Accueil Politique La loi sur la prostitution enfin à l’agenda du Sénat

La loi sur la prostitution enfin à l’agenda du Sénat

par Arnaud Bihel

SenatLe texte qui prévoit notamment la pénalisation des clients sera examiné par les sénateurs au début du printemps, près d’un an et demi après son adoption par les députés. L’ambiance du procès du Carlton n’est sans doute pas étrangère à cette décision.


La proposition de loi « renforçant la lutte contre le système prostitutionnel » va enfin être examinée en première lecture au Sénat. Mardi 11 février, la conférence des présidents de la Haute Assemblée, qui fixe l’ordre du jour des débats, a inscrit l’examen du texte pour le lundi 30 et mardi 31 mars. Les députées Catherine Coutelle et Maud Olivier, auteures de cette proposition de loi, expriment dans un communiqué leur « grande satisfaction ».

Car on pouvait croire le texte définitivement enterré. Cela fait plus d’un an que la proposition de loi a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale. C’était le 5 décembre 2013. Début juillet 2014, la commission spéciale du Sénat chargée d’examiner le texte avant son passage en séance bouclait ses travaux. Mais depuis, il avait disparu des écrans radars.

Les pressions extérieures pour que le Sénat l’examine enfin s’étaient accentuées ces derniers jours, dans le sillage du procès du Carlton. Les témoignages d’anciennes prostituées, la façon dont elles étaient qualifiées par les prévenus de « marchandises », « matériel », « cheptel », « cadeaux » ou « dossiers » apporte de l’eau au moulin des partisans de la loi, qui jusque là, avaient souvent l’impression de crier dans le désert.

A l’automne dernier, déjà, des dizaines d’élus, suite à la marche de Rosen Hicher, ancienne prostituée, avaient appelé la conférence des présidents du Sénat à inscrire enfin cette proposition de loi à l’ordre du jour (Voir : Messages au Sénat pour ne pas enterrer la loi sur la prostitution). Sans succès. Le 25 novembre, Pascale Boistard, Secrétaire d’Etat aux droits des femmes, assurait encore que « le Gouvernement serait attentif à l’inscription à l’ordre du jour du Sénat au premier semestre 2015 ».

 Le point le plus polémique du texte de loi, c’est la proposition de pénaliser les clients de prostituées. La commission du Sénat a d’ailleurs retiré ce volet relatif à la « responsabilisation des clients » (Voir : Les clients de prostituées marquent un point au Sénat). Ce qui ne veut pas dire qu’il sera rejeté en séance, mais promet des débats acharnés. Ce n’est là, toutefois, qu’un des volets de la proposition de loi. Le texte prévoit aussi la suppression du délit de racolage, institué en 2003, ainsi qu’un accompagnement des victimes de la traite et des personnes souhaitant sortir de la prostitution.

 

Voir notre DOSSIER- Prostitution… vers l’abolition ?

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4 commentaires

09 Aziza 12 février 2015 - 16:36

Je viens d’apprendre que DSK a des chances d’être relaxé!!!! Il se paye la tête du tribunal: l’écoute de ses messages fait état du terme de « matériel » pour les femmes qu’il a rencontrées. Alors une bonne question: s’il s’agit de « libertinage » qui consent à être du « matériel »? S’il s’agit de « libertinage », qui a envie de manière consentie de coucher avec quelqu’un d’aussi peu séduisant que lui, pour être polie…même à mon âge, il me fait un effet répulsif….La France entière, complice du pouvoir mâle, ne veut pas voir!
Merci aux Femen d’avoir manifesté!

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09 Aziza 12 février 2015 - 18:05

Ah oui, les 3 « Femen » qui s’étaient jetées seins nus devant la voiture de DSK en criant « macs, clients, déclarés coupables », vont être inculpées d’EXHIBITION SEXUELLE! C’est inoui¨. Depuis quand montrer le haut de son corps est il une « exhibition sexuelle »? Peut on perte poursuivie pour cela sur une plage?
Quid du droit de manifester? Tout cela est une terrible violence symbolique….

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flo 12 février 2015 - 19:05

Aussi glauque que cela puisse être, parler de « matériel » en évoquant un être humain n’est pas répréhensible.. Il y a quelques années j’ai eu l’occasion de connaître l’hallucinante situation d’une femme qui acceptait d’être « prêtée » par son compagnon à un autre homme le temps d’un week-end, qui acceptait donc d’être traitée comme un objet, matériel d’une transaction on ne peut plus sordide à mes yeux, mais parfaitement consentie. Le couple en question était « libertin ».. Cette histoire m’a longtemps hantée, surtout après avoir eu connaissance du passé et de l’enfance de cette femme, petite fille maltraitée et niée par son père, sa personnalité construite sur l’idée qu’elle n’était rien, à force qu’on le lui répète… Rien devenue objet, le genre de femme dont raffolent les DSK et autres putassiers de la planète, qui possèdent surtout en matière de charme un flair hors norme pour débusquer les personnes vulnérables, et qui pensent que l’élégance morale n’est qu’une question de costard

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taranis 12 février 2015 - 21:07

Les femmes appelées « du matériel », auxquelles ce monde masculin du pouvoir plein aux as se réfère par le mot « ça »… « Je te mets ça de côté » « ça a 18 ans »…D’autres mots comme: bouquet garni, remonte de cheptel, bouée, roue de secours, matos font partie du vocabulaire des messieurs du Carlton pour désigner les femmes dont ils se servent ; connasse étant du nombre pour désigner celle qui a l’audace de refuser une relation gratuite. Le Nid rapporte meme que M. Kojfer, pourvoyeur de femmes prostituées et qui n’aime pas contrarier ses amis. A la question J’ai un ami qui veut une fille de 17 ans pour la tirer, tu peux trouver ?, il s’empresse de répondre par l’affirmative. Viols, prostitution de mineures, tout est possible dès lors que règnent en maîtres l’argent, le pouvoir, le secret et l’impunité Les comportements décrits montrent t à quel point la prostituée est constituée, aux yeux du « client » comme du proxénète, comme la femme qu’il n’est pas nécessaire de respecter, celle avec qui l’on peut tout se permettre. DSK a maintenu qu’il ne savait pas que les femmes qu’il rencontrait dans les « soirées libertines » dont il était friand, étaient rémunérées. Certaines d’entre elles ont pourtant soutenu qu’il ne pouvait l’ignorer. On peut s’étonner en effet de la naïveté d’un dirigeant de carrure internationale, habitué, plus que tout autre, aux pratiques de ce genre, si répandues dans les milieux du pouvoir et de l’entreprise… Mais n’a-t-il pas convaincu la plus grande démocratie du monde qu’une femme de ménage était tombé raide dingue de lui en 5 minutes jusqu’à lui avaler goulument sa semence .Ici de même les « copines » lui offrent la virginité de leur orifice anal sans aucune hésitation …
Femen n’a jamais été condamnée pour exhibition dans aucun pays , difficile de croire que la France est la plus patriarcale Les seins nus sont pourtant affichés avec une banalité dans tous les medias, la bouche aussi est un organe sexuel si nous allons dans ce sens

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