équipes féminines.
Dans la musique, sur quel muscle fonder la prééminence masculine ?
Pour touiller le foyer, le tisonnier est souvent aux mains des femmes

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liselei 8 octobre 2013 - 19:26

Pour entrer au CNSM, il y a des discriminations en fonction de l’âge (en fonction des instruments il faut avoir entre moins de 21 et 28 ans), du sexe (en chant, les femmes doivent avoir moins de 26 ans, alors que pour les hommes c’est moins de 28 ans), et les handicapés n’ont aucune chance… Le système musical français est sclérosé (c’est bien le terme) par ces discriminations et le manque d’emplois, les talents préfèrent étudier et trouver du travail en Allemagne, en Angleterre, ou dans les pays nordiques…

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cih 8 octobre 2013 - 20:06

« Pour lui, c’est sûr : « les femmes sont découragées par l’aspect physique : diriger, prendre un avion, diriger, prendre un autre avion ». Quel rude métier. »
Ah ah! J’ai failli me pisser dessus de rire! Depuis quand ces deux activités sont-elles des activités physiquement dures(surtout quand on y est en tant que passager)? Porter des personnes malades ou ayant un handicap toute la journée comme peuvent le faire les employées dans le secteur des service à la personne, c’est difficile physiquement, mais diriger et prendre l’avion ^^!

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Lène 8 octobre 2013 - 20:23

J’ai eu l’immense honneur de passer quatre dans cette respectable Maison… en effet assez étouffante!
Mais j’aurais du mal à expliquer ce qui rend cette institution particulièrement rigide.

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imeon 9 octobre 2013 - 16:50

on voit bien à quel point racisme et sexisme sont liés..

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Big Jim 10 octobre 2013 - 07:46

Bruno Mantovani n’a dit que la vérité… Désolé… La vérité. C’est triste mais c’est ainsi.

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