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Un manuel de soumission pour les femmes choque l’Espagne

par Arnaud Bihel

casateysesumisa« Marie-toi et sois soumise ». La publication de ce livre d’une journaliste italienne a fait réagir jusqu’au Parlement espagnol.


 

Pire que le « Dico des filles », tout récemment épinglé en France ; un livre crée la controverse en Espagne, témoigne Global Voices. « Marie-toi et sois soumise », c’est le titre et le message de cette oeuvre d’une journaliste Italienne, Constanza Miriano, qui a été publiée en Espagne par une maison d’édition appartenant à l’archevêché de Grenade.

« Le temps est venu d’apprendre l’obéissance loyale et généreuse, la soumission », assène la présentation du livre sur le site de l’éditeur. Un manuel de soumission volontaire pour les femmes qui a déclenché la colère sur les réseaux sociaux dans le pays, et la réaction de politiques. Au Parlement, l’opposition socialiste a demandé au gouvernement des mesures contre une publication qui fait « l’apologie du machisme », soulignait Publico la semaine dernière. Pour l’eurodéputée socialiste Carmen Stack, le livre « ajoute de l’huile sur le feu de la violence masculine ».

L’archevêque de Grenade, Mgr Francisco Javier Martínez, qui dirige aussi la maison d’édition, est lui-même « une figure controversée », relève Global Voices. « Non content d’être le premier évêque reconnu coupable d’injures et harcèlement, il est célèbre pour ses formules lapidaires contre l’avortement, les homosexuels et même la contraception. »

Pour sa part, Constanza Miriano assume,  récusant toute incitation à la violence et en appellant à Saint Paul. « Si ce qui dérange est le mot ‘soumission’, alors il faut brûler toutes les copies de la Bible », réagit-elle dans le Huffington Post espagnol.

 

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18 commentaires

ajuga 18 novembre 2013 - 14:36

Ah ben alors si Constanza Miriano nous dit (entre les lignes de son dernier commentaire dans l’article) que telle est la volonté de dieu, qui aurait l’audace de discuter, hein ?

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jimbo 18 novembre 2013 - 15:33

« il faut brûler toutes les copies de la Bible » Chiche !

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nelly33 18 novembre 2013 - 15:45

l’auteur de ce livre est aussi une adepte de la « manif pour tous » italienne http://www.youtube.com/watch?v=8Q96Ss_W48Q et sur sa page twitter les mêmes slogans « Mamma e papà che bello! « 

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cdra 18 novembre 2013 - 18:17

ou comment faire l’amalgame chrétien-homophobe-machiste en trois commentaires…

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nelly33 18 novembre 2013 - 18:25

Non, je ne fais pas l’amalgame entre chrétien et homophobie, mais avec « la manif pour tous », oui ! quand au machisme … les propos de cette dame parlent d’eux même ! ELLE CUMULE !!!

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Sr Michèle Jeunet 18 novembre 2013 - 18:56

On peut vraiment se demander comment une femme peut écrire de telles conneries! Des propos en plus d’être cons sont dangereux. Cela justifie toutes les violences dont sont victimes les femmes.
En tant que femme catholique ( « bonne soeur » de surcroit!)je m’élève vigoureusement contre de telles inepties.
Merci à chacun-e de considérer que tous les cathos ne sont pas de ce bord là. Personnellement, j’ai soutenu le mariage pour tous, je suis féministe, de gauche et appartient à des associations cathos qui militent pour un Évangile de liberté et de libération!

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Sr Michèle Jeunet 18 novembre 2013 - 19:04

je me demande comment une femme peut-elle écrire de pareilles conneries
En plus d’être cons, ces propos sont dangereux car ils légitiment toutes les violences dont sont victimes les femmes.
Merci à chacun-e de considérer que tous les cathos ne sont pas de ce bord là. Je suis catholique ( de surcroit « bonne soeur » comme on dit!)
j’ai soutenu le mariage pour tous, je suis féministe, de gauche, et fait partie en France de plusieurs associations qui militent pour un Évangile de liberté et de libération qui sont aux antipodes de ces inepties.

