Le droit à la robe pourpre pour les femmes ?

par Arnaud Bihel

Matière à débat au Vatican : la théologienne Lucetta Scaraffia estime que le Pape a la possibilité de nommer une femme cardinale et appelle à cette « révolution ».


 

Et si le pape nommait une femme cardinale ? C’est une historienne et théologienne proche du Vatican qui vient d’évoquer cette « hypothèse ». Le Pape François s’est déjà exprimé contre l’ordination de femmes prêtres, mais la robe pourpre est une autre affaire. Les analyses divergent au sein de l’Église, mais selon Lucetta Scaraffia un Pape a la possibilité de nommer cardinal qui il souhaite – pas forcément un évêque, et pas forcément un homme. Ce qui aurait l’avantage d’éviter « l’épineux problème de l’ordination sacerdotale des femmes », écrit-elle dans Il Messagero.

Un tel acte « serait une révolution suffisamment forte pour ébranler la position de méfiance et de désintérêt que la plupart des membres du clergé adoptent contre les femmes, religieuses et laïques », lance cette théologienne qui est aussi éditorialiste à l’Osservatore Romano, le journal officiel du Vatican, dont elle a créée un supplément féminin mensuel.

Et Lucetta Scaraffia de poursuivre : « Aujourd’hui, les femmes refusent d’être représentés par des hommes en toute occasion et demandent, à juste titre, d’être entendues. C’est cela qui manque dans l’Église : une volonté d’écouter les femmes , considérées uniquement comme exécuteurs dociles de directives d’autrui , ou de fournir des services domestiques »

Nommer une femme cardinale, cette proposition n’est pas nouvelle, souligne Lucetta Scaraffia, rappelant qu’elle avait été émise par exemple par l’anthropologue catholique britannique Mary Douglas.

Mais elle prend un nouveau sens aujourd’hui, alors que le Pape François fait preuve – en partie – d’ouverture. Quelques jours plus tôt, dans un entretien à une revue jésuite, il déclarait : « Le génie féminin est nécessaire dans les lieux où se prennent des décisions importantes. Le défi aujourd’hui, c’est de réfléchir sur la place spécifique de la femme justement là où s’exerce l’autorité dans les différentes entités de l’Église. » En juillet, au retour des Journées mondiales de la jeunesse, le Pape avait déclaré qu’on « ne peut pas imaginer une Église sans femmes actives », mais mis son veto à l’ordination de femmes prêtres : « Cette porte est fermée ».

 

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