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Les cancérologues s’attaquent au plafond de verre

par Arnaud Bihel

Dans le milieu de la cancérologie aussi, les femmes peinent à accéder aux postes à responsabilité. La principale organisation du secteur a décidé de s’attaquer au phénomène.


 

Le plafond de verre existe aussi dans la carrière médicale. Et l’ESMO, principale organisation européenne des cancérologues, a décidé de se saisir de cette question. Lors de son congrès annuel, fin septembre, l’ESMO a lancé le programme Women for oncology, destiné à créer un réseau de femmes cancérologues et les aider à accéder aux postes à responsabilité.

En 2013, l’organisation professionnelle, qui revendique 7 000 membres, compte 36% de femmes. Mais elles ne sont plus que 22 % à y occuper des postes à responsabilité.

Le secteur se féminise à grande vitesse (l’ESMO ne comptait encore que 20% de femmes en 2000). Les femmes cancérologues sont donc en moyenne plus jeunes, ce qui justifierait leur moindre accès aux positions stratégiques. Mais cela n’explique pas tout.

Préjugés culturels

Dans la profession, 30% des femmes ont plus de 40 ans. Elles ne sont pourtant que 15%, deux fois moins, à occuper un poste de direction majeur, souligne une étude menée par l’ESMO auprès de 700 professionnelles et publiée lors de son congrès. L’enquête révèle aussi que dans une majorité (58%) des équipes de cancérologues, les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Pourtant, 6 fois sur 10, c’est un homme qui dirige.

A la question : « Quels sont à vos yeux les trois principaux obstacles à la progression de votre carrière », près de 6 répondantes sur 10 citent « les difficultés de conciliation entre travail et famille », et une sur deux le fait que « les hommes sont perçus comme des leaders naturels, et les femmes comme des équipières ou supportrices ». Vient ensuite (à près de 40%) une raison qui rejoint la première : « les préjugés culturels de genre sur les responsabilités familiales et domestiques des femmes ».

« Le fait que nous voyons moins de femmes en position de leadership tient à des raisons culturelles. Il est intéressant de voir si une organisation comme Esmo pourra aider à casser ces stéréotypes », souligne Monica Arnedos, de l’institut de cancérologie Gustave Roussy (Villejuif).

 

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