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Aziza 19 novembre 2013 - 08:30

Il est en effet terrifiant de voir avec quelle célérité beaucoup « mettent dans le m^me panier » toutes les personnes d’une religion, en général sans y connaitre grand ‘chose que es clichés médiatiques.
IL arrive aux catholiques la même chose qu’aux musulmans: une frange fondamentaliste est censée représenter tous les croyants….c’est ainsi que certains ici seraient contents de voir brûler les Bibles ?
Cette auteure est fondamentaliste, car elle se réclame de St Paul en prenant ses écrits au pied de la lettre , et au sens littéral, ne le considérant pas comme un homme de son époque, avec les connaissances limitées dans certains domaines qui existaient à ce moment de l’évolution humaine. Si elle va plus loin dans son application intégriste, les femmes ne pourraient être institutrices ou professeurs(enseigner en public) ni accéder à aucune fonction politique (se taire dans les assemblées)
Néanmoins je note que St Paul ne dit pas « Dieu veut » mais « je ne permets pas », c’est à dire que cela n’engage que lui, homme oriental n’ayant pas connu le Christ de son vivant.
Ceci dit, Constanza Miriano ignore visiblement TOUT des mécanismes de violence intra familiale.
Elle s ‘imagine qu’en montrant à un homme un exemple de véritable sainte, cela empêchera la violence! Eh bien, c’est le contraire! beaucoup d’hommes violents ont des épouses qui sont de véritables perles, femmes formidables, généreuses, actives, altruistes…ils ne les apprécient pas, et en sont juste jaloux; ils les frappent justement pour être à l’opposé d’eux mêmes. Mme Miriano n’a pas compris que le mécanisme de la violence est à l’intérieur de certains hommes, et n’a rien à voir avec la relation de couple, ou l’attitude de la femme. Elle n’est pas concernée, elle n’y est pour rien.
Que cette dame s’instruise donc(elle prétend que les femmes « normales » ne sont pas concernées par la violence conjugale!!!) avant de publier des sornettes nocives….

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flo 19 novembre 2013 - 12:17

« Sr Michèle Jeunet »
je me demande comment une femme peut-elle écrire de pareilles conneries
En plus d’être cons, ces propos sont dangereux car ils légitiment toutes les violences dont sont victimes les femmes.
Merci à chacun-e de considérer que tous les cathos ne sont pas de ce bord là. Je suis catholique ( de surcroit « bonne soeur » comme on dit!)
j’ai soutenu le mariage pour tous, je suis féministe, de gauche, et fait partie en France de plusieurs associations qui militent pour un Évangile de liberté et de libération qui sont aux antipodes de ces inepties.

Comment peut-on se revendiquer à la fois féministe et catholique ? sincèrement, je ne comprends pas… Le féminisme n’est-il pas la doctrine prônant l’égalité entre les hommes et les femmes, alors que le catholicisme (comme toute religion d’ailleurs) nie cette égalité ?

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taranis 19 novembre 2013 - 12:49

Rappelons que l’État de droit, qui permet l’exercice de toutes les libertés publiques dont nous jouissions au quotidien, a aussi « l’inconvénient » de protéger ceux qui remettent en cause des valeurs communes et des droits collectifs, par exemple l’égalité des sexes ou, encore, la séparation du religieux et du politique. Que répondre à une personne de confession catholique qui partage les convictions homophobes de l’Église et qui demande l’expulsion d’un enseignant homosexuel ? Les dérogations aux règles communes ne font que renforcer le communautarisme et s’opposent bien souvent aux principes du vivre-ensemble. La liberté de religion ne devrait pas prévaloir sur les droits, comme cela tend à se produire depuis quelques années . Nous savons combien la valeur d’égalité entre les femmes et les hommes est devenue valeur collective depuis une trentaine d’années Le droit à l’égalité entre les femmes et les hommes devrait être respecté et l’on ne devait pas y porter atteinte au nom de la liberté de religion. Un accommodement qui porte atteinte à l’égalité entre les femmes et les hommes est un accommodement déraisonnable. On entend souvent dire que la laïcité est antireligieuse, que c’est de l’athéisme et qu’un État laïque veut supprimer les religions. Rien n’est plus faux. Séparer n’est pas supprimer. Loin de les supprimer, l’État laïque inclut toutes les religions et même leur contraire. Il les inclut toutes parce qu’il n’en impose aucune. En ce sens, il permet le maximum d’ouverture.

