Les œuvres mâles de la FIAC

par Arnaud Bihel

 

anettemessagerA la Foire internationale d’art contemporain de Paris, les œuvres de femmes restent rares, remarque Le Quotidien de l’Art.

L’activisme des Guerilla Girls a porté ses fruits en Angleterre ou aux États-Unis, mais pas encore en France. A la récente Freize Masters de Londres, 11 des 23 stands étaient dédiés à des artistes femmes, remarquait The Art Newspaper.

En revanche à la FIAC (qui se tient du 24 au 27 octobre au Grand Palais), quelques œuvres de femmes « sont bien disséminées ça et là », comme cette « pièce ‘couillue’ d’Annette Messager présentant un phallus juché dans un escarpin. Mais seuls deux exposants réservent vraiment leurs cimaises à la gent féminine », relève Le Quotidien de l’Art.

Les femmes ont historiquement été confrontées aux barrières posées par les comportements sexistes dans l’art contemporain – un « certain ostracisme aussi bien féminin que masculin », d’ailleurs.

La nouvelle génération semble toutefois sortir de l’ombre. En découvrant ces femmes artistes, « les gens se rendent compte qu’il y a un corpus impressionnant qui a été caché », observe la galeriste Anke Kempkes. « On réintègre désormais les femmes dans la narration officielle », estime pour sa part Camille Morineau, conservateur au Centre Pompidou qui fut la commissaire de l’exposition elles@centrepompidou.

 

Illustration : une oeuvre d’Annette Messager dans le catalogue de la FIAC

 

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11 commentaires

zabou M. 25 octobre 2013 - 11:56

et sinon conservatrice ça ne se dit pas ?

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Natacha Henry 25 octobre 2013 - 14:30

Camille Morineau, conservatrice!!

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florence 25 octobre 2013 - 17:25

Je crois que la bêtise des hommes a atteint de tels sommets pour écraser le génie artistique des femmes depuis tant de siècles, que l’avenir ne peut être que meilleur..

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Lène 26 octobre 2013 - 11:27

« florence »
Je crois que la bêtise des hommes a atteint de tels sommets pour écraser le génie artistique des femmes depuis tant de siècles, que l’avenir ne peut être que meilleur..

Euh… le rapport de force est inégal, mais la bêtise est partagée par les hommes et aussi par les femmes. C’est ça la complexité de l’oppression.

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Prune 28 octobre 2013 - 13:18

« Lène »

Euh… le rapport de force est inégal, mais la bêtise est partagée par les hommes et aussi par les femmes. C’est ça la complexité de l’oppression.

Peut-être à la base, mais un autre aspect de l’oppression est la suffisance satisfaite que l’on retrouve chez les oppresseurs uniquement. Les oppressés ont appris à intégré leur indignité et lorsqu’ils participent de leur oppression, ce n’est pas en surfant sur un ego boursouflé de son importance, coupé de son empathie pour l’autre et dans le but de maintenir l’oppression et les avantages dont ils bénéficient du fait de l’oppression.
Alors oui, la bêtise est également partagée, seulement la laideur morale est grandement favorisée et encouragée par l’exercice du pouvoir et l’abus de ce dernier sur autrui.
Si les hommes sont plus violents que les femmes ce n’est pas par leur nature, mais c’est le résultat de leur socialisation. Et cette socialisation à des conséquences, que l’on le veuille ou pas, et ces conséquences ne sont guère favorables aux hommes (d’un point de vue éthique, car d’un point de vue matériel c’est une autre histoire).

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Lène 28 octobre 2013 - 17:22

« Prune »
(…)
Alors oui, la bêtise est également partagée, seulement la laideur morale est grandement favorisée et encouragée par l’exercice du pouvoir et l’abus de ce dernier sur autrui.
(…)

Je suis entièrement d’accord avec vous. Mais je n’aime pas que la faute soit intégralement rejeté sur les hommes (comme dans le commentaire auquel je répondais). Il y a des phénomènes d’autocensure de la part de l’individu et de la part du groupe féminin que l’on ne doit pas occulter. J’ai des souvenirs très vifs de rappels à la norme du genre lorsque j’étais enfant et adolescente qui m’ont été formulés par des femmes qui ne supportaient pas que j’enfreigne des règles qu’elles-même s’appliquaient à respecter. On voit aussi des femmes qui, une fois au pouvoir, écartent volontairement des femmes de leur entourage. Il faut être conscientes de cela et renforcer notre solidarité.

