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Marlène Schiappa détaille sa feuille de route

par Arnaud Bihel

Marlène Schiappa le 25 septembre 2017

Lutte contre les violences, budget sensible au genre, consultations : la secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes a fait le point sur ses prochaines priorités.

 

Lors d’une conférence de presse de rentrée, lundi 25 septembre, Marlène Schiappa a présenté sa feuille de route pour les mois à venir, tout en balayant les critiques déjà essuyées au cours du dernier trimestre. « Depuis mon entrée en fonction, j’ai souvent entendu que ce que je disais faisait polémique. Mais oui, par nature l’égalité entre les femmes et les hommes est un combat qui fait polémique. Il n’y a pas de consensus », a justifié d’entrée la secrétaire d’État.

Évoquant le dernier rapport du Forum Économique Mondial, qui estime qu’à ce rythme l’égalité professionnelle ne sera une réalité dans le monde qu’en 2186, Marlène Schiappa fixe son cap : « Nous sommes là pour perturber ce calcul ». Et estime que « dans les cinq ans qui viennent, la France peut devenir un leader de l’égalité entre les femmes et les hommes ».

« Il faut écouter les femmes »

La secrétaire d’État a insisté sur les deux grands axes de sa politique : l’égalité professionnelle (qu’elle détaillait ici pour Les Nouvelles NEWS) et la volonté « d’éradiquer les violences sexuelles et sexistes ».

Maniant avec une pointe d’ironie le langage « start-up nation » de la Macronie, la secrétaire d’État entend privilégier le « bottom-up », la remontée des informations du terrain. Une consultation, à la fois sous forme d’un « tour de France de l’égalité » et menée en ligne, sera organisée à partir d’octobre jusqu’au printemps prochain. Une façon pour Marlène Schiappa de reprendre à son compte l’adage de Simone Veil : « Il faut écouter les femmes ».

Faire entrer la notion de féminicide dans le code pénal ? Ce n’est pas au programme du gouvernement, a affirmé Marlène Schiappa, même si elle-même utilise ce terme. Toutefois, c’est une question qui pourra être inscrite à l’ordre du jour si le « tour de France de l’égalité » montre que la demande est forte, assure la secrétaire d’Etat.
Même chose par exemple pour l’allongement du congé paternité.

Une campagne en direction des auteurs de violences et des témoins

Au sujet de la lutte contre les violences, l’enjeu est de marteler que « le corps des femmes n’est pas un bien public », insiste Marlène Schiappa. Parallèlement à la réflexion lancée sur la verbalisation du harcèlement de rue, la secrétaire d’État a annoncé ce lundi le lancement, autour du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, d’une grande campagne de communication qui s’adressera aux auteurs de violences sexuelles et sexistes, ainsi qu’aux témoins. « On cassera tous les codes de la communication institutionnelle », promet-elle.

Sur le long terme, autre nouveauté évoquée par la secrétaire d’État : au cours du mois de service civil et national, qu’Emmanuel Macron entend instaurer pour tous et toutes les jeunes de 18 ans, une journée sera consacrée à l’égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre le viol.

Budget sensible au genre : le ministère l’Agriculture en pionnier

Autre annonce nouvelle : le gender budgeting, ou « budgétisation sensible au genre », que la secrétaire d’État souhaite intégrer à l’ensemble des politiques publiques, sera d’abord expérimentée par le ministère de l’Agriculture, avant une généralisation à l’ensemble du gouvernement. Il s’agit de s’assurer que l’utilisation de l’argent public ne creuse pas les inégalités sexuées.

L’expérience est déjà tentée en Belgique ou au Canada. L’État promet aussi un accompagnement technique des collectivités locales qui, elles, sont légalement tenues, depuis la loi de 2014, d’intégrer la prise en compte du genre dans leurs budgets (Voir : Les collectivités au rapport sur l’égalité femmes/hommes).

Budget droits des femmes et « imposture »

La secrétaire d’État a confirmé ce qu’elle avait déjà annoncé dans les médias ces derniers jours : son budget pour 2018 – celui du « programme 137 » consacré à l’égalité entre les femmes et les hommes – atteindra 30 millions d’euros en 2018, et sera sanctuarisé durant tout le quinquennat.

L’occasion pour Marlène Schiappa de revenir sur la polémique de l’été au sujet de la baisse d’un quart de son budget en 2017. Les associations n’en ont absolument pas pâti, assure-t-elle, dénonçant par ailleurs une « imposture » : certes, son budget prévisionnel a bien, au final, été amputé de 25%. Mais durant le précédent quinquennat aussi, les sommes finalement versées ont été inférieures au budget annuel prévu, assure Marlène Schiappa, promettant que pour sa part elle « dépensera jusqu’au dernier euro » les sommes allouées.

Lire aussi : Les droits des femmes en lumière grâce aux controverses

 

 

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