Masculin/Féminin : quels visages pour l’Europe ?

par Arnaud Bihel

Des hommes pour incarner la Commission européenne, un tiers de femmes au Parlement européen. Ces élections changeront-elles la donne ? Pas évident. Même si, en France, deux mouvements se distinguent en présentant uniquement des femmes têtes de listes.


Envie de débat, à moins d’un mois des élections européennes ? Pour la première fois, les candidats à la présidence de la Commission européenne se retrouvent ce lundi 28 avril, à 19h, en direct sur Euronews. Un débat organisé avec l’Université de Maastricht et l’association European Youth Forum.

Autre première démocratique : ces candidats ont été proposés par les partis politiques du Parlement européen. C’est la majorité de la future assemblée qui adoubera le Président. Avec une certitude : il s’agira d’un homme. Car les deux grands groupes sont ceux de la gauche social-démocrate, dont le candidat est l’allemand Martin Schultz, et du Parti populaire européen (droite) qui soutient le candidat luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Seul le groupe des Verts européens se distingue en présentant un binôme, le français José Bové et l’allemande Franziska Keller.

L’Europe n’aura toujours pas de présidente, mais la future commission respectera-t-elle au moins la parité ? C’est une des demandes de la « plateforme pour une Europe des Droits des femmes » lancée la semaine dernière (Voir : L’appel pour une Europe « fer de lance » de l’égalité). Pour l’heure, seules un tiers des commissaires européens sont des femmes.

Surtout des hommes pour mener les grandes listes

A quatre semaines du scrutin, la couleur politique du futur parlement européen reste incertaine. Mais on connaît déjà son sexe : il sera, encore, majoritairement masculin.

Même en France, où la loi impose des listes paritaires, le choix du sexe de celui qui les conduit casse mathématiquement l’équilibre quand les élus sont en nombre impair1. Et pour ces élections européennes, force est de constater que les têtes de listes des trois principaux partis sont en majorité des hommes. Pour mener les listes « Choisir notre Europe » présentes dans les 8 grandes régions, le PS a investi 5 hommes.

Ils sont même 6 sur 8 à mener les listes « Pour la France, agir en Europe » de l’UMP. Même proportion au FN.

Le jeune parti Nouvelle Donne ne fait pas mieux. Il présente 7 listes, dont 5 sont menées par des hommes.

Pour deux mouvements, des têtes de liste uniquement féminines

C’est presque la parité chez les têtes de liste du Front de Gauche, qui seront en lice dans 7 des 8 régions : 4 hommes et 3 femmes.

Et la parité est possible. Ce sont 4 femmes et 4 hommes qui conduisent les listes de l’Alternative (UDI-Modem) – mais sous le nom au masculin, « Les Européens ».

Et les listes à tendance écologiste vont même plus loin : pour EELV, 5 femmes et 3 hommes mènent les listes « Donnons vie à l’Europe ».

Les listes « Europe citoyenne » de Corinne Lepage font, elles un choix radical : les 8 têtes de listes sont toutes des femmes. Un choix assumé car les femmes sont le « maillon faible dans nos sociétés, variables d’ajustement de la crise économique, soumises à une remise en cause périodique de leurs droits », souligne le mouvement.

Un choix également revendiqué par les listes « Féministes pour une Europe solidaire » qui se sont lancées début avril (Voir : Des listes féministes aux élections européennes). Elle seront toutes, aussi, conduites par des femmes.

 

 


 

1  A l’heure actuelle, au lieu des 50% théoriques, les femmes ne représentent que 44,4% des 72 élus français au Parlement européen en 2009. Dans son ensemble, l’assemblée est encore moins féminisée, puisque tous les pays n’imposent pas la parité. Seules 36% des eurodéputés sont des femmes.

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