Accueil Eco & SocialEnvironnement Les Amis de la Terre : les institutions financières internationales financent le CO2

Les Amis de la Terre : les institutions financières internationales financent le CO2

par Arnaud Bihel

Deuxième entretien avec les Amis de la Terre. Cyrielle Den Hartigh expliquait ici la position de l’association contre les mécanismes de flexibilité et de marché du carbone.

L’association insiste aussi pour que les transferts de compétences et le soutien financier aux pays en développement, dans la lutte contre le réchauffement climatique, soient contrôlés par l’ONU, et non par un organisme tel que la Banque mondiale. Une défiance renforcée par la « grande hypocrisie » dont font preuve les institutions financières internationales, qui « financent les changements climatiques » en soutenant les énergies fossiles.

Explications avec Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne « Responsabité des acteurs financiers » chez les Amis de la Terre.

La Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement (BEI) sont les deux principales institutions financières publiques internationales. Elles soutiennent des projets à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an.

Toutes deux vantent leurs efforts en matière de soutien aux énergies renouvelables. Mais, selon une étude rédigée en septembre dernier par les Amis de la Terre, les chiffres démentent les belles paroles. En 2007, les prêts de la Banque mondiale au secteur des énergies renouvelables ne représentent que 16% de ceux accordés aux énergies fossiles.

De même, « ces 5 dernières années, la BEI a investi 4 fois plus d’argent dans les énergies fossiles que dans le solaire, l’éolien et le bois-biomasse réunis. » Celle-ci, bien que peu connue, prête chaque année plus de deux fois plus que la Banque mondiale. Et ses engagements témoignent d’une « addiction au carbone », selon les Amis de la Terre :

 

Les Amis de la Terre appellent les Etats à agir sur les institutions pour changer cette politique ; et insistent sur le rôle de la France, l’un des principaux acteurs de la Banque Mondiale. La France qui tient une position encore plus importante au sein de la BEI. Dans son rapport, l’association place en exergue cette citation de Nicolas Sarkozy, en 2007 : « On ne peut pas dire à la tribune de l’ONU, il faut un développement propre, et continuer à financer un développement qui ne le serait pas ». Eh bien alors, il faut transformer ces paroles en actes, demande Anne-Sophie Simpere :

D’autant que de nombreuses institutions, de l’OCDE au Programme des Nations Unies pour l’environnement, appellent également à la fin des financements publics aux énergies fossiles. Appels toujours sans réponses. Pour les Amis de la Terre, il faut que les négociateurs actent cette décision lors de la conférence de Copenhague : la Banque mondiale et la BEI doivent arrêter de financer les énergies fossiles d’ici 2012.

 

 

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