Accueil Politique L’Union européenne osera-t-elle une femme à sa tête ?

L’Union européenne osera-t-elle une femme à sa tête ?

par Arnaud Bihel

un fauteuil pour 4Ce devait être la cerise sur le gâteau du traité de Lisbonne. La nomination d’un président du Conseil européen, pour deux ans et demi, flanqué d’un « ministre des affaires étrangères » de l’Union. Deux postes censés donner plus de visibilité et de crédit international aux institutions européennes.

Mais, alors que le traité de Lisbonne entrera en vigueur le 1er décembre, les tractations pour ces deux postes font apparaître beaucoup plus de confusion que de clarté. Tandis que les femmes passent à l’offensive pour se faire une place dans ce cénacle très masculin.

Plus que deux jours de tractations. Les titulaires des deux postes doivent être nommés ce jeudi 19 novembre. Et depuis des jours, des semaines même, les négociations vont bon train dans les coulisses de Bruxelles. Négociations et flingages en tous genres. On assiste en particulier à une bagarre belgo-britannique. Parmi les favoris pour le poste de président du Conseil (qui regroupe les chefs d’Etats et de gouvernements) figure en bonne place le Premier ministre belge Herman Van Rompuy. Il paraissait bien parti pour un ticket avec David Milliband en chef de la diplomatie européenne, mais celui-ci s’est désisté. Du coup, la Grande-Bretagne soutient coûte que coûte la candidature de Tony Blair pour la présidence de l’Union. Le Premier ministre néerlandais Jan-Peter Balkenende et son homologue luxembourgeois Jean-Claude Juncker sont également candidats à la fonction. Ainsi que l’ex-présidente lettone Vaira Vike-Freiberga.

Procédures opaques

Sur son blog, le correspondant de Libération à Bruxelles, Jean Quatremer, donne la parole à cette dernière. Vaira Vike-Freiberga se dit « scandalisée par l’opacité de la procédure de désignation et les négociations de couloirs ».

Autre objet de scandale, le peu de place accordé aux femmes dans les hautes instances de l’Europe. « Le visage de l’Union qui se dessine est celui d’un homme blanc chrétien de plus de cinquante ans prêchant l’égalité des genres » déplore Jean Quatremer.

Mais les femmes partent à l’offensive. La semaine dernière, Simone Veil apportait dans Le Figaro un soutien appuyé à Vaira Vike-Freiberga. Un site internet est tout entier dédié à la candidate lettone.

Ce lundi, dans une tribune publiée dans le Financial Times, trois femmes – Margot Wallström (vice-présidente de la Commission européenne), Neelie Kroes, (commissaire chargée de la concurrence) et Diana Wallis (vice-présidente du Parlement européen) – s’indignent de la domination masculine au sommet de l’Union. « Pour l’égalité des sexes, il est temps de passer de la parole aux actes en nommant des femmes à des fonctions dirigeantes de l’UE », clament-elles.

Car si les hommes semblent en position de force pour occuper les deux fonctions de prestige de l’Europe, c’est aussi le cas pour les candidatures aux postes de Commissaires européens, qui seront renouvelés dans les prochaines semaines. Fin octobre, le président de la Commission, José Manuel Barroso, s’est indigné auprès des dirigeants de l’Union : la liste des candidats qui lui a été soumise par les Etats ne contient quasiment aucune femme. Un coup de colère sans résultat apparent pour le moment. La Commission compte aujourd’hui 8 femmes sur 27 commissaires. La prochaine risque d’en comporter encore moins. Il est vrai que les gouvernements européens sont loin eux aussi de respecter l’équilibre hommes/femmes. Seule Angela Merkel est chef de gouvernement. Et trois femmes sont présidentes, en Irlande, en Finlande et en Lituanie.

 

 

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