Accueil International Sexisme et homophobie : un club de rugby universitaire britannique suspendu

Sexisme et homophobie : un club de rugby universitaire britannique suspendu

par Arnaud Bihel

LSEAprès le scandale provoqué par une brochure, l’Union étudiante de la prestigieuse London School of Economics sanctionne son club de rugby masculin.


 

Le club de rugby masculin de la London School of Economics (LSE) est fermé pour un an après la publication d’une brochure sexiste et homophobe. Cette décision radicale a été prise mardi 7 octobre par l’Union des étudiants de la très prestigieuse université britannique, qui compte plus de 10 000 étudiants.

Quelques jours plus tôt, le club de rugby avait édité une brochure sous forme de dictionnaire humoristique, qualifiant, entre autres, les femmes de « thons » ou de « pouffiasses » (« mingers » et « slags ») ou s’en prenant à la « débauche homosexuelle ».

« Les livrets distribués par le Rugby Club sont clairement sexistes, et témoignent de la culture d’un club incapable de s’attaquer à la misogynie, au sexisme et à l’homophobie. Cette culture, et la façon dont les leaders du Club lui ont permis de s’exprimer, ont jeté le discrédit sur le Club, sur l’Union sportive et sur l’ensemble de la communauté étudiante », écrit l’Union étudiante de la LSE, qui après enquête a pris la décision de suspendre les activités du rugby masculin pour toute l’année scolaire. Personne, au sein du club, n’a assumé la rédaction du contenu, mais des sanctions individuelles seront également prises, assure l’union étudiante.

Le club féminin de rugby, de son côté, s’est dit dans un communiqué « choqué » par le contenu de la brochure publiée par son pendant masculin. Et en profite pour affirmer son existence et son identité, en soulignant que le rugby féminin « met en avant la force des femmes et renforce leur place dans un environnement de tradition masculin ».

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Haro sur la « lad culture » des campus britanniques

 

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3 commentaires

Natacha Henry 8 octobre 2014 - 13:13

ô joie, il ne leur a fallu que quelques jours pour fermer ce club de rugby. Tant mieux pour leur réactivité, j’ai eu peur que mon ancienne université n’ait mal tourné!

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Lili 8 octobre 2014 - 23:44

… j’ai un peu du mal à croire que dans une université de 10 000 étudiants, le club de rugby soit uniformément et massivement sexiste et homophobe.

Le signal est fort, positif, et il incitera les adhérents aux autres clubs (et à un futur nouveau club de rugby) à surveiller les dirigeants de ces groupes, qui sont sans doute élus à un moment donné. Dirigeants qui seront aussi incités à réfléchir à leurs comportements.

Cependant, les rugbymen et leurs fans payent collectivement pour le sexisme et la misogynie d’une minorité au pouvoir. J’espère donc que ladite minorité sera effectivement sanctionnée à titre personnel, parce que se défausser sur un collectif de responsabilité personnelle, c’est inadmissible.

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Tuxedo 10 octobre 2014 - 08:35

« Lili »
Cependant, les rugbymen et leurs fans payent collectivement pour le sexisme et la misogynie d’une minorité au pouvoir. J’espère donc que ladite minorité sera effectivement sanctionnée à titre personnel, parce que se défausser sur un collectif de responsabilité personnelle, c’est inadmissible.

La pression sociale, il n’y a que ça de vrai.

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