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taranis 19 novembre 2013 - 12:51

Je crois que toutes ces petites pierres que les femmes posent jour après jour, année après année, siècle après siècle, nous ont amenées quand même pas mal loin. La laïcité est un outil essentiel pour permettre aux femmes de continuer d’avancer ici, mais également partout dans le monde. C’est aussi à toutes ces femmes qui luttent ailleurs contre les discriminations, parfois au péril de leur vie qu’il faut penser a chaque ressac car nous sommes les pionnières. La révolution dans laquelle les femmes devraient engager leurs forces n’est pas celle prônée par quelques théologiennes qui recherchent une interprétation plus égalitariste des religions patriarcales. Le véritable combat à mener est celui contre tous les cultes du dieu mâle créé à l’image des hommes qui l’ont inventé !C’est aux personnes qui luttent pour une société libérée de ces archaïsmes – source de guerre des sexes, de conflits entre États et totalement obsolètes à l’époque où les scientifiques décryptent le Bing Bang -, c’est à elles de produire et de diffuser des articles, d’écrire des livres de vulgarisation, d’organiser débats et colloques analysant la misogynie et le danger de ces obscurantismes.

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Lili 19 novembre 2013 - 13:26

« flo »

Comment peut-on se revendiquer à la fois féministe et catholique ? sincèrement, je ne comprends pas… Le féminisme n’est-il pas la doctrine prônant l’égalité entre les hommes et les femmes, alors que le catholicisme (comme toute religion d’ailleurs) nie cette égalité ?

Et bien le baptême catholique est le même pour les hommes et les femmes (égalité), et Jésus s’est opposé sans exception à la domination masculine. Ensuite, les textes religieux ont été écrits dans un contexte de société patriarcale, et savoir cela permet aussi de prendre du recul sur certaines choses. Donc on peut être féministe et croyante.
L’Eglise catholique est une institution machiste qui s’assume comme telle (à l’exception notable de la valorisation de la paternité impliquée comme élément de virilité). Ce qui est une bonne raison de devenir catholique et féministe, je vous assure….

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taranis 19 novembre 2013 - 15:07

Il faudrait pour vous suivre dans votre quête de spiritualité gnostique , que les chefs de toutes les religions aient le courage de reconnaître et de souligner les messages positifs de la dignité et de l’égalité que toutes les grandes religions du monde partagent. Les versets des Saintes Écritures soigneusement choisis pour justifier la supériorité des hommes sont davantage tributaires de leur époque et de leur lieu d’origine que de vérités intemporelles. On pourrait tout aussi bien trouver dans la Bible des passages pour justifier l’esclavage et la soumission face aux tyrans. Je connais aussi, dans ces mêmes Écritures, des passages qui décrivent avec vénération des femmes dotées de qualités de chef exceptionnelles. Au début de l’ère chrétienne, les femmes étaient diacres, prêtresses, évêques, apôtres, professeures et prophètes. Ce n’est qu’au IVe siècle que les chefs chrétiens dominants, tous des hommes, ont déformé et faussé le sens des Saintes Écritures afin de perpétuer leurs positions privilégiées dans la hiérarchie religieuses.

