Mobilisation au féminin contre le traité d’austérité

par Arnaud Bihel

manif_h150

Des femmes seront en tête du cortège qui défilera contre le Pacte budgétaire européen, dimanche à Paris. Une façon de souligner qu’elles sont les premières concernées par l’austérité.


Ce sont des femmes qui marcheront en tête de la manifestation contre le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone Euro, dimanche 30 septembre à Paris.
Le choix, fait par le collectif « Stop austérité« , de faire défiler des femmes en première ligne (1), vise ainsi à souligner qu’elles sont les premières victimes de l’austérité, mais aussi «  les premières et les plus ardentes à la combattre ».

Dès le 13 septembre, un collectif de féministes – marquées à gauche – lançait une pétition contre le TSCG, appelé aussi Pacte budgétaire. Le texte de cette pétition souligne que « même si toutes les couches populaires sont concernées, les femmes subissent plus durement les mesures d’austérité, faites de coupes dans les services publics et la protection sociale. Déjà, parce qu’elles forment la grande majorité des précaires, sont plus souvent au chômage et en sous-emploi. Ensuite, en tant que responsables principales de la famille, elles sont les premières usagères de ces services, les principales allocataires des prestations sociales et familiales (…) Les femmes sont également les premières touchées par les baisses d’effectifs et de rémunération dans le secteur public, car elles en constituent presque partout la majorité des employées. »

Lire le texte intégral de cette « pétition de féministes contre le Pacte budgétaire ».

Ce constat selon lequel la crise, et les mesure d’austérité qui en ont découlé, est préjudiciable aux femmes, a déjà été avancée à plusieurs reprises. Dès la fin de l’année 2010, la députée européenne Rovana Plumb faisait remarquer qu’« en général, les gouvernements promeuvent des mesures anti-crise ciblant en priorité des secteurs économiques occupés en majorité par des hommes (construction, automobile…) tandis que les autres secteurs de l’économie, qui emploient plus de femmes, sont « ignorés » (vente au détail, services…) ». Au début de l’année 2012, c’est l’Organisation internationale du travail (OIT) qui s’inquiétait des conséquences prévisibles des mesures d’austérité : « les réductions de postes et de salaires dans le secteur public et dans les services, où les femmes sont majoritaires, toucheront essentiellement les femmes ».

Le TSCG, qui sera soumis à ratification du Parlement au début du mois d’octobre, ne fait pas l’unanimité au sein du parti socialiste (la députée Barbara Romagnan, par exemple, se prononce contre le traité), tandis que le Conseil fédéral d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a signifié son opposition au texte. Il devrait toutefois être voté sans encombre par une majorité de parlementaires, puisque l’UMP le soutient.

 


(1) Elles défileront « en premier » mais « juste derrière le carré de tête ». Les chefs d’abord, tout de même.

 

 

Photo marcovdz : manifestation contre la réforme des retraites, Marseille, septembre 2010.


Partager cet article

1 commenter

Marie 26 septembre 2012 - 11:25

« Etant donné qu’elles [les femmes] ont partie liée avec l’Etat social et avec les positions ‘sociales’ à l’intérieur du champ bureaucratique ainsi qu’avec les secteurs des entreprises privées les plus vulnérables aux politiques de précarisation, tout permet de prévoir qu’elles seront les principales victimes de la politique néo-libérale visant à réduire la dimension sociale de l’Etat et à favoriser la ‘dérégulation’ du marché du travail ».

C’était en 1998…
« La domination masculine », P. Bourdieu.

Répondre

Laisser un commentaire