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La ruée vers l’or arctique

par Arnaud Bihel

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Les ressources minières et pétrolières au Groenland et dans l’océan arctique suscitent de plus en plus d’appétits. Encore une fois s’opposent logique économique et logique environnementale.


 

 

Il y a quelques jours, la NASA observait un niveau de fonte des glaces record au Groenland. Inquiétant ? Pas pour tout le monde. Car moins l’île est gelée, plus l’exploitation de ses ressources minières est facile. Et selon le journal britannique The Guardian, le vice-président de la commission européenne chargé de l’Industrie, Antonio Tajani, ne cache pas son intérêt pour l’or et autres terres rares contenues dans le sous-sol de l’île. Il évoque la « diplomatie des matières premières » engagée entre l’Union et le gouvernement du Groenland (qui dispose d’une autonomie par rapport au Danemark).
De fait, un premier accord a déjà été signé au mois de juin. « L’intérêt international pour le Groenland s’est fortement accru ces derniers temps, comme le montre le nombre de licences d’exploration accordées par le gouvernement, qui a cru de façon exponentielle », notait alors la Commission européenne qui entend y prendre sa part. Pour l’heure, la part des compagnies minières européennes opérant sur l’île n’est que de 15%.

Greenpeace contre Shell

Le Groenland n’est pas la seule zone de l’Arctique à susciter des appétits grandissants. Selon de récentes estimations officielles états-uniennes, l’océan arctique cacherait plus de 10% des ressources mondiales en pétrole, et plus de 20% des ressources gazières. Et, contrairement à l’Antarctique, les eaux nordiques ne bénéficient d’aucune protection internationale.
C’est ainsi que plusieurs projets de forage d’exploration sont sur le point de voir le jour dans ces eaux polaires. C’est notamment le cas pour la compagnie Shell en Alaska, après le feu vert donné en février par le gouvernement US. Ses projets ont d’ailleurs suscité des manifestations de Greenpeace ces dernières semaines.
L’organisation écologiste a lancé une grande campagne « Sauvez l’Arctique » qui a recueilli en un mois plus d’un million de signatures, et dénonce : « Les compagnies pétrolières cherchent désormais à tirer parti de la fonte des glaces qu’elles ont contribué à aggraver. » L’organisation s’inquiète des risques de catastrophe majeure : « D’après des documents officiels, il serait ‘pratiquement impossible’ de faire face à une marée noire dans les eaux glacées de l’Arctique. »

« Entre apocalypse et avenir radieux »

Dans un article consacré en 2010 à la production d’hydrocarbures dans l’arctique russe, Yvette Vaguet (1) relevait : « on a la quasi-certitude que l’industrie des hydrocarbures s’intensifiera dans la région, dans un contexte de changements environnementaux liés au réchauffement climatique ». Entre les bénéfices économiques, les effets du réchauffement et ceux de l’industrie sur les populations locales, elle concluait : « les futurs possibles de l’Arctique pétrolier russe oscillent entre apocalypse et avenir radieux ».

 

 

Photo : Brume sur l’océan arctique, août 2009. Patrick Kelley, U.S. Coast Guard

 


(1) Yvette Vaguet, Maître de conférences, Département de géographie, UMR IDEES, Université de Rouen. « Russie. Les incertitudes climatiques dans l’Arctique pétrolier », Grande Europe n° 19, avril 2010 – La Documentation française

 


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