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taranis 19 novembre 2013 - 15:09

Le fait est que les chefs religieux masculins avaient – et ont encore – le choix d’interpréter les enseignements divins de manière soit à exalter les femmes, soit à les asservir. Or, pour des fins purement égoïstes, l’immense majorité d’entre eux ont choisi la deuxième option. C’est dans la persistance de ce choix que réside le fondement ou la justification d’une bonne part des persécutions et des mauvais traitements infligés aux femmes partout dans le monde. Cela va manifestement à l’encontre non seulement de la Déclaration universelle des droits de l’homme mais aussi des enseignements de Jésus-Christ, de Moïse et des prophètes, de Mahomet et des fondateurs d’autres grandes religions, lesquelles prescrivent toutes le traitement convenable et équitable de tous les enfants de Dieu. Il est grand temps que nous ayons le courage de remettre ces idées en question…..

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Seb. 19 novembre 2013 - 15:47

Je ne suis pas croyant mais effectivement, c’est la chrétienté qui paradoxalement introduit le concept de séparation entre pouvoir religieux et séculaire. Jésus dit « mon royaume n’est pas sur terre » « rendez à César ce qui appartient à César ». La Chrétienté introduit le concept de salut personnel. Auparavant, avec les religions polythéistes, la religion n’est pas une affaire personnelle mais une question collective, car le salut de la cité dépend du respect par chacun de la religion commune et le pouvoir séculaire y veille.

Autre paradoxe, en 300 et quelques le christianisme devient religion officielle, car l’empereur y voit un moyen d’assoir son pouvoir. Auparavant, plusieurs dieux étaient en concurrence. Dès lors qu’on considère qu’il n’y a plus qu’un dieux, que l’empereur est son représentant sur terre, le pouvoir est plus facile à exercer pour celui qui le détient. Dès lors, le christianisme bénéficie de l’administration romaine et se propage à travers elle. Il suivit à effondrement de l’empire romain en 476, et permet d’assurer une transition entre l’ancien et le nouveau monde.

Dès lors qu’il y a un intérêt entre pouvoir et religion, le pouvoir séculaire tolère mal les religions concurrentes à celle qui lui permet d’exercer son pouvoir. Reste que l’idée de séparation entre le séculaire et le religieux a été introduite dans notre civilisation par le christianisme. Les choses sont rarement toutes blanches ou toutes noires.

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Aziza 19 novembre 2013 - 17:07

Oui, on peut se revendiquer féministe et croyante, parce que les femmes sont maintenant instruites, elles ne sont plus des moutons, et elles se rendent compte que les messages du Christ et du Prophète, par exemple, ont été récupérés et détournés par la partie mâle de la population, afin de mieux asseoir son pouvoir. Les hommes privent les femmes de tout, ils ne vont pas en plus leur confisquer Dieu et la spiritualité! Les femmes revendiquent de ne plus avoir à passer par des hommes pour avoir accès au spirituel.
Il existe une théologie féministe en Amérique latine; des religieuses féministes en Amérique du Nord et du Sud, qui refusent de se soumettre à la domination masculine.

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imeon 19 novembre 2013 - 23:25

Cet horreur à au moins le mérite d’être claire.

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equinum 19 décembre 2013 - 08:21

A travers vos différents textes, forts intéressants, de personnes cultivées, les unes ayant lu les textes fondamentaux des religions, les autres ayant fait l’analyse du poids du machisme et de la domination masculine selon toutes ses formes, et d’autres ayant évoqué l’intérêt de s’appuyer sur un pilier laïque, invention citoyenne pour vivre ensemble et respecter les convictions de chacunE dans une socioculture en évolution constante y compris ses régressions- cf: des réactions rétrogrades contre l’avancée de la situation des femmes.

A la lumière d’un corpus de recherches et de connaissances féministes aujourd’hui mature qui, depuis plus de 40ans, traverse toute la planète maintenant, il se dégage une nouvelle intelligence collective dont nous sommes les porteuses et qui, je l’espère, va transformer radicalement les fondements faussés de nos sociétés. Quel espoir et quel grand chantier à l’aube du 21ème siècle.

Malgré les difficultés, je suis optimiste et vous ?

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