Laurent Blanc, la tactique et les jolies femmes

par vincimoz
laurent blanc

Laurent Blanc dans le London Evening Standard

L’entraîneur du PSG prend de haut une journaliste qui lui parle tactique. Il est coutumier des remarques aux « jolies femmes » qui l’interviewent…


 

Laurent Blanc taclé pour sexisme. Un échange révélé mardi 17 décembre par le journaliste Philip O’Connor . montre que l’entraîneur du PSG sort de la même caverne que Bernard Laporte, l’ex-ministre et entraîneur du RC Toulon. Lors d’une interview Laurent Blanc se voyait interrogé par la journaliste suédoise Johanna Frändén, qui suit le club de football parisien pour le quotidien Aftonbladet, sur son organisation tactique – plus précisément son passage en cours de saison du positionnement en 4-4-2 au 4-3-3.

Réponse de Laurent Blanc : « Tiens, des femmes qui parlent de tactique footballistique, c’est si beau. Je trouve ça fantastique ! Vous savez ce qu’est le 4-3-3, n’est-ce pas ? »

« Oui, c’est mon métier », lui répond la journaliste.

Laurent Blanc se défend alors : « Je plaisantais ».

Mise à jour :

Mercredi soir, Johanna Frändén revient sur cet incident et se dit surprise par l’ampleur médiatique qu’il a eu, dans de nombreux titres de presse en France, mais aussi en Grande-Bretagne ou en Italie. La journaliste ne jette pas la pierre à Laurent Blanc. « Mon entretien avec l’entraîneur du PSG est loin d’être l’épisode le plus flagrant ou choquant auquel j’ai été confrontée », écrit-elle. « C’est juste celui qui a connu le plus grand retentissement ». Elle y voit surtout un exemple des « réflexes automatiques du monde du football, où des hommes interrogent des hommes depuis la nuit des temps, et où nous, rares femmes journalistes, sommes encore des éléments exotiques ». Si Johanna Frändén regrette les proportions qu’a pris cette affaire, elle se félicite néanmoins de ce qu’elle ouvre un débat plus général sur le sexisme auquel sont confrontées les femmes journalistes dans le sport de haut niveau.

A noter aussi cette différence entre presse suédoise et française : dans l’interview de Laurent Blanc publiée par Aftonbladet, Johanna Frändén explique qu’elle se déroulait en compagnie d’un confrère du Figaro. Mais ce dernier, dans son article, n’évoque pas sa consoeur : l’entraîneur « se confie au Figaro ». Et sa remarque passe donc à la trappe. Voilà comment l’égoïsme vous fait rater un scoop…

« Vous êtes absolument délicieuse mademoiselle »

Pour autant, ce n’est pas la première fois que Laurent Blanc se distingue sur le créneau du paternalisme lubrique. Début décembre, alors qu’il était interviewé par Malika Ménard (ex-miss France désormais animatrice de l’émission « Paris le Club » sur France 3 Ile-de-France), Laurent Blanc lançait à Zlatan Ibrahimovic qui passait par là en se rendant à une interview pour Al Jazeera : « J’aime mieux parler aux jolies femmes ».

Et sur son blog, Johanna Frändén rapportait cet autre échange, survenu en février 2012 alors que Laurent Blanc était entraîneur de l’équipe de France. Lors d’une conférence de presse avant l’Euro, elle lui demande son avis sur les forces et les faiblesses de l’équipe suédoise. Réponse de Laurent Blanc :

« Vous êtes absolument délicieuse mademoiselle, mais je ne suis pas ici pour parler du match contre la Suède, qui est loin dans le futur, mais du match contre l’Allemagne. Mais je peux me prendre quelques minutes pour parler avec vous en tête à tête après la conférence. »

Ne pas se méprendre : l’entraîneur a effectivement consacré quelques minutes à la journaliste, et à une consoeur suédoise, de manière professionnelle, après la conférence de presse.

Mais sur le coup, cet « absolument délicieuse mademoiselle » l’a interloquée. Tout autant que la réaction de ses confrères, qui s’est résumée à quelques rires gras.

Ce genre de scène est pourtant rare, assurait en conclusion Johanna Frändén : « dans la plupart des cas dans le football international , j’ai été traité sur un pied d’égalité ». Même s’il « arrive que l’entraîneur me donne des explications de niveau scolaire quand je l’interroge sur la tactique », écrivait-elle alors. Laurent Blanc, s’il n’atteint pas les sommets du lyonnais Bernard Lacombe (qui « ne discute pas de football avec des femmes »), a rempli aussi ce contrat…

 

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Prune 2 janvier 2014 - 10:37

Une pensé pour les jolies femmes qui ont baisées un moche, laurent Blanc, mais peut-être se sont elles consolées en se disant que c’était un champion du monde en même temps…

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