Accueil International Loi avortement en Espagne : dernière ligne droite ?

Loi avortement en Espagne : dernière ligne droite ?

par Arnaud Bihel

AbortoUltimes tergiversations au gouvernement avant l’adoption du texte restreignant le droit à l’avortement, tandis que les opposants au projet de loi régressif remontent au créneau – sur les écrans et via une « déclaration de Madrid ».


 

Yo decido – Je décide. Les opposant-e-s au projet de loi espagnol qui vise à limiter sévèrement le droit à l’avortement ne désarment pas. Jeudi 10 juillet sera présenté dans des dizaines de villes du pays le documentaire « Yo decido – el tren de la libertad ». Signé par un collectif de réalisatrices, le film retrace la mobilisation militante à l’occasion de la grande manifestation qui s’est déroulée à Madrid, ainsi que dans plusieurs grandes villes d’Europe, comme Paris – le 1er février.

Le texte, qui fait débat depuis des mois, devait être officiellement adopté en Conseil des ministres à la fin du mois de juin. Mais son promoteur, le ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardón, a annoncé des modifications de dernière minute. Sa dernière mouture pourrait être moins restrictive sur les cas de malformation foetale. Le débat semble donc se poursuivre au sein du gouvernement, même si Alberto Ruiz-Gallardón l’a affirmé mercredi 9 juillet : le texte sera adopté en Conseil des ministres et transmis au Parlement avant la fin de ce mois.

Et la lutte continue sur d’autres fronts. Le 4 juillet les pro- et les anti- avaient tous deux rendez-vous à la Chambre des députés espagnole. Un « séminaire international pour le droit à la vie », soutenu par le Parti populaire, au pouvoir, accueillait des « parlementaires et gouvernants » de 16 pays opposés à l’avortement. Tandis qu’une autre salle accueillait les opposants à la réforme. Parlementaires espagnols, représentants de syndicats et d’associations ont signé la « Déclaration de Madrid » pour défendre le doit à l’avortement.

Le gouvernement espagnol maintient son intention de faire voter le texte par le Parlement avant la fin de l’année. Ce qui s’annonce sur le papier comme une formalité, le Parti populaire disposant de la majorité absolue – même si certains de ses membres, comme la porte-parole du parti à la Chambre des députés, se disent opposés à la loi. Cela reste toutefois un risque politique à plus long terme, en vue des élections de l’automne 2015. Une large majorité des espagnols se disent opposés à cette réforme régressive.

 

Laisser un commentaire