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Les réalisatrices sélectionnées à Cannes

par Valérie Ganne

L’affiche du festival de Cannes rend hommage à Agnès Varda sur le tournage de son premier film en 1954

Thierry Frémaux dit ouvrir « de plus en plus grand ses portes aux réalisatrices ». Pas tout à fait exact. Petit tour d’horizon – partial- des quatorze réalisatrices en lice et de leurs treize films.

C’est une question devenu rituelle, lors de la conférence de presse des films sélectionnés au Festival de Cannes. Combien de femmes réalisatrices ? Jeudi dernier, le directeur délégué du Festival Thierry Frémaux, en présentant  la 72ème édition qui se tiendra du 14 au 25 mai, y a répondu avant même qu’on ne la lui pose : treize… pour l’instant, car sa sélection sera complétée par d’autres films dans les jours qui viennent. Plus précisément, elles sont quatorze cinéastes pour treize films, car l’un d’entre eux – sélectionné à Un certain regard – a été co-réalisé par deux femmes. C’est comparable à 2011.

Tout d’abord, elles sont quatre en compétition officielle pour la Palme d’or et autres prix, bref, le tapis rouge. Deux reviennent sur la Croisette accompagnées de leur actrice fétiche : Céline Sciamma présentera le Portrait de la jeune fille en feu avec Adèle Haenel, comédienne que la cinéaste avait révélée dans Naissance des pieuvres, leur premier film à toutes les deux. Justine Triet a dirigé à nouveau Virginie Efira dans Sybil. Son précédent film, Victoria, les avait mises en lumière en ouverture d’une autre sélection, la Semaine de la critique en 2016. La troisième réalisatrice est autrichienne, elle s’appelle Jessica Hausner, et évoque les manipulations génétiques dans Little Joe. La quatrième mérite une ola d’honneur : la sénégalaise Mati Diop est la seule représentante de l’Afrique dans cette sélection et Atlantique est son premier long métrage, après quelques courts et documentaires très remarqués, qui abordera de front les migrations actuelles.

La section parallèle Un certain regard, le tapis bleu, offre traditionnellement davantage de place aux femmes. Cette année sept films de réalisatrices comptent parmi les seize annoncés pour l’instant : Zabou Breitman et Eléa Gobbé Mévellec ont réalisé ensemble Les Hirondelles de Kaboul d’après le roman de Yasmina Khadra film d’animation notamment sur la condition féminine en Afghanistan. Monia Chokri, comédienne québécoise présentera La Femme de mon frère, son premier film  » très parlant, très bavard » selon Thierry Frémaux (est-ce un compliment ?). L’américaine Danielle Lessovitz racontera une amour transsexuelle new yorkaise dans Port Authority. Bull est le premier film d’Annie Silverstein, dont le film d’école Skunk avait été primé à la Cinéfondation il y a cinq ans. On sait pour l’instant moins de choses sur Papicha de l’algérienne Mounia Meddour et Adam de la marocaine Maryam Touzani, nouvelle génération du cinéma maghrébin. C’est d’ailleurs la libanaise Nadine Labaki (le beau Capharnaum primé l’année dernière) qui préside le jury d’Un certain regard.

Hors compétition, les séances spéciales proposeront Share de Pippa Bianco (déjà projeté à Sundance et elle aussi lauréate de la Cinéfondation) ainsi qu’un documentaire sur la Syrie d’aujourd’hui, For Sama signé par Edward Watts  et Waad Al Kateab, une courageuse journaliste syrienne qui avait déjà signé Lettre d’Alep.

Les sélections de la Quinzaine des réalisateurs et de la semaine de la critique seront annoncées la semaine prochaine.V

Des chiffres et des femmes.
Quatre films sur 19 en compétition, sept sur seize à Un certain regard et zéro parmi les douze derniers (hors compétition, séances de minuit et séances spéciales) : au total, treize films sont réalisés par des femmes sur les 48 annoncés jeudi matin par Thierry Frémaux. Soit une proportion de 27 %. Des statistiques genrées seront données prochainement, comme le précise la charte que Thierry Frémaux a signée avec l’association 50/50 pour 2020 tout comme ses homologues de la Quinzaine des réalisateurs et de la Semaine de la critique. Il sera intéressant de découvrir quelle est la proportion de films de réalisatrices qui ont été présentés aux différents sélectionneurs du festival (aux comités paritaires).  Pour compléter l’équation, sachez qu’avec 25% de femmes parmi les réalisateurs, la France est le pays du monde le moins mal loti en matière de réalisatrices de cinéma !  Et c’est au prix de patientes batailles menées notamment par l’association 50/50 pour 2020. Sur son site, elle rappelle que « la part des réalisatrices sélectionnées en compétition à Cannes n’a jamais dépassé 20 % même si elle augmente ces dernières années.»

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