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Prune 29 octobre 2013 - 11:20

« Lène »
On voit aussi des femmes qui, une fois au pouvoir, écartent volontairement des femmes de leur entourage. Il faut être conscientes de cela et renforcer notre solidarité.

Je vous l’accorde. Je partage d’ailleurs cet avis. Maintenant, j’ai choisi d’essayer dans ma vie de toujours observer le comportement des hommes et de critiquer celui-ci. Je pense que critiquer le comportement des femmes est contre productif (non pas qu’il n’y ai rien à critiquer). Ils nous poussent (les hommes) à nous critiquer entre nous ce qui leur permet d’être tranquille. Une fois que tous les mauvais comportements masculins auront été éradiqués (il est permis de rêver) je m’occuperai de critiquer les mauvais comportements féminins. En attendant, les fautes des femmes me sont indifférentes, non pas que je les approuve, mais je ne m’amuserais pas à les souligner, je vais même dans la mesure du possible, les zapper au maximum.
Voyez, si le monde était égalitaire, ce serait injuste de ne critiquer que les hommes, mais le monde étant misogyne, il me semble normal de rétablir l’équilibre à mon échelle en étant intentionnellement borgne. Je m’évertue à avoir une vision gynocentrée tant que faire se peut et à m’extraire de la boue androcentrée dans laquelle je me noie depuis ma naissance.

😉

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Prune 29 octobre 2013 - 11:28

Sinon l’autocensure n’est que l’intériorisation des interdits. Comme on apprend aux petites filles à se taire, à s’écraser, à laisser la cour d’école aux garçons, à laisser la parole aux garçons, etc. Elles en arrivent à déduire qu’elles ont moins de valeur, et aucune légitimité à donner leur avis. Ce n’est que le résultat d’un dressage de plusieurs années. On appelle cela autocensure, mais c’est quelque chose qui vient de l’extérieur et qui a force de renforcement a été intégré.
Toutes les études montrent que les hommes coupent sans cesse la parole aux femmes (mais pas aux hommes et que les femmes ne coupent pas la parole aux hommes ni aux femmes) et ne les écoutent pas lorsqu’elles persévèrent à essayer de se faire entendre. Ce sont des phénomène de domination active (inconsciente peut-être mais néanmoins active). Parler d’autocensure est encore un retournement de la responsabilité sur les femmes. Ce ne sont jamais les hommes qui nous feraient taire ou nous écraseraient, c’est que nous serions naturellement plus timide, réservée, avec moins la gniaque et que donc on s’autocensurerait… Mes fesses, moi la censure masculine je l’expérimente tout le temps.

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Seb. 29 octobre 2013 - 15:00

Je vous ai répondu

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Prune 29 octobre 2013 - 22:03

« Seb. »
Je vous ai répondu

Ça ne m’intéresse pas.

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florence 30 octobre 2013 - 08:54

« Lène »

« florence »
Je crois que la bêtise des hommes a atteint de tels sommets pour écraser le génie artistique des femmes depuis tant de siècles, que l’avenir ne peut être que meilleur..

Euh… le rapport de force est inégal, mais la bêtise est partagée par les hommes et aussi par les femmes. C’est ça la complexité de l’oppression.

Je parlais de bêtise des hommes dans le contexte de l’art… lorsque j’ai réagi à cet article, je lisais justement la biographie de Berthe Morisot… la manière et la constance avec laquelle les hommes se sont ingénié (oui là il faut du génie !) à nier, écraser, moquer, cette artiste juste parce qu’elle était une femme est sidérante de bêtise.. mais vous avez raison, certaines femmes de l’époque hurlaient avec la meute misogyne..

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