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La loi Zimmermann, « un bulldozer qui avance et qui ne s’arrête plus »

par Arnaud Bihel

indicezimmermannAlors que la loi sur la parité dans les conseils d’administration entre pleinement en application, le nouvel Indice Zimmermann vient mesurer la mixité dans les grandes entreprises.

Pour mesurer la mixité dans les entreprises, voici l’Indice Zimmermann. Ce nouvel outil a été dévoilé lundi 30 janvier, six ans après la promulgation de la loi Copé-Zimmermann sur la représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les Conseils d’administration. Cette loi, qui rentre pleinement en vigueur cette année, « est le symbole même du respect que l’on doit avoir de la place des femmes dans la société en général », rappelait la députée (Les Républicains) Marie-Jo Zimmermann, se réjouissant de voir à quel point elle « a pu faire évoluer les mentalités ».

Ce nouvel indice qui lui rend hommage a été imaginé par Ethics & Boards, observatoire international de la Gouvernance des sociétés cotées, et un tout nouvel organisme, l’Institut du Capitalisme Responsable. Il prend en considération trois dimensions : la Mixité du Conseil, la Mixité des instances dirigeantes exécutives, et la représentativité des femmes dans l’entreprise. Un indice parallèle à celui déjà développé par Ethics & Boards pour le palmarès de la féminisation des grandes entreprises.

Dès 2018, il s’appliquera à l’échelle européenne, et Floriane de Saint Pierre, Présidente-Fondatrice d’Ethics & Boards, entend qu’il devienne « le référent international du suivi de la mixité dans les entreprises ». Ce 30 janvier, l’indice Zimmermann a permis de récompenser six françaises « modèles dans leur secteur » : AXA, ENGIE, L’Oréal, Korian, Orange et Technicolor. Tandis que L’Oréal, Engie, Korian et CNP Assurances recevaient des Grands Prix.

Six ans après son adoption, le 27 janvier 2011, c’est cette année que les grandes entreprises françaises devront compter au moins 40% de femmes dans leurs conseils d’administration. Pour les entreprises cotées, la règle sera respectée. Avant le vote de la loi, les CA des entreprises du CAC 40 comptaient 15,3% de femmes, celles du SBF 120, 12,5%. Désormais, elles sont respectivement 40,1% et 38,4% (Voir les graphiques en bas d’article).

« L’entreprise est beaucoup plus disciplinée que les partis politiques »

Les chiffres s’intéressent ici aux grandes entreprises cotées. Mais des dizaines de grandes entreprises non cotées, qui sont également concernées par la loi, sont encore loin du compte.

Voir : Quotas de parité pour 2017 : 400 entreprises très loin du compte

Pas de quoi inquiéter Marie-Jo Zimmermann : « C’est d’abord aux plus grandes d’être exemplaires, et la loi va irriguer l’ensemble du monde de l’entreprise », assure la députée aux Nouvelles NEWS. « Aujourd’hui, même dans les grands groupes familiaux il y a ce travail qui est fait. Progressivement, la loi intègre l’ensemble des entreprises, elle est comme un bulldozer qui avance et qui ne s’arrête plus. »

Un point noir, toutefois, relevé par Caroline de La Marnierre, Directrice Générale et Fondatrice de l’Institut du Capitalisme Responsable : seules 12 entreprises du CAC 40 retiennent un objectif de diversité dans leur rapport annuel, et seules 10 indexent la rémunération de leur dirigeant sur cet objectif. Il reste aussi « d’énormes progrès à faire dans les instances exécutives », comités de direction et comités exécutifs, relève Floriane de Saint Pierre. Certes, depuis 2011, la part des femmes dans les Codir et Comex du CAC 40 a quasiment doublé, passant de 7,5% en 2011 à 14,2% aujourd’hui. Mais cela reste très loin d’une réelle mixité.

Mais, pour Marie-Jo Zimmermann, pas question de légiférer pour appliquer des quotas à ces instances de direction, comme certaines voix le demandent. « Le législateur ne doit pas rentrer dans les Codir et les Comex. Il n’y aura jamais de loi Zimmermann sur ce point », s’est engagée la députée, qui briguera un nouveau mandat cette année.

Aux Nouvelles NEWS, Marie-Jo Zimmermann confie toutefois sa volonté de changer la loi sur un point : il faut à ses yeux réinstaurer le rapport de situation comparée (c’était là un grand débat féministe sur la loi Rebsamen en 2015). Car « si on n’a pas une lisibilité sur les actions qui sont menées, on ne peut pas progresser ».

A propos du législateur, la députée note que désormais « l’entreprise est beaucoup plus disciplinée que les partis politiques ». L’occasion d’adresser une petite pique à sa propre formation, qui n’a investi que 36% de femmes pour les prochaines législatives : « J’espère que les partis vont enfin comprendre que les femmes sont compétentes… et qu’il faut 50% de candidates dès 2017… »

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3 commentaires

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Geneviève Pezeu 31 janvier 2017 - 13:16

Je suis heureusement étonnée de voir la progression de la situation des très grandes entreprises. Je n’y croyais pas beaucoup car depuis l’adoption de la loi je ne percevais pas un telle progression. Cela nous prouve l’importance de légiférer pour faire bouger les lignes de conduites. Le vrai « hic » ce sont ceux (et celles) qui légifèrent et restent incapables de s’appliquer les lois qu’ils votent. Le paysage des candidats politiques (ah si ! il y bien une candidate mais pas du bon coté….) à la présidentielle fait mal aux femmes. Le rapport sur la parité dans le monde politique édité par le HCE est édifiant. Veillons, veillons !!!

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Hélène 1 février 2017 - 10:12

Pour que les choses avancent du coté des politiques, les hommes vont devoir s’effacer pour laisse leur place aux femmes comme on a pu le voir au Canada l’année passée. Il y a encore du chemin avant que les hommes prennent leur responsabilité en ce sens. La route est longue !

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Lénou 1 février 2017 - 10:18

Pour que les choses changent en politique, les hommes vont devoir s’effacer. On a pu le voir au Canada. S’ils se retroussent les manches et soutiennent les femmes, ca peut changer. Pour cela il va falloir prendre un nouveau chemin pour l’homme blanc privilégié. Le route est longue !

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